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Les personnages de Xena et Gabrielle appartiennent à MCA / Universal et Renaissance Pictures, et comme toujours, aucune intention  ici de violation de droit d'auteur. Voici un essai sur une « première fois »  Conquérante/ esclave et dieux seuls savent si j'ai réussi. Elle a été inspirée par une autre histoire, "Chattel" de Dark Angel, qui m'a fait réfléchir et m'a poussée à l'écrire. Lisez-la, je suis sûre que ça vous fera réfléchir aussi. Ah oui, si vous êtes mineur ou si vous avez un problème avec les femmes ayant une vie sexuelle alors s'il vous plaît partez! Je veux dire par là, ne serait-ce pas affreux si je corrompais une âme innocente?

                                                               *********************

Mon dos me faisait encore mal des coups de fouet qu'elle m'avait donné quand je fus tirée de mon sommeil par un garde.

"Lève-toi, la Conquérante veut te voir."

J'enfilai en toute hâte une robe pour couvrir ma nudité, ignorant le regard lubrique du garde, regard auquel j'étais habituée depuis le temps. Elle aimait me montrer nue et le faisait souvent, mais elle n'avait jamais laissé personne me toucher, et personne ne serait assez stupide pour oser la défier.

Le garde m'attrapa par le coude et me traîna derrière lui jusqu'à la porte de ma petite chambre puis dans le couloir menant aux quartiers privés de la Conquérante. Il était tôt le matin et il n'y avait âme qui vive aux alentours; je fus surprise d'être presque sereine, soulagée que personne ne me voit amenée ainsi devant sa porte comme on le ferait avec un chien. Étonnée car je ne me connaissais plus ce sentiment de honte.

Nous nous arrêtâmes devant la porte, le garde frappa trois fois et repartit. C'était un vieux rituel et nous connaissions chacun notre rôle.

"Entre"

Je poussai la lourde porte et entrai.

"Ferme la porte."

La pièce était sombre et je ne pouvais que deviner l'endroit elle se trouvait au son de sa voix; mais je sentais son regard  sur moi telle une main me touchant. Je fermai la porte obligeamment, et attendis, me demandant de quelle humeur était la Conquérante ce matin et ce qu'elle voulait faire de moi cette fois.

"Déshabille-toi".

La voix était basse, presque caressante, mais l'ordre était clair et j'obéis immédiatement; ma robe tomba sur le sol. Il y eut un long silence durant lequel je sentis ses yeux parcourir mon corps, et je je fus prise d'un étrange sentiment de fierté: la Conquérante, même après toutes ces années, aimait toujours ce qu'elle voyait.

"Met-toi devant la table."

Si je n'avais pas connu l'emplacement exact de la table, j'aurais eu toutes les peines du monde à la trouver dans le noir, mais je connaissais par cœur chaque centimètre de cette chambre et je marchai rapidement vers la table.

"Tourne-toi."

Elle devait se tenir debout de l'autre côté de la pièce, près de la fenêtre fermée, et je commençai à comprendre ce qu'elle voulait. Et je savais que ça ne tarderait pas. Je me retournai et posai mes mains à plat sur la table, le regard perdu au loin.

"Penche-toi."

Je me penchai sur la table; le froid du chêne me donna la chair de poule et mes mamelons se durcirent.

"Pas autant."

Je me redressai un peu, me maintenant sur mes bras, et attendis. Parfois, elle s'amusait à me laisser des heures dans différentes positions, pour que je me rappelle toujours qui donnait les ordres et à qui j'appartenais.

Comme si je pouvais oublier.

"Ecarte les jambes."

Sa voix était plus proche maintenant, elle devait être quelque part près derrière moi sans que je l'ai entendue se déplacer, mais là encore, je ne l'entendais jamais.
Elle me pénétra  sans autre avertissement, enfonçant profondément son phallus. Le mouvement brusque me poussa en avant et je dus me retenir de mes mains pour ne pas m'affaler sur la table. Elle s'appuya aussitôt contre moi, m'écrasant; je ressentis une forte douleur au niveau de mon mon bas-ventre chaque fois qu'elle me poussait contre le bord de la table. Elle agrippa  mes hanches pour se stabiliser et poussa plus fort en moi, sa respiration s'était déjà transformée en un souffle court. Elle haletait de plus en plus, au fur et à mesure que je commençais à gémir, sachant combien elle aimait m'entendre. Le phallus bougea brutalement en moi et elle accéléra le rythme, son propre corps me faisant basculer sur la table.

Quand elle se mit à grogner, je sus qu'elle était au bord de l'orgasme et sa main gauche abandonna ma hanche pour se glisser devant moi et toucher mes seins durs. D'un dernier coup de rein qui m'allongea presque sur la table, elle jouit, un long gémissement rauque, et s'effondra sur moi, tout son corps tremblant de plaisir. Elle resta comme ça le temps de reprendre son souffle, puis elle se retira brusquement et s'éloigna. Je restai à ma place, n'ayant pas été autorisée à bouger. Je l'entendis traverser la pièce et se diriger vers la table de chevet à côté de son lit. Elle s'assit et, à en juger par le bruit, se versa un liquide dans un verre, sûrement du vin, dont elle but quelques gorgées. Je sentais son regard sur moi, toujours devant ma table, à me demander si je n'avais pas tort finalement car elle n'en avait peut-être pas fini avec moi après tout.

"Je t'ai entendu parler avec mon cuisinier l'autre jour."

La voix rauque était calme, mais je me raidis instantanément. La Conquérante était farouchement possessive lorsqu'il s'agissait de choses qu'elle considérait comme sa propriété, et à plus d'une occasion elle était entrée dans une rage folle et m'avait punie, croyant que je regardais quelqu'un d'autre. Je n'étais pas certaine qu'elle voulut que je lui réponde et les secondes s'écoulèrent durant lesquelles je fis le pour et le contre, mais avant que je ne me décide, elle reprit la parole.

"Tu lui a dit quelque chose, n'est-ce pas?"

Pourtant il n'y avait aucune accusation dans sa voix et, bien que je sache que cela pouvait être trompeur venant d'elle, j'osai une réponse.

"Oui, Mon Seigneur."

Elle se décala légèrement sur le lit et but un peu de vin comme si cela lui donnait du temps pour réfléchir.

"Tourne-toi."

Je me retournai, mais gardait mon regard loin de la sombre silhouette assise sur le lit et fixai le mur droit devant moi.

"De quoi lui as-tu parlé?"

Je déglutis difficilement, espérant qu'elle ne le remarquerait pas, mais rien jamais n'échappait aux yeux bleus glacials. Je devins nerveuse, ne sachant pas où elle voulait en venir. La Conquérante m'avait rarement surprise, mais quand c'était arrivé, ça n'avait jamais été agréable.

"Alors?"

Il y avait un petit quelque chose de différent dans sa voix et je compris que je devais répondre.

"Je lui ai dit que c'était mon anniversaire demain, Mon Seigneur."

"Pourquoi le lui avoir dit?"

A la façon dont elle dit cela, je ne pus m'empêcher de me tourner vers elle pour la regarder, mais des années d'entraînement me firent stopper net.

"Il me l'a demandé, Mon Seigneur."
"Pourquoi?"
Je déglutis encore.
"Je… je ne sais pas, Mon Seigneur."

Il y eut un long silence puis je l'entendis se lever du lit, marcher un peu et s'adosser au mur, à l'endroit exact où je regardais depuis plusieurs minutes. J'eus dans mon champ de vision une femme à moitié habillée, presque cachée dans l'obscurité et se demandant vraiment si je pouvais regarder ailleurs. Je discernais à peine son regard bleu; elle porta son verre à ses lèvres et dégusta son vin, m'observant au-dessus du liquide.

"Donc…" Ses yeux parcoururent brièvement mon corps avant de revenir à mon visage. "Que veux-tu pour ton anniversaire?"

De toutes les choses qu'elle aurait pu dire ce fut bien la dernière à laquelle je m'attendais et cela dut se voir à ma tête car elle sourit légèrement, de toute évidence contente d'elle.

"Que...que veux-tu dire, Mon Seigneur?"

Depuis toutes ces années où j'étais avec elle, elle ne m'avait jamais rien demandé sur moi et je ne comprenais assurément pas pourquoi elle le faisait maintenant.

"A ton avis?" Elle semblait quelque peu agacée. "A un cadeau évidemment, tu sais, quelque chose que tu donnes aux gens à certaines occasions."

Dans ma grande confusion, je devins imprudente et laissai échapper: "Pourquoi voudrais-tu me faire un cadeau?"

Aussitôt ses traits se durcirent et sans un mot elle s'approcha de moi, me barra le visage de son bras, puis, toujours sans rien dire, reprit sa place contre le mur.

"Je repose la question, que veux-tu pour ton anniversaire?"

Des larmes me montèrent aux yeux, mais je les fis déguerpir très vite. La Conquérante ne supportait pas que je pleure.

"Je… je ne sais pas, Mon Seigneur. Je ne veux rien."

Ses yeux se firent deux fentes et je dus prendre sur moi pour ne pas reculer. "Ne me mens pas! Tout le monde veut quelque chose!" Elle fit quelques pas et marcha lentement autour de moi.

 "La question est … Que veux-tu?"

J'avais peur maintenant et je ne pouvais rien y faire;  je me demandais si elle n'en avait finalement pas assez de moi, et je voulus mettre fin à tout cela dans un final grandiose.

"Je n'ai besoin de rien, Mon Seigneur."

Il y eut d'abord un silence, puis je l'entendis bouger.

"C'est la dernière fois que je me répète" dit soudainement une voix basse à mon oreille. "Que veux-tu pour ton anniversaire?"

Elle me laissa subitement et retourna contre son mur, sirotant son vin, ses yeux ne quittant à aucun moment mon visage. Je la regardais et pensais à toutes ces choses que j'avais subies ces deux dernières années, et à toutes ces choses que je ne connaitrais jamais si elle décidait de se débarrasser de moi. Cela ne faisait que quelques semaines qu'elle m'avait appris à lire, et durant mon temps libre, je me répétais inlassablement l'alphabet, déterminée à le maîtriser avant l'arrivée du printemps. Mais là, on aurait dit que je n'aurais bientôt plus cette chance. A cette pensée, un sentiment que je croyais enfoui au plus profond de moi rejaillit: la colère.

Je n'ai pas été en colère quand on m'enleva de mon village et que je fus vendue au marché. Je n'ai pas été en colère quand elle me mit un collier autour du cou, ou quand elle me prit par-terre devant mes parents - qu'elle avait amenés ici pour l'occasion-, et je n'ai pas été en colère la nuit où elle me marqua d'un X dans le dos pour montrer à tous à qui j'appartenais. Toutes ces choses m'avaient rendue insensible résignée, mais la perspective de ne plus pouvoir apprendre à lire me mit dans une colère que je ne me connaissais pas. Je la regardais, debout contre le mur, et décidais que, peu importait ce qui allait se passer, je le lui ferais payer d'une manière ou d'une autre.

La partie rationnelle de mon cerveau savait à quel point ces pensées étaient futiles mais dans ma haine, je m'en fichais. Je voulais l'humilier et la contrôler, comme elle m'avait humiliée et contrôlée depuis toutes ces années. Je fixais les yeux impassibles et une idée germa dans mon esprit. Il était fort possible qu'elle se rit de ma requête, voire même qu'elle me punisse, mais c'était une occasion que je ne pouvais laisser passer. De toute façon, si elle m'interdisait la lecture, peu importait ce qui pouvait bien m'arriver. C'était la seule et unique lumière dans ma vie et il semblait bien que ça aussi elle allait me l'enlever.

"Si je te dis ce que je veux… tu me promets de me l'accorder?"

Un élégant sourcil se leva devant tant d'audace, mais elle ne bougea pas et se contenta de me fixer.

"Me donnes-tu ta parole?" continuais-je, sachant que sa parole était la seule chose qui avait encore un sens à yeux, mais qu'elle pouvait aussi ne pas se sentir obligée de la tenir pour une simple esclave.

Une étrange lumière passa dans ses yeux, mais j'étais trop prise par mon petit jeu mortel pour y prêter attention. Soudain, elle acquiesça et je retrouvai aussitôt mes esprits.

"Oui."
Sa voix était basse et chargée de quelque chose que je ne parvenais pas vraiment à définir.

"Qu .. quoi?"

"J'ai dit oui. Je te donne ma parole, je t'exaucerai... tant que tu ne me demandes pas ta liberté."

Les mots planèrent dans la pièce un moment, aucune de nous ne brisa le contact visuel. Je ne savais  qui croire, mais je décidais de coopérer. Je scrutais le magnifique mais glacial visage, les yeux bleus à couper le souffle, et pris ma décision. J'allais demander la seule chose qu'elle ne pourrait jamais me donner, la seule chose dont elle n'était pas capable. Son unique point faible.

"Je voudrais que tu me fasses l'amour."
Ses yeux s'écarquillèrent avant de se rétrécirent tout aussi dangereusement.

"Quoi?"

Mon cœur battait plus fort, mais je me refusais à détourner le regard.

"J'ai dit, je voudrais que tu me fasses l'amour. Demain soir, pour mon anniversaire."

Je m'attendais à ce qu'elle rit ou me jette dans la pièce en criant des obscénités, mais quand elle ouvrit enfin la bouche, le seul mot qu'elle prononça me prit complètement au dépourvu.

"Pourquoi?"

Il y avait une authentique curiosité dans sa voix que je n'avais jamais entendue auparavant, et, alors même que je commençais à me ressaisir, ma confiance en moi s'évapora, me laissant encore plus perdue que jamais.

"Pourquoi pas? As-tu peur" fut tout ce que je pus articuler, me demandant si ma dernière remarque n'avait pas scellé mon sort.

Elle m'observa pendant une éternité, le visage totalement neutre, ne montrant aucune émotion. Elle s'approcha de moi et prit mon menton dans sa main droite. Ses yeux bleus se rapprochèrent de plus en plus à mesure qu'elle se penchait vers moi, mais juste avant qu'elle n'atteigne mes lèvres, sa bouche bifurqua vers mon oreille.

"Ton vœu est accordé"  Murmura-t-elle avant de mordre fermement mon lobe, perçant la peau de ses dents acérées.

Elle recula et s'approcha d'une fenêtre, me tournant le dos.

"Tu devrais partir maintenant."

C'était un ordre et instinctivement j'attrapai ma robe et quittai la chambre. Dehors, un garde se matérialisa comme par magie et me ramena dans la mienne.

                            **************

Je passais le lendemain à maudire mon imprudence, mais le soir approchant, un sentiment de paix se mêla à la résignation de mon corps, et je réussis à me détendre suffisamment pour prendre un bain et enfiler la petite robe blanche que la Conquérante avait fait livrer plus tôt. Je ne savais toujours pas ce qui allait se passer lorsque le garde arriva, et, à ma grande surprise, il frappa à ma porte au lieu de faire irruption dans la pièce comme à l'accoutumée. Il me fit un petit salut et me dit qu'il avait reçu l'ordre de m'escorter auprès de la Conquérante. Je voyais dans ses yeux qu'il était tout aussi désappointé que moi par la situation, mais il ne dit rien et me conduisit dans le couloir sans m'avoir attrapé au préalable par le bras.

Au lieu de s'arrêter devant la porte de la chambre principale, nous continuâmes et je me retrouvai bientôt dans une partie du château où je n'étais jamais allée. Nous nous arrêtâmes devant une petite porte de bois et le garde frappa trois fois. Il me lança un dernier regard avant de disparaître dans le couloir. J'attendis dehors en silence.

"Entre"

J'avançai et fermai la porte derrière moi avant de laisser mon regard étudier attentivement l'environnement. La chambre était beaucoup moins grande que toutes celles appartenant à la Conquérante et, mis à part une grande cheminée qui accaparait la totalité du mur de gauche, une petite table sous la fenêtre et un grand lit, la chambre était vide.

Mon regard tomba sur la Conquérante, appuyée contre le mur à côté de la table. Elle portait une tunique bleue au lieu de ses habituelles robes et cuirs et lorsque mes yeux descendirent plus bas, je fus étonnée de voir qu'elle était pieds nus. Ses cheveux étaient défaits et la bague symbolisant son pouvoir avait disparu de son doigt; je remarquai d'ailleurs une fine bande blanche à l'endroit où la peau n'avait pas été exposée au soleil. Je me demandais brièvement si je l'avais déjà vue sans sa bague, et, comme mes yeux s'égaraient plus haut, je découvris l'illisible expression sur son visage, et compris alors que ce n'était jamais arrivé. Elle m'observa un long moment, ses yeux ne cédant rien de ses pensées, on aurait dit qu'elle respirait lentement.

"Viens ici."

Je m'approchai et avant d'avoir eu le temps de penser à ce qui allait arriver, elle vint à ma rencontre et posa ses mains autour de mon cou. Mon corps tout entier se raidit. Elle le remarqua mais ne dit rien. Au lieu de cela, elle déverrouilla mon collier et le laissa tomber par terre. Elle recula vers le mur  et je ne pus m'empêcher de toucher doucement la zone où le collier me serrait. Il était autour de mon cou depuis si longtemps que j'avais presque oublié comment c'était sans lui. En touchant la peau irritée, les souvenirs revinrent et des larmes se formèrent malgré moi. La Conquérante le vit mais ne fit aucun commentaire; elle se tourna vers la petite table pour prendre quelque chose.

"Assieds-toi."

Elle fit un geste vers la couverture en face de la cheminée et je m'assis dessus, essayant de me concentrer sur  les flammes alors que je la savais juste derrière moi. Elle resta là un bon moment, comme si elle hésitait, puis, soudainement, elle s'installa à côté de moi. Elle posa une petite jarre entre nous et, sans me regarder, dit: "Je vais mettre de l'onguent sur ton cou, ça évitera les démangeaisons."

Je me demandais comment elle pouvait savoir à quel point ma peau me démangeait depuis qu'elle m'avait ôté le collier, mais je ne lui posais pas la question. Du coin de l'œil, je la vis frotter dans ses doigts des substances inconnues dont l'odeur n'était pas désagréable, puis ses mains s'approchèrent de mon cou. Je fixais le feu avec cette impression que nous étions toutes les deux tendues car ses mains ne bougeaient plus et son corps était raide; puis, si lentement que je ne m'en rendis pas tout de suite compte, elle commença à appliquer la pommade sur la zone irritée. S'ensuivit une étrange sensation de chaleur qui s'étendit sur le reste de mon corps, et j'eus du mal à réprimer un tremblement.

Elle continua à masser doucement la peau, trempant de temps en temps ses doigts dans la jarre pour reprendre de la pommade. Elle ne parlait pas et je ne la regardais pas durant l'opération; quand elle décida que cela suffisait, elle prit le pot et se leva de la couverture. Elle revint avec deux verres et m'en tendit un avant de se rasseoir.

Je sentis le parfum épicé du vin avant même d'avoir vu le verre, et inhalai profondément. C'était si rare que la Conquérante me laisse boire du vin, et je commençais à me demander si elle allait réellement continuer comme ça et m'accorder mon vœu. Jusqu'à maintenant, je m'attendais plus ou moins à ce qu'elle joue un peu avec moi,  qu'elle prenne du bon temps avant de reprendre ses droits et me faire ce que bon lui semblait, mais là, je n'en étais plus si sûre. Je n'avais pas vraiment envisagé ce que j'allais faire si elle tenait parole. Je n'étais pas même sûre de vouloir qu'elle le fasse, et brusquement, j'eus envie d'être seule plutôt que de me trouver dans cette situation irréelle et fausse qui ne signifiait rien pour aucune de nous.

"Tourne-toi"

La voix paisible me surprit, mais je me ressaisis vite et me tournai vers elle. Elle leva son verre en guise de toast, ses yeux ne quittant pas les miens, et je lui rendis la pareille de façon hésitante, avant de déguster mon vin. Je le gardai en bouche une seconde pour gouter l'arôme sucré, avant de l'avaler. En jetant un œil vers elle, je la vis grimacer un peu et je me souvins qu'elle n'aimait pas le vin doux. Pourquoi n'avait-elle pas choisi autre chose? Mais avant de pouvoir terminer ma pensée, elle me fixa et j'eus le souffle coupé. Ses yeux bleus étaient plus sombres que jamais. Même en plein orgasme, ils n'avaient  jamais cette teinte. Je déglutis plusieurs fois sans vraiment savoir pourquoi.

"C'est bon?"

Il me fallut quelques secondes avant de me rendre compte qu'elle parlait du vin.

Je hochai la tête, "Oui, Mon Seigneur."

Un air que je ne pus déchiffrer passa brièvement sur son visage, mais elle ne dit rien et à la place, regarda le feu. Nous étions assises là, silencieuses, les yeux dans les flammes, buvant notre vin. Alors même qu'elle était assise à plus d'un pied de moi, je n'avais aucun problème pour ressentir la tension qui s'échappait de chaque pore de sa peau. De temps en temps, je sentais ses yeux sur moi, mais elle regardait très vite ailleurs et moi-même, je fixais le feu sans lever les yeux vers elle. Quand elle eut vidé son verre, au lieu de le poser par-terre, elle joua avec entre ses doigts.

Son agitation me rendait nerveuse et même le goût délicieux du vin ne parvenait à me calmer; je posai mon verre sur la couverture. L'espace d'un instant, elle ne bougea pas puis elle attrapa brusquement les verres, se leva et alla les poser sur la table. Elle resta là un long moment et, comme d'habitude, je n'eus aucune mal à sentir ses yeux sur moi, mais il y avait quelque chose de différent. Habituellement je pouvais dire ce qu'elle voulait juste à sa façon de me regarder, ou depuis combien de temps elle le faisait, mais cette fois rien ne m'indiquait ses intentions, et ça plus que tout, me fit regretter ma stupide requête. Personne ne défiait la Conquérante sans le payer un jour.

Tout aussi soudainement, elle revint s'asseoir à mes côtés sur la couverture. Elle prit une grande inspiration et se tourna vers moi. Le regard toujours fixé sur le feu, je sursautai presque en sentant sa mains chaude et calleuse se poser sur mon bras droit juste en dessous du coude.

Elle resta là, immobile pendant plusieurs minutes, mais à l'instant même où je commençai à me détendre, elle bougea doucement son pouce et caressa ma peau. Instinctivement, je faillis reculer de surprise car cela faisait des années que je n'avais eue pensées si absurdes et, finalement, si nuisibles. Elle poursuivit sa caresse mais j'avais du mal à me calmer et je dus déglutir plusieurs fois quand elle me demanda: "Tu aimes ça?"

J'étais tellement effrayée que je n'eus pas le temps de me demander si j'aimais ses caresses ou non, mais comme je me forçai à me calmer et à faire attention à son doigt, je me rendis compte que ce n'était pas désagréable. Troublant oui, mais pas désagréable.

"C'est agréable, Mon Seigneur," réussis-je à marmonner, sans oser ou vouloir la regarder.

Elle laissa son pouce une seconde puis soupira doucement avant de reprendre sa caresse, mais cette fois, elle posa sa main qu'elle fit monter et descendre le long de mon bras. Quelques minutes plus tard, elle s'arrêta brusquement et ce fut comme si nous attendions toutes les deux quelque chose, sans savoir quoi.

"Tourne-toi."

Sa voix était basse et sans presque intention d'ordre, et pourtant, je n'hésitais pas une seconde à me tourner vers elle. Je ne le voulais pas, mais quelque part, je savais qu'elle s'attendait à ce que je la regarde et, lentement, je levai ma tête pour la regarder dans les yeux. Ils étaient aussi sombres qu'avant, mais il y avait autre chose. Et tout à coup je me rendis compte que la froideur avait disparu, remplacée par une expression fascinée.

"Je vais t'embrasser" dit-elle lentement, comme un défi.

Je ne répondis pas mais fixai son visage. Elle lécha ses lèvres avant de se pencher. A quelques centimètres de moi, elle s'arrêta et je sentis son haleine chaude contre ma peau, puis elle approcha sa bouche de la mienne. J'écartais aussitôt mes lèvres, m'attendant à sentir sa langue mais il ne se passa rien, elle pressa juste sa bouche contre la mienne avant de se reculer.

Je la regardai, mais l'expression de son visage n'avait pas changé et je n'étais toujours pas capable de dire à quoi elle pensait. Puis elle se rapprocha de nouveau et cette fois, elle commença à taquiner mes lèvres de sa bouche et de sa langue, et involontairement j'écartai mes lèvres pour elle. Elle sembla hésiter puis je sentis sa langue dans ma bouche, faisant de petits cercles autour de la mienne. Ses mouvements étaient doux et patients et cela me surprit tant que je faillis ne pas sentir sa main derrière ma tête qui m'attirait plus près.

Elle m'embrassa comme ça un long moment puis sa respiration se fit plus profonde et elle augmenta la force du baiser. Elle pressa son corps contre le mien pour m'allonger sur la couverture et m'embrassa farouchement pendant que sa main remontait ma robe. Son autre main caressait ma poitrine à travers le tissu et ses hanches ondulaient contre moi.

Elle laissa échapper un petit grognement impatient alors que sa main trouvait ma culotte; d'un geste rapide, elle la déchira et la jeta par-dessus son épaule. Elle libéra ma poitrine et, de ses deux mains, remonta la robe blanche sur mes hanches puis elle força sa jambe entre les miennes et se mit à onduler contre ma cuisse. Elle prit mes poignets dans une main, les bloqua au-dessus de ma tête tout en bougeant contre moi, sa langue dans ma bouche. Elle respirait difficilement maintenant et je compris qu'elle approchait de l'orgasme. Soudain, tout mouvement cessa.

Alors que je tentais d'ouvrir les yeux, je regardai directement dans les yeux brumeux débordant d'excitation, mais l'expression de son visage m'étonna. Elle avait l'air presque gêné, mais cette expression disparut brutalement et elle se leva. Elle marcha vers la table et se versa du vin qu'elle avala en quelques gorgées. Puis, sans me regarder, elle dit: "Lève-toi."

Je me mis debout, étonnée par la tension dans sa voix.

"Déshabille-toi."

J'enlevai rapidement ma robe, la laissant tomber par-terre, comme d'habitude. Derrière moi, elle se reversa du vin.

"Va t'allonger sur le lit."

J'obéis, lui jetant un coup d'œil nerveux. Elle finit son vin et se tourna vers moi. Ses yeux tombèrent sur mon corps nu sur le lit, puis tout à coup elle se déshabilla, jetant négligemment ses vêtements sur le sol.

Nue devant moi, il était indéniable que la Conquérante était une femme extraordinairement belle, mais j'avais appris il y avait longtemps de cela que ce n'était pas parce que les gens étaient beaux à l'extérieur qu'ils l'étaient à l'intérieur.

Elle prit plusieurs profondes inspirations, essayant probablement de se calmer et contrôler son désir, puis elle s'approcha plus près jusqu'à ce que ses jambes touchent le lit, et là, elle prit une autre grande inspiration.

"D'accord… Que veux-tu?"

Je n'avais aucune idée de ce à quoi elle faisait allusion, mais peu à peu je compris de quoi elle parlait. C'était si ridicule que je n'en revenais pas de ce qu'elle me demandait.

"Qu'est-ce que tu veux dire, Mon Seigneur?"

"Je veux dire..." elle eut un geste d'impatience, "Que veux-tu que je fasse?"

Je la regardais là, simplement et vis de nouveau une certaine froideur dans ses yeux.

"Allez,  jeune fille! Tu me l'as demandé. Que veux-tu?"

"Je… je ne sais pas, Mon seigneur," Je parlais tout bas. "Je n'ai jamais fait l'amour auparavant."

Elle se redressa un peu, et, sans dire un mot, me regarda un long moment, ses doigts tapotant sa cuisse. Puis elle rampa sur le lit et vint s'allonger à mes côtés. J'étais couchée sur le dos, les yeux fixés sur le plafond alors qu'elle m'observait intensément. Elle se pencha et m'embrassa. Le baiser fut aussi lent et doux que la première fois sur la couverture, mais je sentais bien sa légendaire volonté à se contrôler et se retenir. Ses lèvres étaient douces et je sentis un peu du  vin qu'elle avait bu quand elle poussa finalement sa langue dans ma bouche.

Elle se positionna au-dessus de moi, sa bouche maintenant appuyé contre le pouls de ma gorge. Je ne bougeais pas, ne sachant ce qu'elle attendait de moi, mais soudain, elle prit mon bras gauche et le guida dans son dos. En se baissant pour embrasser le creux de mon cou, je passai délicatement mon autre bras autour d'elle, et elle gémit lorsque je lui caressai la peau.

Elle s'allongea entièrement sur moi, ses mains courant sur mon corps tout en continuant à m'embrasser. Sa main trouva mon mamelon à l'instant même où sa bouche trouvait l'autre, et elle me lécha avec impatience pendant que ses doigts pinçaient doucement l'autre. Mes mamelons durcirent aussitôt, ce qui ne m'étonna pas. La Conquérante avait toujours su faire réagir mon corps, que je le voulus ou non.

D'étranges sensations me traversaient et cela m'effraya terriblement. Je n'étais pas supposée réagir comme ça. Pour me calmer, je continuais de caresser son dos et elle mordilla un peu plus fort mon mamelon, me laissant échapper un petit gémissement. Sa bouche passa à l'autre sein, mais au lieu d'utiliser de nouveau sa main, je sentis celle-ci se déplacer plus bas et venir se poser sur mon ventre.

Elle caressait ma peau, faisant progressivement descendre sa main et frôlant l'intérieur de mes cuisses avant de repartir. J'écartai involontairement les jambes et elle saisit l'occasion pour appuyer ses jambes contre mon sexe. Je gémis et mon dos s'arqua, surprise par les sensations incroyables au niveau de mon aine.

"Tu aimes?" Marmonna-t-elle en se pressant contre moi, et de nouveau je gémis, soulevant mes hanches vers sa cuisse.

Je respirais difficilement à présent et tout ce à quoi je pouvais penser était cette sensation de chaleur entre mes jambes, et la bouche de la Conquérante qui a continué à enflammer mes seins. Puis elle se déplaça plus bas et tout à coup, elle fut entre mes jambes, me flattant de ses mains pour que je les écarte davantage, ce que je fis,  les talons enfoncés dans le lit.

"Oh Dieux" murmurai-je en sentant son souffle chaud contre mon sexe.

"Oh non, jeune fille" marmonna-t-elle en embrassant la peau douce à l'intérieur de mes cuisses. "Les Dieux n'ont rien à voir avec cela."

Je me tendis comme un ressort quand elle écarta la peau et que je sentis son premier coup de langue.

"Oh Dieux!" Criais-je encore et il me semble bien l'avoir entendu rire avant d'être enveloppée par le plaisir, et toute pensée me quitta. Je me cambrais, cherchant désespérément un contact plus direct avec sa langue, à peine consciente du liquide qui coulait sur mes mes cuisses. J'entendis vaguement la Conquérante gémir en m'embrassant, toujours éloignée de l'endroit où je la désirais ardemment. Soudain, sa langue me pénétra et je l'entendis et sentis à la fois lécher le nectar  qu'elle aimait tant.

Mes hanches frappaient sans vergogne vers elle et elle attrapa mes cuisses pour se stabiliser tout en atteignant mon intimité de sa langue, me pénétrant aussi loin que possible. Elle m'amena rapidement vers le point de non retour mais à l'instant même où elle sentit mes muscles se raidir autour d'elle, elle se retira et je grognai de déception.

Cela ne dura pas longtemps car je sentis très vite ses lèvres se refermer sur mon clitoris et trois doigts plongèrent profondément en moi, commençant aussitôt leur poussée dure et rapide. La chaleur et le plaisir me traversèrent de part en part et je me contorsionnais de douleur et d'extase, la suppliant pour qu'elle me libère. Mes mains  étaient enchevêtrées dans ses cheveux et mes talon enfoncés dans le matelas, mais elle refusait d'accélérer. Sa langue effleurait à peine mon clitoris et je criai de frustration, mais tout à coup elle peu en bas de dur et enfonça ses doigts en moi.

Mes hanches s'envolèrent et je me mis à crier lorsque l'orgasme me traversa avec une force que je n'aurais pas cru possible. En retombant sur le lit, j'étais au bord des larmes, sans savoir si cela était du à l'extase que je venais d'expérimenter ou au fait que je ne le connaîtrais plus jamais; je ne savais pas.

Elle recula et tira le draps sur moi, sur mon corps nu.

Elle resta à côté du lit un moment puis je l'entendis ramasser ses vêtements et commencer à s'habiller. Mes paupières  étaient lourdes et mon corps tout entier réclamaient du repos, mais je ne voulais pas fermer les yeux ni m'endormir, sachant que si je cédais à l'endormissement, le matin arriverait trop tôt. Quand elle eut finit de s'habiller, j'avais presque perdu mon combat contre le sommeil et glissais progressivement dans l'oubli lorsque je sentis un délicat baiser sur mon front et une voix me murmurer, "Joyeux anniversaire, Gabrielle."

Puis elle disparut et je restai seule dans la chambre.

Deux jours plus tard, je dus reporter mes exercices de lecture car mon dos était de nouveau ensanglanté par les coups de fouet qu'elle m'avait donné.

                                                                            FIN
 
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