Cyrene ex machina Convertir en PDF Suggérer par mail
Texte de Annaria
Traduction de Franpova


Disclaimers: Les personnages de Xena, Gabrielle, Cyrene, Toris et Argo appartiennent à MCA/Universal and Renaissance Pictures. Je les ai utilisés pour rire et non par profit. Si l'idée de deux femmes faisant l'amour ensemble est illégal là où vous habitez, si vous êtes mineur ou si ça vous gêne, vous devriez aller voir ailleurs, et attendre d'être plus grand, et ne pas non plus rester sur ce site de fanfictions.

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 A présent que tout est dit, allons-y.


Partie 1: Les choses qu’une mère doit faire pour prendre soin de sa fille ...


Gabrielle regardait Cyrène en coin, essayant de lire en elle. Elles étaient occupées à la cuisine, Gabrielle pétrissant le pain pour le lendemain, la mère de Xena  remuant le ragoût. Ca sentait bon. La Barde appréciait d'être de nouveau à Amphipolis, et en particulier dans la taverne de Cyrène où Xena avait passé son enfance. Le moindre détail autour d'elles racontait l’histoire d’une petite fille aux cheveux bruns qui était devenue la belle Princesse Guerrière.

Gabrielle aimait écouter toutes ces histoires et Cyrène s’avérait être une source intarissable. Elle regarda à nouveau la mère de Xena et s'interrogea sur l’absence de ressemblance avec sa fille. Sauf les yeux, bien sûr, Xena devait davantage avoir pris du côté de son père. Toris, le frère aîné de Xena, qui ressemblait beaucoup à sa sœur, pouvait également lui raconter ce que Xena avait vécu quand elle était petite fille, mais il faisait attention à ne le faire que lorsque sa sœur n'était pas dans les parages.

Xena n'avait jamais été de bonne volonté pour parler d’elle et elle avait grondé son frère quand elle avait surpris Toris parler à la Barde de la "vieille sentimentale de merde". Gabrielle était presque jalouse de lui, d’avoir connu Xena toute sa vie. Elle voulait savoir tout ce qu'il y avait à savoir sur la femme dont elle était ... amoureuse. Elle soupira.

Non, elle ne pouvait plus de le nier, elle était amoureuse de la grande et sombre Princesse Guerrière. Elle avait fini par comprendre alors qu’elle racontait une histoire à l'auberge la nuit dernière. Le public était suspendu à chacun de ses mots alors qu'elle narrait une histoire d'amour. Toutes les histoires sur les aventures héroïques de la Princesse Guerrière étaient totalement proscrites au sein d'Amphipolis bien sûr, Xena ne voulant rien de la sorte dans sa ville natale ; Gabrielle devait se limiter aux légendes sur l’Olympe ou tout simplement aux histoires d'amour. Au moins quand la guerrière était dans les environs -et elle l’était la plupart du temps- quand Gabrielle divertissait les clients de la taverne de Cyrène. Xena leur servait leur bière et leur porto, en faisant semblant de ne pas écouter ce que disait la barde à son public haletant. Au cours de l'une de ces histoires romantiques, cela frappa soudain Gabrielle. Les émotions qu’elle décrivait en de grands détails passionnés étaient exactement les sentiments qu’elle ressentait .... pour Xena!

Ce fut seulement au prix de grands efforts qu'elle avait réussi à terminer de raconter cette romance et qu’elle s’était retirée avec une piètre excuse peu après, dans l’ancienne chambre à coucher de Xena, qu’elles partageaient.

Elle était largement éveillée quand Xena la rejoignit en silence quelque temps plus tard, mais elle fit semblant de dormir quand Xena murmura son nom. Elle n'avait pas beaucoup dormi cette nuit-là, essayant de faire face à l'énormité de ce qu'elle avait découvert sur elle-même ... et en partageant le lit avec l'objet de sa passion, rien de moins! Bien sûr, elles avaient partagé leur lit avant : elles avaient toujours partagé leur lit, leur bain et leurs feux de camp, mais maintenant, chaque frôlement, chaque contact involontaire semblait presque la brûler! Au cours de la nuit, cette brûlure s’était accumulée dans son corps et concentrée en une boule chaude de désir située quelque part dans son ventre.

Elle adora et admira Xena dès lors qu'elles se rencontrèrent, bien sûr, mais sans s’en rendre compte, ce sentiment avait grandi, mûri. C’était un peu comme une maladie lente et tenace, dont on ignore les symptômes, jusqu'à ce que soudainement on les diagnostique. Non, attendez, elle n'aimerait pas beaucoup cette métaphore ... de plus, elle en était à peu près sûr, il n’y avait aucun remède à cette maladie. C’était plutôt comme si les fleurs et les arbres avaient furtivement commencé à fleurir un par un, et tout d'un coup vous remarquez que le  printemps est arrivé, et qu’il est là depuis longtemps déjà. Cela symbolisait l'irréversibilité et l'émerveillement, bien que le printemps, bien sûr, soit attendu chaque année ... Gabrielle, elle, n'avait rien vu venir.

Elle se demanda si quelqu'un d'autre l'avait remarqué. Elle regarda à nouveau la mère de Xena, alors qu'elle pétrissait la pâte légèrement tiède, souple et la caressait étourdiment. Elle se serait bien confiée à Cyrène, mais la réalité était encore trop fraîche dans son propre esprit. Cyrène approuverait-elle? Le dirait-elle à Xena?

Soudain, Cyrène regarda Gabrielle droit dans les yeux.

"Les réponses sont oui, oui, non et oui." Dit-elle avec un sourire, essuyant ses mains sur son tablier.

Gabrielle fut prise au dépourvu et resta sans voix. "Je ..." balbutia-t-elle.

"Oui, j'ai remarqué que tu aimais ma fille, et oui, je suis sûre qu'elle t’aime tout autant, non, elle ne pourra jamais te le dire de sa propre initiative et, oui, je l'approuve." Expliqua Cyrène avec un grand sourire. "Toi, mon enfant, je peux lire en toi comme dans un livre, c’est si évident."

Gabrielle ne savait toujours pas quoi dire. Ses sentiments étaient visibles sur son visage à ce point?

"Pensez-vous que Xena le sait aussi ?" bredouilla-t-elle, un pourpre profond s'étendant à tout son visage.

"Non, ma chérie, non. Ma grande guerrière de fille muette ne voit que ce qui la menace. Ou ceux qu’elle aime", ajouta-t-elle avec un clin d'œil. Elle prit une cuillère propre et goûta le ragoût, avant de prendre des épices et de les mélanger à la masse bouillante.

"Oh, Cyrène, que dois-je faire?" demanda Gabrielle.

A ce moment là quelqu’un entra dans la cuisine. Dos à la porte, Gabrielle sut instantanément de qui il s’agissait, son cœur bondit dans sa poitrine et elle rougit de plus belle. Xena prit les deux femmes par les épaules. "Comment vont mes deux femmes préférées dans le monde connu?" Et elle ajouta, sans attendre de réponse "ça sent bon ici!" Elle déposa un petit baiser sur le sommet de chaque tête et aperçut alors un tas de biscuits fraîchement cuits au four, en attrapa quelques-uns et marmonna: "Mm…vais…mm..voir..mm Argo," la bouche pleine, avant de sortit.

"Respire, Gabrielle !!" conseilla Cyrène sèchement, un sourcil levé tout comme sa fille le faisait souvent, un sourire taquin sur les lèvres, sans avoir même regarder la jeune fille. "Ma foi, elle est de bonne humeur aujourd'hui!"

"Dieux, elle est belle!" expira Gabrielle en suivant les conseils de la mère de Xena.

Cyrène secoua la tête avec un sourire. "C'est tout à fait nouveau pour toi, n'est-ce pas?"

"Uhm ... oui ..." Gabrielle soupira de nouveau.

"As-tu déjà été amoureuse avant?" demanda Cyrène.

"Non. Pas comme ça."

Cyrène sourit: "Dis-le moi si tu as besoin d'aide."

 "Besoin d'aide?" Gabrielle était perplexe.

"De l’aide pour le dire à ma fille." dit patiemment Cyrène. "Elle peut être un peu têtue de temps en temps." Ce qui, chacune des deux le savaient, était un doux euphémisme. Gabrielle sourit ironiquement.

"Je ne suis pas sûre de vouloir qu'elle le sache…encore. J'ai besoin de m’habituer à l'idée d’abord", dit la jeune fille. "Aimeriez-vous ... que je le fasse?"

"Oui, beaucoup, chérie." dit la mère de Xena. "tu complètes ma fille. Je ne pouvais pas souhaiter meilleur amour pour elle."

La rougeur de Gabrielle, qui avait quelque peu diminuée, s'intensifia de nouveau.

"Xena a tant appris depuis qu’elle t’a rencontrée" poursuivit Cyrène. "Elle semble si … équilibrée et elle a beaucoup mûri."

"Et moi aussi." admit doucement Gabrielle.

"Tu vois, ma chérie!" dit Cyrène en étreignant la jeune fille. "Vous êtes toutes les deux en parfaite adéquation. Et suis le conseil d'une vieille femme: ne perds pas un temps précieux."

"Et si elle ne se ressent pas la même chose?"

"Crois-moi, mon enfant, elle le ressent. Une mère sait ces choses-là, tu sais!"

 
C'est avec des yeux différents que Gabrielle regarda la Princesse Guerrière cette nuit-là, comme Xena aidait sa mère à tenir la taverne. Et c’est aussi avec un cœur différent qu’elle raconta les histoires romantiques qu’elle avait interprété une centaine de fois avant. C’était comme si elle n’avait jamais prononcé ces mots auparavant; maintenant elle en ressentait tout le sens! Le public était encore plus captivé que d'habitude. Même Xena, qui avait toujours essayé d'ignorer le non-sens romantique, comme elle préférait l'appeler, remarqua la différence et jetait régulièrement des coups d’œil à la Barde. Dieux, Gabrielle semble irradier ! pensa-t-elle.

La foule fut très déçue lorsque la barde s’arrêta finalement et battit en retraite. Xena aida sa mère à nettoyer après que tout le monde eut disparu et alla rapidement à son ancienne chambre à coucher. Une bougie avait été laissé allumée.

"Est-ce que tu vas bien, Gabrielle?" murmura-t-elle à la petite silhouette gracieuse allongée sur le lit, le visage tourné vers le mur, tandis qu'elle enlevait ses vêtements.

"Oui, je vais bien, Xena, mais hum ...nous devons parler." Gabrielle ne s’était pas retournée pour la regarder.

Le cœur de Xena martelait comme elle se lovait derrière son amie. "Dis-moi" répondit-elle, avec ce qu'elle espérait être un ton rassurant.

J'ai ... Je crois…Je veux dire .... Oh dieux!" jura Gabrielle dans un souffle. "Xena, je suis si amoureuse de toi!" dit-elle à brûle-pourpoint.
Le vieux cœur de la guerrière sauta. Oh, mais cela ne pouvait pas être vrai. Gabrielle était certainement sous l’emprise d’une espèce de sort. Cupidon ou Aphrodite étaient le plus probablement encore derrière tout ça, ce qui serait le meilleur des scénarios. La panique lui serra la gorge. Un millier de choses traversa son esprit et elle ne savait pas quoi dire ou faire. Alors, elle resta immobile et tint la petite femme contre elle.

Comme Xena ne répondait pas, Gabrielle se mit à sangloter doucement. Xena caressa ses cheveux, murmurant des mots apaisants dans son oreille  "Tout va bien se passer, je te le promets, je vais faire en sorte que..." jusqu'à ce que sa propre et pire crainte ne diminue et qu’elles s’endorment toutes les deux de pur épuisement émotionnel. La bougie solitaire s’était éteinte depuis bien longtemps.

 Lorsque Gabrielle se réveilla le lendemain matin, Xena n'était pas avec elle. Elle alla à la cuisine pour trouver Cyrène. La mère de Xena  lui jeta seulement un coup d'œil et comprit aussitôt tout ce qu’elle avait besoin de savoir. Elle embrassa la jeune fille et l’attira plus près.

"Ca s’est bien passé, hein?"

"Je lui ai dit et elle n'a même pas répondu!" Gabrielle pleura. "Elle m'a seulement réconfortée!"

"Je pense qu'elle a du mal à y croire, ma chérie." Dit Cyrène  "Elle a déboulé dans ma cuisine tôt ce matin et j'ai entendu Argo galoper au loin peu de temps après. Connaissant ma fille, je suppose qu’elle met les choses au clair avec elle-même. Donne-lui quelques jours. Je veux dire, toi aussi tu as eu besoin d'un certain temps pour t'habituer à l'idée! "

C’était vrai, bien sûr. Gabrielle se calma, aidée par un copieux petit déjeuner. Au cours de la journée, elle s’était maintenue occupée avec toutes les tâches ménagères habituelles dans une auberge, mais à chaque fois qu’elle entendait le son de sabots, son coeur manquait un battement ou deux. Ce n’est que tard dans la soirée que Xena revint. Elle agit comme si rien n'était. Gabrielle la laissa se reposer, tout simplement heureuse que son amie soit là de nouveau. Elle se sentait bien rien qu’à la regarder, sa haute silhouette, son allure gracieuse. Particulièrement à la voir ici, dans le cadre où elle avait grandi. Se l’étant admis à elle-même, la sensation de chaleur dans son cœur augmenta de plus en plus.

 
"Des progrès?" demanda Cyrène à Gabrielle quelques jours plus tard. Gabrielle secoua la tête sans un mot.

"Ne pense pas comme ça," dit la mère de Xena. "Depuis qu’elle est enfant, Xena met les choses au point par elle-même. Elle n’a jamais été une grande bavarde. C'est la raison pour laquelle elle te plaît, bien sûr".

"Êtes-vous sûre qu'elle m’aime vraiment?" demanda Gabrielle.

"Bien sûr". Assura Cyrène. "Je vois l'expression de son visage quand elle te regarde. Ca ne fait aucun doute dans mon esprit, chérie ! Elle ne le réalise peut-être pas encore elle-même, mais ça viendra. Et elle finira par te le faire savoir à toi aussi."

"J'espère que vous avez raison."

"Peut-être qu'on pourrait accélérer un peu les choses... Laisse moi m’en occuper." Dit Cyrène. Elle marcha jusqu'à la porte. "Toris, pourrais-tu venir un instant, mon fils?" appela-t-elle.

Le grand frère de Xena traversa la cuisine, se lava les mains et se dirigea vers le four.

"Que puis-je faire pour toi, Mère?" demanda-t-il.

"Nous avons besoin de ton aide" dit Cyrène en montrant Gabrielle.

"Dis-moi."

"Eh bien, c'est une question délicate. Il semble que nous ayons du mal à convaincre Xena que Gabrielle l’aime." Dit Sa mère.

Toris était sidéré. "Tu veux dire qu'elles ne sont pas en couple?" demanda-t-il incrédule, regardant l'une puis l'autre.

"C’est ça" Confirma sa mère.

"D’accord", dit-il en réfléchissant. "Xena doit être raide dingue de cette fille pour être aussi prudente!" siffla-t-il entre ses dents. "Et où est-ce que j’interviens?"

"Je pense que, si tu pouvais être juste un peu ... hum … possessif envers Gabrielle, ça devrait faire réagir Xena." Dit Cyrène.

"Hum", réfléchit Toris. "Je ne veux pas d’ennuis avec la Princesse Guerrière. Mais là encore, je veux Gabrielle dans la famille, et je veux que ma sœur soit heureuse."

"Alors tu vas le faire?" demanda sa mère.

"La rendre un peu jalouse?" demanda-t-il pour s’assurer. "Comment tu le sens, petite sœur?" Demanda-t-il affectueusement à Gabrielle.

"Je hum ...je serais flattée", dit-elle avec un sourire larmoyant. "Et j'espère que cela va nous aider."

"Ne vous inquiétez pas, mes chéris, je vous ai dit que Xena n’a d’yeux que pour ce qui la menace ou pour ceux qu’elle affectionne," assura Cyrène. "Merci, mon fils!"

 
Toris prit sa mission très au sérieux. Il fit en sorte de pas mal tourner autour de Gabrielle, surtout quand Xena était là pour le voir. Parfois, il mettait son bras autour de ses épaules, mais il ne faisait jamais rien qui la mette mal à l'aise. En même temps, il partageait avec elle tout ce dont il pouvait se souvenir de leur enfance, de leur père et de Lyceus, leur frère cadet, qui avait trouvé la mort. Cela n'échappa guère à Xena. Elle était sur la défensive et en colère. Elle partait pour de longues promenades sur Argo, mais elle ne revenait jamais de meilleure humeur.

 
"Mère, je crois que je vais vous quitter demain." Xena fit irruption dans la cuisine quelques jours plus tard. "Je laisse Gabrielle ici."

"Tu lui as demandé son avis à ce sujet, chérie?" demanda Cyrène. Oups, ce plan pourrait bien échouer !
 
" Non, mais elle semble prendre du bon temps."

"Je suis sûre qu'elle préférerait venir avec toi", dit sa mère.

"Je suis sûre qu'elle préfère rester avec toi et Toris."

"Est-ce que tu es jalouse de quelque chose, ma fille?" demanda prudemment Cyrène.

"Oui. Je pense que je suis jalouse." sonna l’honnête réponse. Cyrène ne s’était donc pas trompée.

"Est-ce que tu l’aimes?" demanda sa mère.

"Plus que la vie elle-même." Soupira Xena.

"C'est ce que je pensais", dit Cyrène. "Alors parle lui."

"Mère, je veux qu'elle soit heureuse."

"Tu peux la rendre très heureuse, mon cœur."

"Je vais seulement la rendre malheureuse et la mettre en danger Mère. Elle sera beaucoup mieux avec Toris. Et je ne mérite pas d'être heureuse".

"Oh, viens ici, toi!" Cyrène tira la tête de sa fille à sa hauteur afin d’essuyer une larme silencieuse. Elle la tint serrée quelques instants et ensuite l’encouragea : "Bien sûr que si. Donne-toi une chance. Allez, parle lui! Sors de là!" Il n'y avait qu'une seule personne dans le monde connu qui pouvait dire à la Princesse Guerrière ce qu’elle devait faire.

 
Xena trouva Gabrielle et Toris à la rivière Struma. Ils regardaient l'eau. Il avait son bras autour de ses épaules, et elle la tête posée sur la sienne. Xena ressentit le tourment de la jalousie.

"C'est ma petite amie que tu tiens, mon frère!" dit-elle avec une voix froide, s'étendant de toute sa hauteur intimidante.

Toris se retourna. "Je la réconforte parce que tu ne le fais pas, ma sœur" dit-il. "Viens prendre ma place." Il se leva, aussi grand qu’elle. Xena sembla se ratatiner de quelques centimètres sous l’effet de la gentille réponse.

"Seulement si Gabrielle le veut." Ils regardèrent tous les deux la jeune femme.

"Oui, beaucoup" dit timidement la barde. "Je te remercie, Toris."

Toris sourit. "Traite la bien, ma sœur!" mit-il en garde d’un air moqueur la Guerrière en retournant à l'Auberge.

Xena s’assit sans savoir quoi dire.

"Tu as besoin de réconfort?" Demanda-t-elle enfin, difficilement, en regardant les flots.

"Eh bien, cela dépend", dit la jeune fille.

"Est-ce que tu ressens toujours la même chose pour moi?" demanda Xena. Elle risqua un regard vers Gabrielle.

"Oui", répondit simplement Gabrielle.

"Je n'ai pas osé y croire." Expliqua Xena. "J’étais convaincue qu’un dieu quelconque était en train de me jouer un tour. Je pensais surtout à Ares".

"Ils n’y sont pour rien." dit doucement Gabrielle.

"Non, je sais. J'ai cherché Aphrodite et elle a vérifié sur le mont Olympe pour moi. Ca m’a pris plusieurs jours."

"Oui j'ai remarqué", dit Gabrielle avec un léger sourire. Donc, c'est ce qu’avait fait Xena ces derniers jours!

"Cela aurait été le moyen ultime pour me faire du mal". Dit Xena.

"Pourquoi?" le cœur de Gabrielle martelait.

"Parce que c’est la seule et unique chose que je désirais et que j’étais sûre de ne jamais obtenir." Xena regardait fixement ses genoux.

"Que tu désirais?" demanda Gabrielle prudemment, sans l’audace de croire à sa chance.

"Oui, Gabrielle, quelque part au long du chemin je suis tombée amoureuse de toi aussi. Mais je savais que je ne pouvais pas espérer les mêmes sentiments de ta part.

"Pourquoi pas?" demanda la Barde, un sourire de plus en plus large sur son joli visage.

"Je ne suis pas quelqu’un de bien pour toi."

"Si tu l’es!" s’opposa Gabrielle.

"Je souhaite une meilleure compagne pour toi." Dit doucement Xena.

"Je ne veux personne d'autre que toi." Gabrielle glissa délicatement un bras autour de son amie.

Xena se pencha dans l'étreinte. "Je ne veux pas te mettre en danger."

"Tu serais là pour me sauver, n’est-ce pas?" demanda Gabrielle. "Et en plus, je peux prendre soin de moi, tu t‘es chargée de me l’apprendre!" Elle tira la tête assombrie plus près et embrassa Xena tendrement sur la joue. La Guerrière soupira.

"Je ne mérite pas cette chance."

"Bien sûr que si!" répliqua Gabrielle. "Et si tu le souhaites, tu peux avoir cette chance aussi! Elle offrit ses lèvres à la Guerrière et attendit, retenant son souffle.

Xena ne pouvait plus résister. Ses lèvres touchaient presque celles de la barde quand elle demanda, "Oh Gabrielle, es-tu sûre?"

"Oui", répondit-elle et elle attira ces lèvres séduisantes sur les siennes pour le premier de plusieurs, multiples tendres baisers.

 
Un peu à bout de souffle les deux femmes arrivèrent à l'auberge juste à temps pour le dîner. Gabrielle se glissa dans la cuisine, tandis que Xena passait derrière le bar pour prendre la relève de Toris.

Cyrène jeta un coup d'oeil à la jeune Barde et sourit avec contentement. La jeune fille était cramoisie et évita tout contact visuel. Cyrène la laissa à ses pensées, se laissant aller aux siennes.

Quand Xena traversa la cuisine afin de remplacer un baril de bière, elle vit que sa fille avait également une attitude coupable et rougissante.

"Xena, je suppose que toutes les  deux vous allez rester un peu plus longtemps que prévu alors?" demanda-t-elle avec un sourire enjoué à peine dissimulé.

"Hum .. oui, mère," Xena jeta un rapide coup d'oeil à Gabrielle. "Nous hum ... sentons que Toris et toi aurez besoin d'aide encore quelques temps."

"Bien!" dit Cyrène avec enthousiasme. Et tu sembles encore avoir besoin de l’aide d'une mère.

La soirée se déroula comme beaucoup d'autres, Gabrielle divertissant les clients et Xena pendant que son frère servaint les boissons et la nourriture. Mais chacun d'eux était marqué d’un sourire particulier. Gabrielle n'osa pas regarder Xena comme elle racontait une nouvelle histoire romantique, parce qu’elle l’avait fait une fois, et elle avait violemment rougi puis avait commencé à bégayer. Xena était très distraite par la barde et l’écoutait même plus attentivement que d'habitude, se touchant les lèvres, incrédule, au souvenir de leurs baisers. Toris les regardait l'une l'autre et Cyrène, dans la cuisine, n’aurait pu effacer le large sourire béat qui s’étirait sur son visage même si elle l’avait voulu. Elle décida de fermer boutique relativement tôt ce soir et envoya les deux jeunes filles en haut, proposant de nettoyer elle-même.

Gabrielle ne pouvait plus guère attendre d’être à nouveau seule avec elle, elle monta l’escalier deux à deux. Xena était plus contemplative. Elles se déshabillèrent et se lavèrent en silence. La blonde fut la première sur le lit et tendit ses bras en direction de la Guerrière. Gabrielle n'avait jamais vu son amie si timide et fut remplie de doutes.

"Xena, es-tu désolée?" demanda-t-elle avec attention.

"Non, Gabrielle, je suis ... hum je pense que je suis effrayée." Admit la Guerrière.

"Viens ...!" Gabrielle tapota la place à côté d'elle et enveloppa la grande femme dans ses bras. "N'ai pas peur. Je t'aime."

"Merci, Gabrielle." Murmura Xena, d’une voix à peine audible.

"Merci pour quoi?"

"De m’aimer."

"Oh, idiote!" et elle commença à embrasser le beau visage. Elle planta de doux et persistants baisers sur le front de Xena, ses beaux sourcils, embrassa tendrement chacun de ses yeux, revint lentement à ses joues puis dangereusement près de ses oreilles, embrassa son menton, progressivement son cou délicat, tout en prenant bien soin de ne pas toucher sa bouche comme si elle ne voulait pas précipiter les choses. Et donnant ainsi une chance à Xena de s'échapper. Enfin, elle ne put plus réprimer son envie et couvrit soigneusement les lèvres tentantes de Xena des siennes. Elle s'entendirent expirer. Xena répondit avec empressement.

Quelque temps plus tard, la plus grande des femmes réussti à dire, "Dieux, Je t'aime trop!"

Elle se sentait si riche, si heureuse, de tenir la belle Guerrière que le cœur de Gabrielle éclata presque de bonheur.

 
La nuit suivante, Gabrielle était impatiente de plonger dans les bras de Xena, mais elle remarqua que ce n’était, d’une façon ou d’une autre, plus assez pour elle. Elle en voulait …plus. Elle aspirait à beaucoup plus que ses baisers et être dans ses bras. Elle avait envie de toucher l'entière et belle longueur de la superbe femme ... et elle voulait que Xena la touche! Xena toutefois, ne faisait pas un seul effort dans ce sens, elle réussissait même à se lover derrière la petite femme afin que la barde ne puisse atteindre autre chose que ses bras. Elle se jeta contre la poitrine de Xena et entendit le cœur de la guerrière battre. Tambour battant, comme dans une bataille! Et se battre, elle était en train de le faire la Princesse Guerrière, contre elle-même, terrifiée à l’idée de perdre son self-control et de fondre sur cette belle jeune femme. La jeune femme en question, toutefois, aurait aimé...

Lorsque Gabrielle se retourna pour poser sa main sur le cœur de Xena et effleura à peine le mamelon érigé de son sein gauche, la guerrière saisit rapidement les deux mains de la Barde et embrassa  si tendrement ses doigts que Gabrielle fondit et se sentit comme la personne la plus chanceuse du monde connu .

 Tôt le matin suivant, Xena avait déjà quitté le lit lorsque Gabrielle se réveilla. La Barde alla à la cuisine et y trouva Cyrène portant un regard interrogateur.

"Eh bien?"

"Je ne sais pas, Cyrène".

"Je ne m'attendais pas à voir l’une ou l’autre sortir du lit si tôt, je dois dire!"

Gabrielle rougit. "Elle m’aime mais j'ai peur qu'elle ne  …. hum …veuille pas de moi...".

"Oh, si, ma douce, elle le veut! " la mère de Xena en était convaincue. "Miss la puissante  Princesse Guerrière hache du bois de chauffage depuis qu'elle est levée. Je pense en avoir assez pour qu’on tienne jusqu'au prochain Solstice d'hiver". Elle sourit. "Il est évident qu’elle travaille dans l’espoir de refouler quelque énergie."

"Que voulez-vous dire?"

 "Elle a peur. Peur de t’effrayer".

"Cyrène, que puis-je faire?" Gabrielle était désespérée.

"Tu vas devoir la séduire, jeune fille. Demain matin, si tu ne réussis pas ce soir, je l’enverrai à l’étage avec le petit-déjeuner pour toi. Tu devras la prendre par surprise. Sois prête. Sois persuasive, assure-toi qu’elle ne puisse pas résister. Convainc la que tu es prête. ... Et utilise ton imagination. " souligna-t-elle.

Gabrielle ne savait pas ce que voulait dire Cyrène, mais elle espérait que ça lui viendrait quand elle en aurait besoin. L'imagination était quelque chose dont elle ne manquait pas!

 
Après une autre longue nuit de tendres et amoureux baisers, mots doux d'amour et de sommeil dans les bras l’une et de l’autre, Gabrielle réalisa qu’elle allait devoir prendre les choses en mains. Elle avait emmené leurs baisers jusqu’au niveau suivant en ouvrant légèrement ses lèvres, laissant glisser sa langue pour caresser celle de Xena. Un fort souffle expiré lui indiqua que Xena était surprise, mais la guerrière n’avait pas reculé et elle avait provoqué et taquiné ses lèvres jusqu'à ce que la femme plus âgée la supplit presque pour en avoir plus. Pourtant, la guerrière n'avait pas encore assez confiance en elle pour toucher le corps désireux de Gabrielle.

 Dans la matinée, Xena sortit de son lit en silence, pensant que Gabrielle était encore endormie. Elle trouva sa mère dans la cuisine et l'embrassa sur les cheveux.

"Bonjour, maman!" dit-elle."Je sens le pain au noix frais!"

"Bonjour, ma fille," répondit Cyrène en cachant bien sa surprise. "Tu es de nouveau levée tôt!"

"Hum, oui, je ne pouvais pas rester au lit plus longtemps". Cyrène sourit intérieurement. Cela a dû être le Tartare pour Xena de rester allongée aux côté de Gabrielle!

"J'aurai besoin que tu fasses quelque chose pour moi, après que tu ai fait le ménage."

"E premier? J’allais faire quelques exercices."

"En premier, s'il te plaît." Répondit Cyrène sans ambiguïté.

Quand Xena fut revenue, sa mère avait préparé un plateau avec deux tasses de thé chaud, du pain aux noix, du beurre et de la confiture.

"Tu pourrais monter ça à l’étage pour Gabrielle, chérie?" demanda-t-elle.

"Maintenant? Mère, je pense que ce n'est pas le bon moment, elle est encore en train de dormir."

"Fais le quand même, mon coeur. Fais le pour moi, elle va aimer le pain aux noix chaud." La pressa Cyrène.

Toujours pas convaincue, Xena fit ce qu’on lui dit.

 
Pendant ce temps, en haut, la barde s’était mise au travail. Elle s’était levée et lavée, brossé les dents et les cheveux, avait aéré la chambre, allumé une bougie, mit un peu de parfum entre ses seins et elle se jeta sur le lit quand elle entendit les pas de Xena dans l’escalier. La Guerrière entra, portant le plateau chargé du petit déjeuner pour deux. Quand elle vit la blonde drapée dans le lit, les bras au dessus de la tête, les jambes légèrement écartées et la chemise de nuit ne dissimulant rien, elle inspira fortement.

Elle posa le plateau rapidement, de peur de le laisser tomber en s'écriant: "Oh Dieux, Gabrielle, tu es si belle!"

"Viens ..." dit Gabrielle, d'une voix rauque. "J'ai besoin de toi ..."

Xena hésita. Son désir luttant contre son self-contrôle. Le désir l’emporta. Elle s’agenouilla lentement à côté du lit et aventura une main pour toucher timidement la peau de Gabrielle. Encouragée par la réaction de la Barde, elle caressa toute la peau nue qu’elle pouvait atteindre, couvrant la chaire douce de baisers et vouant un culte au beau corps de la femme qu'elle aimait. Si pure, si fraîche.

Gabrielle était aux Champs Elysées. La sensation était si agréable, son corps était en feu, les mains de Xena, et oh, ses lèvres! allumaient un feu liquide en elle, qui courait dans ses veines pour se concentrer en haut de ses jambes. Toutes sortes de sons sortirent de sa bouche, volontaires et involontaires et ils encourageaient tous Xena à en donner plus, plus et encore plus à cette très disposée Barde.

Soudain, elle ouvrit les yeux et regarda la Guerrière. "Oh, Xena, je te veux aussi. Je veux tout de toi! ... Viens!"

Un nuage assombrit brusquement les yeux remarquablement bleus.

"Oh, Gabrielle, je ne sais pas .... Je me sens ... je me sens si sale .... Je veux dire, toutes les choses que j'ai faites .... Et toi ... regarde toi... si innocente, si pure. J'ai l'impression de ... te souiller. " Une larme coula sur sa joue. "Je souhaiterais être pure comme toi. Tu serais ma première aussi, parce que ..." Xena eut de la peine à le dire, "Tu es la première que j'aime vraiment."

Gabrielle sourit, s’assit près de Xena et la tira à côté d'elle. Elle enveloppa son bras autour de l’inquiète Guerrière la rassurant et lui caressant les cheveux.

"Nous devons nous rencontrer à mi-chemin, tu le sais: je ne veux plus être aussi innocente."

Xena sourit d’un sourire larmoyant. Gabrielle planta un baiser près de son oreille.

"J'ai entendu parler d'une tribu très loin en Afrique du Sud qui croit que l’on redevient vierge lorsque l’on fait l'amour à une vierge". Elle enfouit ses lèvres dans le cou de Xena, ce qui envoya des frissons dans le dos de la guerrière.

"Si seulement". Soupira Xena.

Gabrielle réalisa qu'elle allait devoir prendre ce problème très au sérieux. Si elle ne gérait pas cela correctement, cette nouvelle relation commencerait mal. Et il était indispensable, elle en était convaincue, qu’il fallait partir du bon pied, sinon cela n’irait jamais .... Elle était tout à fait sûre de ses propres sentiments pour la guerrière et, d'une certaine manière, tout aussi sûre des  sentiments de Xena pour elle.

Bien qu’elle fut très excitée, elle embrassa la grande guerrière avec réconfort.

"tu sais quoi?" dit-elle, comprenant tout à coup comment utiliser son imagination, "Nous allons le faire. Je vais te purifier. Et puis, chaque partie de toi que je toucherais sera à moi. Pour toujours." Ajouta-t-elle comme un avertissement, mais avec une étincelle dans les yeux. "Laisse-moi m’habiller, nous avons besoin d'un peu d'intimité".

Xena regarda la Barde s’habiller et préparer leurs sacoches.

Tout à coup, Gabrielle aperçut le plateau. "Oh, est-ce que tu aimes le thé froid et le pain aux noix?"

Elles rirent tous les deux en dévorant le petit-déjeuner.

 
Cyrène leur jeta un regard confus et incrédule quand elles entrèrent dans la cuisine. Un court instant, elle fut interloquée.

"Mère, nous allons te laisser quelque temps, en fait," dit Xena comme elle attrapait deux gourdes pour les remplir à l'extérieur. "Nous risquons d'être absentes un bon moment!"

Gabrielle prépara un petit nombre de provisions pour leur voyage et fit un clin d’oeil à Cyrène. "C'est le coup de l'imagination", murmura-t-elle à son oreille en l'embrassant sur la joue.
Xena revint.

"Ah, je vois", dit Cyrène. "Hum ... les filles prenez bien soin l’une de l’autre."

"Nous le ferons", répondirent-elles en cœur, avant de se regarder et éclater de rire.

Cyrène était au moins partiellement rassurée et rajouta dans leurs sacoches une bouteille de porto et un peu plus de pain aux noix.

 
 Partie 2: Gabrielle ex machina

 "Bon, où va-t-on?" demanda Xena comme elles montaient sur Argo.

"A la mer", dit Gabrielle, sans hésitation. "Il nous faut une plage isolée."

"Bon, je connais l’endroit idéal," dit la femme plus âgée. "C’est tellement isolé que même Argo ne peut pas y aller".

"Parfait", dit Gabrielle en serrant Xena. Elles se dirigèrent vers le sud.

Xena se sentait bizarre. Elle était là à cheval sur Argo, devant, comme toujours, mais cette fois, Gabrielle en était certainement responsable. Savoir que la belle Barde était amoureuse d’elle ajoutait à ce sentiment surréaliste. Il lui avait été extrêmement difficile de ne pas profiter de son innocence, en particulier quand elle l’avait suppliée! Mais Xena n’aurait put vivre avec ça si elle l’avait fait.

Gabrielle aussi se sentait étrange. Elle avait toujours aimé monter derrière Xena, se laissant ainsi aller à la rêverie au rythme de la cadence d’Argo. Maintenant, elle savait que quelque chose de très important était attendu d'elle: elle devait convaincre la tourmentée Princesse Guerrière qu’elle était en droit d’aimer et digne d'être aimée. Bien qu’elle fut très distraite par le contact constant de leur peau, elle mit son esprit au travail. Au moment où elles arrivèrent à la ligne de côte rocheuse, son plan était presque complètement élaboré.

 
"C'est à partir de là qu’Argo ne peut plus venir avec nous", dit Xena en mettant pied à terre. Elles dominaient la mer loin au-dessous, baignant dans le soleil de midi. Le chariot d’Apollon avait presque atteint son apogée. Elle aida Gabrielle à descendre et la tint une seconde de plus que nécessaire. Elles se regardèrent l’une et l’autre dans les yeux.

"Est-ce que tu as peur?" demanda Gabrielle à la Guerrière.

"N…non pas vraiment", répondit-elle.

"Ca va bien se passer", déclara la Barde, déposant un baiser chaste sur les lèvres de Xena. Elles cachèrent la selle et la bride dans quelque buisson et mirent Argo en liberté, sachant que le cheval serait de retour vers Xena au premier sifflet. Les deux femmes commencèrent à descendre la pente rocheuse et assez dangereuse vers une intime et isolée plage de sable. Il était évident que personne n'était jamais venu là. Elles ramassèrent du bois pour le feu, mais ne l’allumèrent pas encore, et installèrent le camp.

 "Bien", annonça enfin Gabrielle. "Allons-y."

"Oui," rétorqua Xena : "Nous allons certainement avoir besoin de temps pour ce travail!" Elles sourirent toutes les deux.

"Avant de commencer, je veux que tu fermes les yeux et que tu écoutes. Écoute les vagues. Elles vont et viennent." Dit Gabrielle. Xena ferma les yeux comme on le lui demandait. "Durant toute cette purification, les vagues te laveront. Chaque vague qui vient te lavera et tu seras plus propre avec chaque vague qui s'en ira. Écoute les vagues te nettoyer, le corps et l'âme." A chaque mot résonnait l’âme d’une reine Amazone.

Xena hocha la tête, les yeux fermés, et inspira profondément par le nez. Elle était hypnotisée. Gabrielle admirait le visage fier de sa belle amie, face à la mer, ses longs cheveux noirs légèrement en mouvement dans la légère brise marine.

"Bien, tu y es." dit Gabrielle. "Le son, l'odeur, le goût, la vue et le toucher des vagues vont te nettoyer à l'intérieur et à l'extérieur. Elles continueront à le faire, même lorsque tu n’y prêteras pas attention".

Après un certain temps, Gabrielle prit la main de Xena et dit: "maintenant déshabille-toi."

 Xena obéit. Gabrielle était le guide ici. Elle enleva son armure et ses sous-vêtements et les empila soigneusement à côté du bois pour le feu. De retour, elle inhala profondément l'air marin.

"Maintenant, couche-toi ici, visage vers le sol." Demanda Gabrielle. Elle récupéra l'huile d'olive dans une de leurs sacoches et la mélangea dans la paume de sa main avec un peu du sable fin présent tout autour d'elles. Elle en appliqua peu à peu sur les épaules de Xena, son dos, ses fesses, ses jambes, frottant doucement les 1,80m de peau foncée en silence. Elle avait du mal à ce que ses propres pensées restent aussi pures qu’elle voulait que celles de Xena le deviennent et elle était sûre que Xena ressentait la même chose. Ce devait être même pire ... Mais elle demanda à Xena de se retourner.

"Je me concentre très fort sur les vagues, mon amour." Dit Xena de sa voix grave, les yeux toujours fermés, un sourcil relevé et un léger sourire sur les lèvres. Le cœur de Gabrielle bondit sauvagement de bonheur. Mon amour!

Xena se laissa aller totalement à son toucher comme elle commençait à appliquer et à frotter l’huile sableuse sur le devant de Xena, ses épaules, ses bras, ses seins, son ventre et (avale !) ses jambes ... et se concentra très fort sur les vagues aussi. Finalement, elle s’assit près dela tête de la Guerrière et lava doucement le visage magnifiquement sculpté et son cou. Elle regarda les yeux fermés et savoura dans le contact cette magnifique femme qui voulait être sienne!

"Maintenant, donne-moi tes mains", dit doucement Gabrielle. La guerrière fit ce que Gabrielle lui demandait. La jeune femme les massa doucement à tour de rôle.

Quand elle gratta le sable du corps entier de Xena, doucement elle répéta: "Avec ce sable j’efface de ta peau toute la saleté qui t’a touchée."

Après que la quasi-totalité du sable fut enlevée, Gabrielle se déshabilla aussi et invita Xena dans l'eau pour laver ce qu’il restait avec tendresse. Il était bon de se rafraîchir dans les vagues, pour la Vierge aussi! Elles ne parlèrent pas beaucoup et Xena garda les yeux fermés la plupart du temps. La Guerrière le prenait évidemment très au sérieux, ce qui remplit Gabrielle d’une joie sans nom.

Elle n'était pas si sûre de faire les bonnes choses: il est vrai qu'elle avait entendu parler de la tribu loin au sud, mais elle n'avait pas entendu tous les détails. Elle devait vraiment utiliser son imagination et composer le rituel pendant toute la durée de celui-ci. Soudain, elle pensa à de l'argile qu'elle avait vu un peu plus haut.

"Xena, pour la prochaine partie je vais devoir aller chercher quelque chose. Tu peux t'allonger sur le sable et te reposer."

Gabrielle ne prit pas la peine de s'habiller, car il n'y avait personne d'autre à des kilomètres à la ronde. C’était une façon comme une autre d’ajouter au rituel de la pureté. Elle se saisit de l'argile et retourna à la plage, où Xena était étendue.

"As-tu déjà analysé ta peau de très près?" demanda-t-elle.

"Non." Xena était perplexe.

"Si tu regardes attentivement, tu peux voir que la couche supérieure se compose de pièces détachées que nous avons lavées à fond. En-dessous, il y a une couche avec peu de poils et de trous, qui sont appelés pores. Ta sueur sort des pores de ce genre. "

"Hum, je n'avais jamais regardé ça de cette façon," dit Xena, un bras en l’air pour protéger ses yeux du soleil. "Comment le sais-tu?"

"Je l'ai appris à l'Académie d'Athènes."

"Intéressant! Cela explique pourquoi on peut encore se sentir sale, même après un bain."

"Oui. Maintenant, je vais te couvrir avec de l'argile. L’argile nettoie tous les pores."

"Vas-y ! droit devant, ma Vierge." Dit Xena avec un sourire.

"Tu dois t’allonger complètement, afin de laisser cette Vierge te purifier les pores."

Xena gémit en s’exécutant, la Barde couvrit le grand corps pour la deuxième fois, l’enduisant d’argile douce et liquide partout sur elle, à commencer par son visage cette fois, mais en laissant ses yeux, le nez et les lèvres découverts. C’était un sentiment très sensuel, à la fois pour la guerrière et pour la Vierge. Le corps souple de Xena se moulait très volontiers à la main habile de Gabrielle. Toutes deux déglutirent à plusieurs reprises. Xena commença à fredonner une chanson afin de se détourner des sensations qu’elle n'était pas encore autorisée à ressentir. Le volume de son fredonnement augmenta quand Gabrielle approcha de zones plus érogènes, comme pour réduire la tension. Comme la jeune femme achevait son travail, l'argile sur le visage était déjà sèche, formant un masque rigide sous le soleil grec flamboyant de midi. Gabrielle pouvait recommencer pour ajouter une nouvelle couche. Elle l'appliqua avec soin et dit à Xena de ne pas bouger. Xena fit même bien attention à respirer avec précaution , mais la partie la plus difficile était de ne pas sourire. Maintenant qu'elle ne sentait plus le contact direct des mains délicates, elle vient de sentir frais, comme le taux d'humidité dans l'argile s'était lentement évaporé. À sa grande surprise, elle se sentit plutôt détachée, comme si l'argile faisait son effet en nettoyant les pores.

"Gawrielle" murmura Xena au bout d'un moment, en essayant de ne pas bouger ses lèvres de peur que l'argile ne se rompt.

"Oui?"

"Fais attention à ne pas prendre un woup de woleil."

"Woup de woleil? Oh! tu as raison. J'ai oublié ça. Je vais me rafraîchir et je reviens bientôt, ça va?"

Il était très désagréable pour Xena d’être couchée, immobile et de ne pas scruter les environs tout le temps. Elle décida de se laisser aller juste une fois et de s’en remettre entièrement à Gabrielle. Même si la Barde prenait son temps pour revenir! Quand elle revint enfin, elle protégea son dos et ses épaules du soleil de l'après-midi, demandant à Xena si elle allait bien.

"Ca pourrait aller avec une boisson." Dit la Guerrière. Gabrielle réprima un sourire.

"Penses-tu que nous pourrions le faire sans fissurer ton argile?"

"Essayons."

"Avec plaisir."

Le seul moyen, pensait-elle, était de prendre une goulée elle-même et de presser ses lèvres sur celles de Xena. De l'eau fut renversée, mais une grande partie atteignit sa destination. Xena avala.

"Je te remercie, Gawrielle. Elle est en train de craquer."

"Qu'est-ce que…?"

 " L'argile. Je pense que mon visage est sec". Gabrielle examina attentivement et vit que la couleur avait considérablement éclaircit sur tout le corps de Xena. Il existait encore certains endroits plus sombres et seulement quelques fissures sous ses côtes.

"Bien! J’enlèverai ton masque en premier. Ton corps est encore en train de sécher."

Elle  retira soigneusement l'argile du visage de Xena, qui se détacha presque d'une seule pièce.

"Oh, regarde, Xena, n'est-ce pas beau?" dit-t-elle excitée. Elle le maintint en l’air pour que son amie le voit et le posa ensuite avec soin, comme une coquille géante, dans le sable.

"C'est beau. Et j’aurai ma prochaine boisson servie de la même façon que la dernière fois, s'il te plaît!"

Gabrielle se pencha sur elle et lui donna un chaste baiser. "N’oublie pas ce pourquoi nous sommes là, mon amie!"

Xena se ressaisit rapidement. "Bien, désolée. Je voudrais bien boire un peu quand même."

"Bien sûr," Gabrielle la servit un peu plus tendrement. "Maintenant, écoute les vagues pendant que le reste de ton corps sèche."

"Attends, tu sais que cela pèse plus que mon armure?"

"Vraiment? Non je ne l'aurais pas deviné."

Elles s’assirent en un silence agréable jusqu'à ce que la couleur de l'argile s’éclaircisse partout.

"Peux-tu le sentir se détacher, comme sur ton visage?" demanda Gabrielle.

"Non, pas vraiment."

"Eh bien, je pense que tu es prête." Gabrielle enleva la cuirasse pectorale avec soin, mais il cassa par le milieu, entre les seins … "Avec l'argile je supprime la saleté de ta peau", dit-elle doucement, comme elle enlevait la partie du ventre. Xena soupira de soulagement et s’assit tandis que Gabrielle retirait les bras et les jambes en un peu plus de fragments. Gabrielle organisa plus ou moins toutes les pièces ensemble sur la plage et les remplit avec du sable, collant les morceaux avec quelques restes d'argile liquide. Les mains et les pieds manquaient.

Xena se tenait là, étirant ses muscles et contemplant son horizontale statue fissurée. Avec un sentiment peu habituel pour le théâtre, elle dit: "Voici la statue abîmée de Xena la Sans Scrupules. Le monument est tombé." Et elle ajouta, plus enthousiaste: "Allons-nous la détruire ensemble?"

"Oui, allons-y, mais ... attends un peu. Je veux la regarder encore. Je l'aimais bien, tu sais?" Toutes les deux sourirent.

"Oh bien, tu arriveras à garder l'original." sourit Xena. "Tu sais que je me sens beaucoup plus propre maintenant?"

"Déjà? Je n'ai même pas fini!" Gabrielle était heureuse. "D'accord, nous allons le faire."

Xena prit un grand morceau de bois qui flottait et attaqua la figure allongée, la réduisant en morceaux. Gabrielle observa l’ardeur avec laquelle Xena procédait, mais elle n’était par portée à participer. La Guerrière n'avait pas besoin d'aide. En un rien de temps, tout ce qui restait, était un monticule méconnaissable d'argile et de sable.

"Ca c’est fait", dit la Guerrière, haletant légèrement. "Quelle est la prochaine étape?"

"La nage. Nous allons laisser les vagues te laver directement. Viens."

Elles entrèrent dans l'eau main dans la main et rincèrent le reste de l’argile des mains et des côtes de Xena.

"Maintenant, donne-toi aux vagues", dit Gabrielle. "Je vais prendre soin de toi."

Xena s’étendit et laissa son corps dériver, s’élevant et s’abaissant au rythme de l'eau.

"Sens l'eau couler sur toi, et te purifier. Je vais maintenant te maintenir immergée un certain temps."

Xena acquiesça de la tête et regarda son amie avec confiance. Elle prit une grande bouffée d'air avant que Gabrielle ne pousse la Guerrière complètement sous l'eau.

 " L'eau te nettoie à l'intérieur et à l'extérieur, mon amour ", dit-elle, pour elle-même et à la brise, seule à l’écouter.

Elle relâcha Xena avant qu’elle ne manque d'oxygène et la serra dans ses bras.

Elles sortirent de l'eau, et comme elles se tenaient à nouveau debout sur le sable sec, elle prit les deux mains de la Guerrière en déclarant : "La terre de la plage, l'air de la brise, le feu du soleil et l'eau de la mer t’ont purifiée. " Xena nota avec étonnement l'autorité dans la voix de Gabrielle.

"Merci, Gabrielle." Dit-elle humblement.

"Donc, ceci achève la partie sérieuse", dit la jeune femme en souriant timidement dans le lent soleil couchant. "Maintenant, il te reste encore à faire l'amour à une Vierge."

"Hum ... Voyons, où pourrais-je en trouver une?" Xena taquinait du regard la plage isolée, avant de prendre Gabrielle dans ses bras et de l’embrasser profondément.

"Tu devrais te dépêcher, car je ne pense pas qu'elle sera une Vierge encore très longtemps", déclara la Barde en haletant légèrement, après avoir recherché de l'air. C'était le premier baiser qui ressemblait à tous ceux dont elle avait rêvé.

"Vraiment! Pas si je peux l’aider!" dit Xena avec impatience.

 " Hum ... On dîne d'abord? " demanda timidement Gabrielle. Son estomac grondait. Xena soupira en une fausse déception.

"Tu es une sacrée joueuse! Oh, mais je pense que tu as peut-être raison. On dirait que nous allons en avoir pour un bon moment jusque tard dans la nuit." Xena hocha la tête vers l'endroit d’où venait le son offensant. Elle semblait si détendue qu'il était évident que toute la cérémonie y était pour beaucoup. " Va pour le dîner d'abord."

Les provisions de Cyrène furent très appréciées. Elles firent un feu et firent bouillir de l'eau pour le thé, elles n'avaient pas  besoin de chasser ou cuisiner. Pendant tout ce temps, elles observaient le corps nu de l’autre, sachant ce qu’elles allaient faire plus tard, ce qui accumulait une délicieuse tension intérieure.

L'énergie sexuelle emplissait fortement l'air, plus encore que l'humidité, la fumée et le sel. Lentement, elles mangèrent le pain aux noix et les fruits, se regardant l’une l’autre avec un sourire audacieux, prolongeant ainsi la promesse du plaisir.

 
"Voilà, c’est fait!" soupira Gabrielle, en mettant les dernières miettes du pain aux noix à ses lèvres et finissait son thé, fixant toujours Xena.

"Attends ton dessert ". dit Xena d’une voix sensuelle avec un regard très significatif.

Comme il commençait à faire sombre, elle étendit une grande couverture près du feu, pris la main de Gabrielle en signe d’invitation et la serra dans ses bras. Elle l’embrassa avec une telle passion que la blonde sentit ses genoux céder. Xena l’allongea tendrement sur la couverture.

Elles parlèrent peu, mais leurs yeux dirent à l’autre tout ce qu'elles avait besoin de savoir.

Enfin Xena s’abaissa de toute sa longueur nue sur la belle jeune Barde, soupirant de plaisir et la regardant dans les yeux presque sans ciller, jusqu'à ce qu'elles soient trop près pour se concentrer. Leurs lèvres et leurs langues se rencontrèrent en un baiser profond qui dura indéfiniment. Gabrielle sentit son corps réagir, mais avant qu’elle ne réagisse, Xena lui prit le visage à deux mains.

Les yeux débordant de l'amour qu’elle ressentait, elle dit sérieusement "Ne retiens rien, Xena. Je te veux. Je t'aime tellement. J'ai besoin de toi. Tout de toi."

Mais il n'y avait tout simplement pas de retenue. Xena, qui maîtrisait l'art du contrôle à la perfection, était aspirée dans le tourbillon du désir et de l'amour sur lesquels elle n'avait aucun pouvoir. Non pas qu'elle le voulait, mais c'était tout à fait nouveau pour elle. Comme un million d'étoiles apparaissaient peu à peu dans le ciel qui s'assombrissait, passant totalement inaperçu aux yeux des deux femmes, elle découvrait la joie d'aimer et d’être aimée en retour. Cela lui procurait un plaisir énorme de savoir qu'elle était la première à satisfaire Gabrielle et à éveiller en elle tant de désir. Elle savait seulement où et comment toucher la chair vierge, la caresser et la sucer, afin de conduire la passion de Gabrielle à des hauteurs dont la jeune fille n'avait pas imaginé l'existence. Et cette fois, Xena ne le faisait pas pour des raisons stratégiques, mais uniquement parce qu'elle le voulait, le désirait, ayant besoin de toucher et donner du plaisir à la femme qu'elle aimait.

"Oh Xena, qu’est-ce que tu me fais?" haleta la Barde, son corps tellement en feu que son esprit ne lui répondait presque plus, et ses hanches oscillaient involontairement vers son amante, demandant plus.

"Hum ...  Je t’excite ..." la voix profonde de la Guerrière répondit très près de la source de son désir. "Dieux, tu es si mouillée!" s’émerveilla-t-elle, avant de soigneusement et si lentement séparer les lèvres gonflées et de prendre le clitoris de Gabrielle, qui s’était avidement tendue à la rencontre de la bouche désireuse. Gabrielle s’évanouit presque avec la surcharge de plaisir. C’était les Champs Elysée. Presque trop vite, Gabrielle explosa en un sauvage, bruyant, violent orgasme.

"OH dieux, Xena, oh OUI OUI OUI, XENAAA Oh!" Hurla-t-elle. Et Xena devait la maintenir de toute sa force afin de ne pas perdre le centre du plaisir de Gabrielle de sa bouche. Comme les vagues de son premier orgasme diminuaient lentement, Xena s’allongea à côté de Gabrielle et l'amena dans ses bras tendrement, lui murmurant de doux mots d'amour et l’embrassant sur les lèvres, qui venaient récemment de crier son nom dans le plaisir suprême.

"Xena ..." répétèrent ces mêmes lèvres, beaucoup plus doucement maintenant, dans l'émerveillement et le choc, avec un léger sourire. "Tu as l’odeur de ..."

"La passion". Termina Xena. "Toi!" et elle continua d'embrasser la belle Barde. "Tu as tellement bon goût! Je veux plus!" Sa langue entra dans l’accueillante bouche de Gabrielle.

"Ah, c'est tout à toi." Offrit Gabrielle après un instant ou deux. "Tout à n’importe quel moment." Elle sentit le désir remonter dans ses reins, et Xena le remarqua.

"Hum, déjà accro!" taquina Xena contre les lèvres de la blonde.

"Enormément!" confirma la jeune femme. Elle se souleva et inversa les rôles. C’était, enfin, à son tour de découvrir le corps fascinant de la Princesse Guerrière. Cette dernière se livra à l’avide toucher de sa jeune amante, qui en faisait un travail minutieux. Comme si elle rattrapait le temps perdu, elle explora chaque centimètre de peau douce, le regarda, toucha, sentit et goûta toutes les courbes qu’elle pouvait atteindre, célébrant ses seins, son ventre, ses jambes. Elle fit se retourner la Guerrière et révéla la beauté de son dos, se permettant finalement de la toucher comme une amante. Elle demanda instamment à Xena d’écarter ses jambes et trouva un endroit très humide où ses doigts glissèrent jusqu'à ce que la Guerrière gémisse l’envie désespérée, non, l’ordre de venir en elle. Les doigts de Gabrielle furent happés par le sexe trempé et avide de Xena et elle la pénétra de deux doigts. Elle explora la chaleur et douce humidité avec émerveillement, constatant combien la Guerrière jouissait à chacun de ses mouvements.

"Encore!" exigea Xena, sa voix lourde de désir. Gabrielle se hâta de s’y soumettre et ajouta un autre doigt. "Plus fort!" gémit Xena, et "Plus profond!" et enfin "Plus vite! Oh! Oui!! Oh, Gabrielle, c'est siiiiii bon!" Gabrielle sut instinctivement ce qu'il fallait faire. Elle  pompa de toute sa main dans et hors du sexe glissant de cette Déesse qui semblait ne pas en avoir assez.

"Oh, je veux ta langue aussi!" gémit Xena, elle se retourna donc pour donner à Gabrielle libre accès à son clitoris très vorace. Sans enlever ses doigts, Gabrielle suça le clitoris trempé et presque instantanément la Guerrière vint avec la force d'un orage ...

Ensuite, elle attira la petite femme au-dessus d'elle et sentit le poids de ses délicieuses courbes souligner son plaisir, alors qu'elle l’embrassait intensément. Gabrielle réagit instantanément.

"Dieux, ton plaisir m’excite!" dit-elle surprise.

"Hum, laisse moi m‘occuper de cela," Xena  la remit sur le dos et se dirigea de nouveau directement vers l’objet de sa faim. "Il est temps de réaliser ton souhait."

"Mon souhait?" demanda Gabrielle. "Qu’est-ce que je pourrais bien souhaiter d’autre?"

"Je me souviens d'une certaine Barde qui m'a dit qu'elle ne voulait plus être innocente."

Gabrielle sourit, heureuse. "Quelque part je ne me sens plus vraiment si innocente que ça. Je te veux. Et je veux vraiment dire je te veux."

"Fais attention à ce que tu souhaites tu ..., pourrais l'obtenir!" sourit Xena en enfouissant sa tête entre les jambes de Gabrielle. Elle trouva rapidement l’endroit douloureux. Elle le suça doucement jusqu'à ce qu'elle sente que la Barde soit à nouveau au bord. Elle arrêta et inséra un premier, puis un deuxième doigts dans sa virginité ruisselante, caressant doucement l'intérieur. Gabrielle tomba en silence et resta prostrée, ressentant pleinement et profitant de chaque mouvement et de chaque instant.

"Est-ce que ça va" demanda Xena, effrayée d’avoir fait du mal à son amante.

"Tellement bon, si bon!" gémit Gabrielle. "S'il te plaît vas-y! ... Et …n’arrête ... jamais.... Ahhh ..." Ajouta-t-elle alors que Xena commençait à bouger ses doigts lentement d’avant en arrière.

Xena était désireuse de s'y soumettre. Avec expérience, elle fit l'amour de façon insatiable et passionnée toute la nuit à la petite femme qui la voulait autant qu’elle voulait la Barde.

 
"Je me sens vraiment comme une vierge, tu sais?" dit Xena surprise, quelques marques de chandelles plus tard, juste avant qu'elle ne tire les jambes de Gabrielle de chaque côté de sa tête, s’accordant un accès facile au cœur de son plaisir.

"Que veux-tu dire?" réussit difficilement à demander Gabrielle.

"Oh, j'ai couché avec des gens avant, mais je n'avais jamais fait l'amour. C'est ma première fois. Notre première fois."

Gabrielle s’évanouit presque de bonheur, de reconnaissance, d'amour et de désir tout confondu. S’en était presque trop pour une Barde.

 
Le ciel annonçait la prochaine arrivée du char d'Apollo quand elles s’endormirent finalement dans les bras l’une de l’autre, étourdies de bonheur et d'épanouissement et totalement épuisées. Une bouteille à moitié vide de porto abandonnée près d'elles. Après seulement quelques heures de sommeil, le soleil était devenu si chaud qu'elles ne pouvaient plus rester sur la plage.

"Dieux, j’ai encore envie de toi!" gémit Xena d’une voix rauque, "Mais je te veux à l'ombre de quelque chose de grand!"

"Hum, ou dans un bain!" ajouta Gabrielle, constatant que son visage la tirait, fruit de l’excitation séchée de sa guerrière, et ses lèvres semblaient plus épaisses que d'habitude.

"Est-ce que tu veux un bain?" demanda Xena en une fausse surprise. "Je ne veux plus jamais laver ça!" Elle sentit ses mains et lécha ses doigts. Gabrielle sentit ses reins réagir instantanément à ce geste sensuel, amplifié par le regard dans les yeux de son amante.

"On y va ...?"

"On retourne à l'auberge?"

"On retourne à l'auberge alors." Décida Xena.

"Hum Xena, je vais avoir des problèmes pour marcher", dit Gabrielle quand elle se leva pour se soulager.

Xena lui lança un sourire heureux. "Je peux faire pire". Offrit-elle.

En un rien de temps, elles réussirent à préparer leurs affaires.

Elles escaladèrent la pente raide avec quelques difficultés. Quand elles se tinrent essoufflées en haut, elles se retournèrent et regardèrent la plage isolée.

"C'est là que j'ai retrouvé ma pureté!" contempla Xena, sérieuse.

Gabrielle sourit et ajouta: "Et où j'ai perdu la mienne!" Maintenant, elles riaient toutes les deux. Elles s’embrassèrent avec passion avant que Xena ne sifflât son cheval.

"Sais-tu ce qui m’a vraiment purifié?" dit Xena. Gabrielle la regardait curieusement. "Ton feu! Ou peut-être bien ton ... eau?" La Barde sourit, embarrassée.

"Je pense plutôt que c'était le tien, ma guerrière!"

Argo arriva au galop. Elle était heureuse de les voir et enfouit son nez dans le cou de Xena. Elle renifla ensuite ses mains.

"Je pense que cet intelligent cheval est au courant pour nous!" dit Xena en pouffant de rire.

"Elle est certainement sûre pour nous". Sourit affectueusement Gabrielle. "Tu ne ressembles à rien!" C’était vrai. Depuis tout le temps passé ensemble, elle n'avait jamais vu Xena défaite comme ça. Sale, sanglante et contusionnée, oui, mais jamais détendue, riant bêtement et hors de contrôle. Elle adorait ça!

"Hum, tu ne sembles pas si mal non plus!" lui renvoya Xena en compliment. "Argo le dit aussi."

"Je suis heureuse qu'elle soit la première à le savoir."

"Ma mère sera heureuse aussi." Dit Xena, en caressant le cou du cheval. "Elle n'a cessé de me pousser à m'ouvrir à toi."

"Et elle m'a donné quelques conseils très utiles pour te persuader," ajouta Gabrielle.

"Elle l’a fait, n’est-ce pas?" dit Xena, un sourcil levé.

Gabrielle acquiesça de la tête. "Ca n’aurait pas été possible sans elle."

"Nous lui sommes redevables," sourit Xena avec bonne humeur. "Quelque part, elle sait toujours ce dont j'ai besoin. Je n'ai jamais été aussi heureuse."

"Ta mère est une personne merveilleuse. Tu dois tenir d’elle." Dit Gabrielle, se penchant pour un autre baiser. Elle sentit la stimulation du désir grandir de nouveau dans ses reins et un élan maintenant familier dans son cœur. "Tu me fais très plaisir aussi."

"Hmmm," gémit Xena. "Oh, mais pas ici, nous allons trouver un meilleur endroit."

 
Elles montèrent sur Argo, mais il apparut assez vite que Gabrielle n'était pas à l'aise. Pas à l'aise du tout.

"Xena, je ne peux pas m’asseoir!" gémit-elle. "J’ai tellement mal!"

"Ici. Tourne d’un quart, je vais te tenir." Gabrielle fit comme on lui dit, maintenant assise avec les deux jambes d'un côté. Elle se sentait mieux. Et il y avait quelques autres avantages: embrasser était beaucoup plus facile de cette façon! Bien sûr, les deux femmes ne purent résister bien longtemps à l’appel du désir grandissant. Au premier endroit ombragé, elles descendirent rapidement de cheval et prirent tout juste le temps de disposer une couverture avant se donner du plaisir en une courte mais très satisfaisante étreinte.

Quand elles furent à nouveau sur Argo, Gabrielle découvrit qu'elle pouvait maintenant monter à cheval, son sexe enflé atténuant les douleurs. En fait, le rythme d'Argo la stimulait profondément. Elle tourna autour de Xena, se positionna sur ses genoux, se retrouvant à contre sens, et enveloppa ses jambes autour de la Guerrière. Xena regarda la Barde insatiable avec un demi-sourire et leva un sourcil.

"Est-ce que tu ris de moi, Guerrière?" demanda Gabrielle.

"Non," dit Xena, embrassant la belle jeune femme sur ses lèvres gonflées. "Mais je dois dire que je ne m'attendais pas à autant de passion. Tu es insatiable."

"Je crains que tu ais raison." Marmonna Gabrielle, une rougeur montant à ses joues. "Je n'en ai jamais assez".

"Moi non plus, mon amour." La réconforta Xena. "Et je suis très flattée."

"Mais?" sentit cependant Gabrielle.

"Nous allons avoir besoin d’eau fraîche bientôt: les gourdes sont vides depuis le lever du soleil et nous allons être déshydratées si nous n’en trouvons pas. Je me demande comment tu peux encore être incroyablement humide ici ..." elle toucha doucement les plis trempés du sexe de Gabrielle. Gabrielle répondit immédiatement, près à tomber d’Argo mais Xena réagit rapidement.

"Tu sembles glisser de la selle aussi, ma guerrière!" sourit Gabrielle. "Oh, allez, s'il te plaît ... et ensuite nous irons chercher de l'eau." Elle avait une manière très convaincante de persuader la Guerrière. Mais Xena n'avait pas besoin d'être suppliée. Elle enveloppa la barde dans ses bras et sauta au sol. Même pas la peine pour la couverture cette fois-ci, elles satisfirent leurs besoins. Plusieurs fois.

Quand elles furent enfin prêtes à reprendre la route, Xena  sourit pleinement en regardant Gabrielle.

"Je ne peux vraiment pas te ramener chez ma mère comme ça ... tout le monde peut lire en nous."

Gabrielle regarda leur aspect et sourit aussi. En plus de leurs lèvres gonflées, de leurs vêtements déchirés en des endroits stratégiques, ainsi que quelques suçons, leurs yeux étoilés et la voix rauque, elles avaient de la boue partout sur elles.

"Cyrène saura de toute façon. Mais tu as raison: nous avons besoin d'eau. À bien des égards." Sa voix était rauque d’abus, et peut-être un peu sèche.

Elles montèrent à cheval et Xena lança Argo au galop. "J’ai encore envie de toi, mais la prochaine fois je te gâterai dans un vrai lit."

"Je pourrais difficilement attendre ..." sourit Gabrielle, la tenant serrée. "Mais je consentirai à un étang ou autre", marmonna-t-elle doucement. Xena ayant l’ouïe très fine, sourit en connaissance de cause.

                                                                                                     ***

Un coup à la porte de la chambre les réduisit au silence un moment. C’était Cyrène. Elle leur avait jeté un coup d'œil quand elles étaient finalement arrivées à l'auberge et les avait envoyées à l’étage avec un sourire amusé. Elle savait mieux que mettre des mots sur ses observations: Xena avait été incroyablement timide. Gabrielle rayonnait simplement. Elles n’étaient pas redescendues depuis.

"J'ai mis un peu de nourriture pour vous devant de la porte, les filles! Venez et servez-vous lorsque je serais partie!"

Gabrielle se demanda depuis combien de temps elle était là. Si elle l'avait entendue ...?

"J'en ai entendu assez pour savoir que vous faites de moi une vieille femme très heureuse!" dit Cyrène distinctement. Dieux, avaient-elles été si bruyantes? Oui, elles l’avaient été! Elle dut l’admettre.

"Oh, et par la même, un musicien vient jouer à l'auberge ce soir, je n’ai donc pas besoin de Barde. Je vais faire en sorte que le musicien fasse beaucoup de bruit!" Cyrène rit sous cape avant de se retirer, un grand sourire aux lèvres quand elle entendit en duo "Merci, Cyrène!" et "Merci, maman!" de l'autre côté de la porte.

                                                       FIN


 

Commentaires  

 
#2 xenagaby 2010-11-06 20:08 ahhhhhhh.très belle fic si les realisateur avait pu mettre un peu de cette magie ds leur émission bref,bravo pour la belle histoire,j'ai bien aimée leurs gêne et qu'enfin elles avouent leurs sentiments Citer
 
 
#1 xengab 2010-04-21 13:59 toute douce et sucré un peu de détente de temps en temps ne fais pas de mal merci aux auteurs et aux traducteurs Citer
 
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