The boar hunt - La chasse au sanglier Convertir en PDF Suggérer par mail
Avertissements: Les personnages de Xena, Gabrielle, Darphus, et les autres sont tous la propriété de Renaissance Pictures et sont empruntés ici sans le consentement écrit des producteurs ou des distributeurs du programme. (En fait, ils seraient sans doute assez chagrinés de voir ce que j'ai fait de certains de leurs personnages.) Tous ceux qui n'apparaissent pas dans un épisode de "Xena: Princesse guerrière"ou "Hercules: Le voyage légendaire "viennent de mon imagination plutôt déformée et donc m'appartiennent à moi et moi seule. 

 Ce récit se déroule pendant le règne de Xena, vainqueur des Nations, telle que présentée dans l'épisode d'Hercule appelé " Armageddon, deuxième partie ". Callisto a réussi à tuer Alcmène, la maman d'Hercule, il n'est donc pas l'adulte qui a apprivoisé Xena pour la mettre sur le chemin de la bonté et de la lumière. Certaines choses représentées ici ne sont pas pour les étroits d'esprit ou les insensibles. Il y a plusieurs sortes de violence, à la fois sexuelle et non sexuelle. Cette histoire implique aussi des situations entre personnes du même sexe, (il y a une autre façon de faire?), BDSM, et cruauté. Si cela t'offense, si c'est illégal là où tu habites, ou si tu es en-dessous de l'âge consenti où tu vis, abandonne ce récit.  

Ce n'est pas la même Xena la Conquérante que dans d'autres histoires. Si tu t'attends à la sempiternelle Gabrielle qui rachète la Conquérante, ce n'est pas ça. Si tu t'attends à la même sempiternelle histoire de Gabrielle et de Xena voyageant ensemble, ce n'est pas ça.  


Pour tous les conseils et encouragements, je tiens à remercier Tori (qui a été là pour moi et m'a empêchée de tomber en lambeaux plus de fois que je ne peux m'en souvenir), Sandy (pour avoir tenu Tori quand elle-même me tenait), Val, Li, Kim, Dina, et Angie. Un remerciement spécial à la dernière personne de ma vie qui m'a montrée que les deux premières femmes de ma vie ne se sont pas envolées. Dernière, et non des moindres, le fantôme Kisser, eh bien, tu sais ...  

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Traduction: Cox



Chapitre 1
 
 Xena regardait par la fenêtre la lumière du soleil darder ses rayons sur les toits de la ville. Le discours monotone de l'agent de – de quelle ville s'agissait-il? Dermus? Doormouse? Draemus?  Oui, c'est ça, Draemus! - ne servait à rien mise à part lui donner envie de dormir. Elle n'avait vraiment aucune envie de rester assise à écouter un  sinistre individu lui détailler sa comptabilité, où allait l'argent et pourquoi certaines dépenses étaient vraiment nécessaires.  Quand ces idiots comprendraient-ils que tout ce qu'ils avaient à faire était de lui envoyer un parchemin avec les chiffres pour qu'elle les lise elle-même?  Au lieu de cela, ils voulaient tous se faire bien voir aux yeux de la Conquérante, se faire connaître d'elle, afin que peut-être, eux aussi, puissent un jour faire partie de l'entourage royal.

 "Donne-moi la dernière ligne, Trenus. De combien es-tu dans le rouge cette saison? demanda Xena, qui en avait marre de s'ennuyer.
 
 "Conquérante, je suis heureux de t'annoncer que nous avons sept mille dinars de plus suite à une abondante récolte."
 
 "Et qu'est-ce que tu envisages de faire de cet argent, Trenus?"
"Pourquoi? Le remettre  à l'Empire, bien sûr, Majesté."

Trenus se dit que Xena devait croire qu'il aurait bien gardé une partie de l'argent  pour lui.  Cela l'ennuyait, à la différence de certains chefs d'autres villages grecs, il savait que c'était dangereux.  La Conquérante ne tolérait pas que les responsables locaux croient pouvoir user des profits qui revenaient à l'Empire.  Située à la  frontière des régions Barbares du nord, Draemus était souvent la cible d'attaques  de petites bandes armées proches de la frontière et prêtes à envahir la Grèce au premier ordre.  Xena gardait une armée en garnison près du village pour aider à repousser les attaquants et le protéger. Rien que pour ça, Trenus était reconnaissant à la Conquérante.
 
La Conquérante se tourna vers le trésorier du royaume.  "Assure-toi que Trenus reçoive une prime de mille dinars pour son usage personnel comme  récompense à son honnêteté et à sa loyauté."
 
"Merci beaucoup, mon Seigneur," sourit Trenus. "J'ai hâte de te revoir à la prochaine récolte."  Il s'inclina et recula de trois pas avant de se tourner pour sortir.
 
"Qui est le prochain?"  demanda Xena.
Darphus fit un pas devant elle.
 
 "Majesté, nous en arrivons aux criminels devant être jugés et condamnés pour leurs transgressions envers le royaume et ses citoyens."
Xena se redressa un peu.  C'était une de ses tâches préférées -infliger un châtiment à ceux qui le méritaient, à tort ou à raison. Cinq hommes enchaînés furent amenés dans la salle du trône et se tinrent devant elle.
 
"Voici le premier" aboya Darphus.  Un grand homme rondouillet avec une barbe de trois jours et deux semaines de saleté avança d'un pas.
 
Xena murmura dans un souffle: "Son crime doit être de sentir le bouc."
 
 "Singis est accusé de vol qualifié pour avoir volé une miche de pain et dix dinars chez le boulanger d'un village voisin."
 
 "Qu'est-ce que tu as à dire pour ta défense avant que je ne prononce la sentence?" demanda Xena à l'accusé.
 
 "Votre Éminence, j'ai pris le pain pour nourrir mes enfants. Votre armée nous a laissés sans rien. J'ai pris l'argent pour acheter de la nourriture plus tard."
 
 "Pour le crime de vol, je te condamne à dix coups de fouet, suivis de dix jours au donjon, et ta main gauche sera tranchée pour te rappeler ce que tu as fait et  laisser ceux qui voudraient faire la même chose savoir comment la Destructrice des Nations traite ceux qui violent mes lois. "
 Xena regarda l'homme, visiblement secoué. "tu serviras d'exemple à des kilomètres à la ronde. Maintenant, va."
 Elle fit un léger signe de la main et le garde emmena l'homme.

"Suivant".
 Un petit homme maigre avec des chaînes maintenant ses bras autour de son corps s'avança. Xena fut surprise de voir qu'il s'agissait d'un de ses soldats.
Darphus émit un ricanement. "Algus est accusé d'avoir battu, puis violé la fille d'un citoyen de Poteidaia lorsqu'on a attaqué ce village il y a six lunes. Nous l'avons attrapé car, fin soul, il s'est mis a s'en vanter. "
Son commandant en second leva les yeux et vit une fureur sombre traverser les yeux bleus habituellement clairs de Xena.
 
 Elle se leva de son trône et descendit les marches jusqu'à ce se trouver nez à nez avec l'homme.
"Quand tu as rejoint mon armée, tu as juré d'obéir à mes ordres et à mes lois. Une de ces lois entraîne la peine de mort, et c'est celle que tu as choisi de transgresser. Le viol. Rien que le mot me dégoûte. Quel âge a la femme que tu a violée? "
 "Douze ans, madame, dit l'homme à voix basse.
 Xena explosa  "Douze ans? Mais au nom des dieux, à quoi pensais-tu?"
 
"Ca faisait longtemps que nous combattions, j'avais toute cette énergie en moi – que nous avions tous d'ailleurs – je devais la libérer en quelque sorte. Et je pensais que faire l'amour serait le meilleur moyen, madame"dit le soldat à voix basse, d'un ton neutre.
 
 "Ce que tu as fait n'était pas faire l'amour, salaud! Ce n'était rien de plus qu'utiliser ta force et ton pouvoir sur quelqu'un de plus petit et de plus faible que toi. Et M'appartenant, de surcroît!" Elle se tourna vers Darphus.  "Qu'est-il advenu de l'enfant qu'il a agressé?"
 
 "Elle est enceinte." répondit Darphus.
 
Les poings sur les hanches, l'impératrice se retourna vers le prisonnier. Elle parla de façon égale, sans émotion. "Pour le crime de viol, tu es condamné à mourir à MA façon." Elle retourna s'asseoir sur son trône. "Tu auras cinquante coups de fouet, puis tu seras émasculé, les deux en public. Si tu es encore vivant après cela, tu seras cloué nu sur une croix puis jeté dans un champ pour que la vermine vienne disposer de ta carcasse."

 Elle baissa les yeux et Darphus donna l'ordre à ses gardes d'emmener le prisonnier.  "Et encore une chose. tu donneras à Darphus le nom et l'adresse de ton plus proche parent masculin. Si la jeune fille meurt en couches, ou si le bébé meurt, cet homme subira la même peine que toi." Elle leva la main et fit un geste pour qu'on l'emmène.
 "Darphus, tu exécuteras sa peine devant les autres membres de son régiment, et tu donneras à chacun d'eux cinq coups de fouet pour ne pas l'avoir arrêté."
 
 "Oui, Altesse." Darphus sourit - il adorait distribuer les peines en nombre.
"Je suis trop énervée pour continuer. Distribue les peines habituelles. Je retourne dans mes quartiers.
"Oui, Impératrice," Darphus s'inclina quand elle se leva  pour quitter la salle du trône.
 
Chapitre 2
 
 Xena fit irruption dans ses quartiers et claqua la porte derrière elle avant de se laisser tomber sur le fauteuil derrière son bureau.
 
 Alinia, l'esclave personnelle de Xena, plaça un gobelet de vin dans sa main droite.  "Maîtresse?"  Xena leva les yeux vers elle, prit le gobelet et le vida.  Alinia le remplit de nouveau,  elle savait que quelque chose tracassait sa maîtresse.
L'esprit de la Conquérante était revenu à ce jour qui avait contribué à forger son indéfectible loi en matière d'agression sexuelle contre les femmes.
 
 L'adolescente Xena et sa meilleure amie Jennas se promenaient dans les bois, cueillant des mûres pour faire une tarte. Les deux jeunes filles étaient inséparables depuis toutes petites, courant à droite à gauche dans tout le village. Lorsque les villageois en apercevaient une, l'autre n'était jamais loin.
 
 Assises sur une couverture, les filles étaient en train de terminer un pique-nique -du fromage, de la viande et du pain que Cyrène avait emballé pour elles- quand il arriva. Xena ne sut jamais pour quel seigneur de guerre il travaillait, ni ce qu'il faisait dans cette partie de la Grèce d'ailleurs, bien qu'elle eut essayé pendant des années de l'apprendre, elle avait finalement décidé que ce salaud avait dû mourir dans la bataille. Elle avait juré de ne jamais oublier son nom, Dimitrios. Elle avait obtenu  beaucoup d'informations sur lui avant qu'il ne s'en aille.
 
Xena savait ce qu'il voulait, et fut déterminée à ce que Jennas ne soit pas blessée. Elle offrit son propre corps pour le satisfaire, mais il rit en la frappant à la mâchoire et elle tomba inconsciente sur le sol. Lorsqu'elle reprit conscience, elle s'aperçut qu'elle était attachée à un arbre, la chemise  déchirée exposant ses seins, et une douleur insupportable entre les jambes.  En travers de la couverture, à plusieurs mètres de là, Jennas gisait,  sans ses vêtements, le corps criblé de coups et d'ecchymoses.  Dimitrios n'était nulle part en vu. "Jennas?"  elle appela. Son amie revint à elle. "Jennas, peux-tu venir ici et me détacher?
 
 Jennas s'approcha à genoux et Xena découvrit son visage, couvert de blessures, comme si leur agresseur avait enfoncé son couteau dans la chair molle de façon anarchique, voulant tout simplement détruire la beauté qu'avait  jadis Jennas. Avalant avec peine, Xena sourit.
"Jennas, viens me détacher pour que je puisse t'emmener voir le guérisseur." Jennas prit un couteau et rampa vers l'arbre, puis coupa les cordes qui maintenaient Xena.  Elle prit aussitôt son amie dans ses bras et elles sanglotèrent ensemble.  Jennas ne voulait pas se détacher de Xena, alors elles marchèrent ensemble jusqu'à la couverture. La future Conquérante aux cheveux noirs enveloppa son amie dans la couverture puis la souleva pour la porter jusqu'au village qui se trouvait non loin.
 
 En traversant la place du village, quelques hommes lui proposèrent de porter Jennas, mais Xena refusa, leur demandant seulement de prévenir sa mère de la rejoindre chez le guérisseur.   Xena se tenait debout silencieusement tandis que le guérisseur soignait les nombreuses blessures de Jennas, Cyrène à ses côté, une main posée sur l'épaule de sa fille.  En raison du masque de haine sur le visage de Xena, personne ne demanda ce qui s'était passé, mais tous attendaient qu'elle le leur dise quand elle en ressentirait le besoin. Ce n'est que lorsque le guérisseur en eut fini avec les blessures visibles de la jeune fille que Xena parla.  "Elle a été violée." Le guérisseur hocha la tête et alla dans sa réserve pour prendre d'autres herbes. Cyrène regarda sa fille et pour la première fois, vit la chemise déchirée et le gonflement de sa mâchoire meurtrie. Une larme solitaire roula sur sa joue.
 
"Xena? As-tu aussi été violée?" demanda sa mère.  Xena soupira, hocha la tête, et se mit à raconter à sa mère ce qui s'était passé - du moins, ce qu'elle savait. Le guérisseur tendit une tasse de thé à la jeune fille.
 
 "C'est amer, mais ça t'aidera à guérir, là..." Xena hocha la tête et but rapidement, puis aida à maintenir Jennas pour qu'elle puisse boire la même concoction. Jennas n'avait pas dit un mot depuis que Xena l'avait amenée, et alors que Xena la regardait dans les yeux, elle ne vit aucune vie, aucune étincelle de ce qui avait été Jennas avant ce jour.  Et elle savait qu'il ne faudrait pas longtemps avant que son amie ne choisisse de mourir. En fait, ce fut deux lunes plus tard. Jennas disparut un jour et Xena fut envoyée à sa recherche, car c'était la seule personne à qui elle accepterait de répondre.  Lorsque Xena trouva son corps suspendu à l'arbre sous lequel l'agression avait eu lieu, la future guerrière jura de se venger. N'importe comment, elle retrouverait l'homme qui les avait violées et le violerait d'une manière plus odieuse encore.
 Alors que beaucoup de gens attribuent la naissance de la Conquérante à l'attaque d'Amphipolis par Cortese, Xena savait elle, que la Conquérante était née le jour où son amie Jennas s'était suicidée.
 
 Alinia la regardait avec anxiété. Elle était au service de la Conquérante depuis neuf saisons, avec amour et admiration - beaucoup plus que tous les autres esclaves que Xena avait eu dans sa maison - et avait gagné la confiance implicite et explicite de sa Maîtresse.  Elle était aussi la seule personne dans le royaume qui voyait le côté humain de la destructrice des nations. Mais Alinia était bien plus qu'une simple esclave de Xena - les deux amies avaient grandi à Amphipolis. Alinia connaissait la raison de la rage de Xena envers les crimes contre les femmes car elle avait vu le changement chez elle quand elle  avait porté le corps de Jennas pour les funérailles; elle était restée proche de Xena quand les autres commençaient à prendre de la distance.
 
 Lorsque Cortese avait attaqué le village, les parents d'Alinia furent assassinés. Xena avait pris l'orpheline sous son aile et depuis, elles étaient inséparables. Bien qu'Alinia n'approuvait pas tout ce que Xena avait fait, sans compter ses actes cruels envers les gens, elle était restée fidèle à son amie.  Elle était également la seule esclave de la Conquérante à n'avoir jamais été fouettée ou obligée de coucher, et elle pouvait lui parler ouvertement sans crainte de représailles.
 
 "Tu es en colère contre quelque chose en particulier?"
 
 "Oui. Contre les soldats qui violent des filles de douze ans."
Xena avala son gobelet et Alinia le lui remplit de nouveau. "PERSONNE n'a le droit d'abuser de mes sujets sauf MOI!" Elle avala une fois encore son gobelet de vin. "Amène-moi une de mes esclaves de corps. N'importe laquelle."
 
 Alinia hocha la tête et alla chercher une esclave. Vue l'humeur de Xena, la servante savait que la femme qui allait servir la Conquérante n'allait pas passer un bon moment et elle se demanda qui amener. Elle savait aussi qu'elle allait passer ce moment dans la cuisine - elle détestait entendre les cris de douleur.
 
 Xena retira rapidement sa robe de satin brodé chatoyante et enfila celle de brocart. Une vérification rapide de sa chambre lui confirma que tout ce qu'elle voulait utiliser était à sa place. Elle prit un fouet et un harnais de cuir et les posa là où elle pourrait facilement les attraper. Elle entendit la porte derrière elle s'ouvrir et se fermer sans bruit et se retourna pour voir son esclave. Elle sourit; Alinia avait bien choisi.
 "Viens, Sandria - tu sais ce que j'attends de toi."
 
 "Oui, Maîtresse."  La mince femme défit rapidement  ses vêtements et se dirigea vers une chaise contre le mur où elle commença à s'asseoir.
 
"Non, à genoux par-terre," Ordonna Xena.  "Face à la chaise."  La femme obéit et la Conquérante lui attacha les mains au-dessus de la tête sur le dos de la chaise, son ventre sur le siège. Elle écarta largement les jambes de l'esclave et les attacha chacune à un pied de la chaise, puis elle fit courir un doigt sur la fente de la femme.
"Mmm, tu es déjà mouillée. Bien."  Xena lécha son doigt et prit alors une petite boîte qu'elle plaça entre les jambes de la femme sans défense.
 
"Oui, madame. Pour vous madame."
Xena ouvrit une autre boîte et fit sortir quelque chose, puis tendit la main pour que Sandria puisse voir - un rat marron, d'environ six pouces de long. L'esclave écarquilla les yeux - c'était nouveau.
 
 "Sandria, mon petit ami ici a été spécialement formé pour des moments comme celui-là." 
Elle posa le rat sur la boîte, entre les jambes de l'esclave.  Les longues moustaches chatouillaient l'intérieur des cuisses de la femme, il reniflait l'air à la recherche de l'odeur pour laquelle il avait été entraîné. Glissant son museau entre les lèvres de la femme, il se mit à lécher le nectar qui s'y trouvait. Sandria se tortilla sous la langue du rat. Xena frappa violemment les fesses de l'esclave.

 "Ne bouge pas, salope!"
La langue du rat trouva le petit nerfs de plaisir et commença à le grignoter de ses longues dents.  Sandria cria quand les incisives coupantes attrapèrent son clitoris, faisant couler du sang et lui procurant une violente décharge de douleur. La piqûre d'une cravache sur ses fesses lui fit plus mal encore mais réduisit son hurlement à un gémissement. Les larmes coulaient sur ses joues alors que le rat grignotait plus fort et avalait le plus de sang possible.
 
 Xena était excitée et mouillait de plus en plus en voyant le clitoris de son esclave dévoré par le rat. Elle se pencha et prit la bête pour le remettre dans sa boîte.  Se retournant vers son esclave, elle fut étonnée par la quantité de sang qui coulait sur le plancher. Elle mit un doigt dans la flaque écarlate, le mit dans sa bouche et savoura le goût métallique. Cela seul pouvait l'amener à l'orgasme, mais une colère en elle devait être apaisée. Elle choisit un fouet sur le mur et le fit claquer devant elle.

 "Sandria, qui t'a entretenue depuis la dernière fois?" gronda la Conquérante.
 
 "Personne, madame "murmura l'esclave en essayant de répondre malgré la douleur atroce. Elle tressaillit quand le cuir mince mordit la peau de son dos. Elle parla fort, "Personne, madame, je le jure!"
Le fouet siffla à travers la pièce, la cisaillant à moins d'un pouce de la première entaille.
 
 "Alors avec qui parlais-tu dans la cour ?"
  "C'était Demetria, madame. Une des esclaves de Darphus. Nous sommes devenues amies. "
Le fouet continuait de frapper le dos et les fesses, faisant couler le sang qui se mélangeait à présent à celui déjà répandu sur le sol. Xena était dans un tel état que rien, exceptée la mort, ne pouvait arrêter la punition qu'elle infligeait à l'esclave. Elle échangea le fouet contre une cravache, utilisant l'instrument sur les talons de la femme, ses chevilles et ses mollets, puis sur l'arrière de ses cuisses. Sandria n'avait jamais connu telle douleur, n'avait jamais vu sa maîtresse infliger telle punition à quiconque. 
 
 Quand elle entendit le fouet tomber par-terre, Sandria leva les yeux, des larmes de douleur avaient souillé ses joues. Ses yeux s'écarquillèrent quand elle vit la Conquérante enlever sa robe, exhibant ce qui ressemblait à un membre masculin. Spécialement conçu pour l'impératrice du plus beau marbre noir, le phallus était plus long et plus épais que tout ce que Sandria avait jamais vu.
Effrayée, l'esclave se débattit contre ses liens, sachant que l'engin allait encore lui arracher des larmes. Rapidement, sa maîtresse se mit à genoux derrière elle, saisit ses hanches et poussa le phallus au fond de sa féminité tout en tirant la femme contre elle.

Sandria hurla en sentant sa chair se déchirer, ses cris ne faisant qu'accroitre l'excitation de Xena.  Lentement D'abord, puis de plus en plus fort, assez pour faire saigner de nouveau son clitoris, Xena bougea avec un rythme animal. Attrapant les petites épaules de la femme, les mains de Xena remontèrent progressivement jusqu'à ce enserrer le cou mince.  Serrant plus en plus fort, Sandria eut du mal à respirer, mais Xena ne lâcha pas. Ni ne remarqua quand Sandria devint molle, car elle continua ses mouvements jusqu'à ce qu'elle explose de jouissance, avant de s'effondrer sur la femme inerte.
 
Xena se souleva et retira le phallus. Elle détacha ensuite son esclave. Une fois ses liens enlevés, Sandria s'effondra dans la mare de sang. Xena la regarda un moment avant de poser deux doigts sur son cou pour sentir un pouls inexistant.
 
 "Merde!" dit-elle à voix haute.  "J'en ai encore tué une." Elle alla dans un coin à côté du grand lit et tira une corde. Alinia apparut très vite.
 
"Oui, Maîtresse?"  Elle essayait de ne pas regarder le carnage, ni tout le sang couvrant Xena.
 
 "Débarrasse-moi de ce foutoir et demande à quelqu'un de venir nettoyer."
Xena s'assit dans le fauteuil de son bureau, sans même se soucier de sa nudité.
 
"Oui, Maîtresse." Alinia s'arrêta pour couvrir le visage de Sandria avec une serviette, puis alla à la cuisine pour chercher l'aide dont elle avait besoin. Une demie-heure plus tard, Xena dormait dans la chambre principale, tandis que trois domestiques nettoyaient le sang à quatre pattes sur le sol. On retira le corps de Sandria qui fut amené à la fosse commune du cimetière pour y être enterré.
 
 Tous les membres du palais de Xena connaissaient son appétit sexuel; on les avait appelés plusieurs fois pour nettoyer les ravages de l'impératrice devenue folle avec certaines de ses esclaves de corps.  Mais ils savaient aussi que raconter cela au-delà des murs du château, c'était prendre le risque de subir le même châtiment, et aucun d'eux ne voulait cela. Ceux qui savaient ressentaient de la pitié  quand un nouvel esclave subissait les fantasmes de la Conquérante. Alors que les nouveaux esclaves pensaient que c'était un honneur de passer de simple servant à esclave de corps de Xena, ils n'avaient aucune idée que cela pouvait engendrer leur mort si la Conquérante le décidait. Une fois terminé avec son esclave, Xena tombait toujours dans un profond sommeil pendant 12 heures ou plus, et se réveillait ragaillardie.
 
Chapitre 3
 
Gabrielle remplit ses seaux à la fontaine et se dirigea vers la petite maison qu'elle partageait avec sa mère et sa sœur.  C'était difficile de gagner sa vie sous le règne de la Conquérante, mais elles étaient mieux loties que certains qui avaient du déménager à cause des combats acharnés dans le coin. Chaque jour, la jeune fille remerciait les dieux d'avoir un toit au-dessus de sa tête, et de la nourriture dans son assiette, ce n'était certes pas grâce aux soldats de l'armée de Xena, destructrice des nations.
 
 L'armée de Xena avait balayé Poteidaia six mois plus tôt, tuant un grand nombre de villageois, y compris le père de Gabrielle, alors même que le village avait capitulé. La curiosité de Gabrielle avait pris le dessus pendant qu'elle et sa sœur Lila étaient cachées dans la grange. Elle s'était recroquevillée pour pouvoir regarder dehors et voir ce qui se passait sur la place.  Son père était déjà étendu par-terre, mort, ainsi que dix autres hommes – des amis qu'elle connaissait depuis toute petite. Quand un soldat leva son épée pour frapper un autre villageois, un cercle doré tournoya dans les airs en sifflant et vint briser l'épée avant de revenir vers sa propriétaire - une magnifique femme sur un palomino doré. Gabrielle avait entendu les légendes sur la princesse guerrière et elle comprit aussitôt qui avait interrompu l'exécution.
 
"Darphus!" cria la femme.  "Que fais-tu? Ce village s'est rendu de bonne foi et tu débarques et tues tous les hommes? N'as-tu aucun honneur?"
 
L'homme pouilleux s'approcha d'elle.  "Ils n'allaient pas assez vite pour nous apporter ce que nous leur demandions, mon Seigneur."
 
"Alors, tu les a TUES??? Un avant-goût de ton fouet aurait suffi, pas la mort!"
 Même de là où elle se tenait, Gabrielle pouvait voir le lieutenant de Xena fulminer de cette humiliation devant ses hommes.

"Les clauses de leur capitulation inclus une disposition précisant qu'ils négocieront avec moi et moi seule. tu as rompu les termes du contrat." Dit-elle en sautant de son cheval.   "Pour m'avoir désobéi, tu recevras cinq coups de fouet. - Et que ce soit une leçon pour chacun d'entre vous. On ne frappe impunément sauf si on sait exactement ce que l'on fait. La différence entre un barbare et un guerrier, c'est l'honneur. Sans honneur, on est rien de plus qu'une machine à tuer. Avec l'honneur, on est quelqu'un de respecté et digne de confiance. Et si on ne peut pas avoir confiance en l'homme qui se bat à nos côtés, en qui peut on avoir confiance? "

 Elle passa devant la rangée de soldats au garde à vous puis examina les cadavres jonchant la place. Elle observa les maisons alentours, sachant que derrière les volets et les portes verrouillées, les villageois attendaient de savoir, apeurés, qui serait le prochain à mourir.

 "Les familles de chacun de ces hommes recevront cinquante dinars. Je sais que rien ne saurait ramener vos mari, père, frère et fils, mais ne laissez jamais dire que Xena la Conquérante tolère ce qui s'est passé ici aujourd'hui."
Après cela, la guerrière remonta à cheval et quitta le village.  Les soldats partirent lentement en ligne dans son sillage.
 
Depuis la mort de son père, Gabrielle avait travaillé dur pour que sa mère et sa sœur n'abandonnent pas et aillent de l'avant, pour simplement vivre.
Hécube et Hérodote furent marié 25 étés. Il avait été son premier amour et elle le sien. Même s''il avait été déçu qu'elle ne lui eusse pas donné un fils, il était fier de ses deux filles. Gabrielle avait toujours été têtue et indépendante alors que Lila adulait son père, cherchant constamment son approbation.
 
 Parce que ni Hécube ni Lila n'avaient vu ce qui s'était passé le jour de la mort d'Hérodote, elles vouèrent toutes deux une haine profonde pour la Conquérante. Gabrielle, toutefois, avait développé un intérêt pour cette Destructrice des Nations qui avait apparemment un code d'honneur. Xena était différente de tous les seigneurs de guerre dont Gabrielle avait entendu parler, et qui se souciaient guère des personnes tuée pour obtenir la victoire; elle avait impressionné la paysanne; cette fureur qu'elle avait montré en apprenant à ses hommes ce qu'il en coutait de massacrer des innocents.
 
Gabrielle posa les seaux sur l'évier  et s'assit pour reprendre son souffle.
 "Gabrielle!!"
 Elle fit un bond quand la porte s'ouvrit en grand, Lila se ruant vers elle.

 "Gabrielle!" dit-elle, surexcitée.
"Doucement, Lila. Qu'est-ce qu'il y a?"
"As-tu entendu les nouvelles? Ils ont attrapé le soldat qui a violé Naglus. Xena l'a condamné à une mort lente et douloureuse. Et si Naglus ou le bébé meurt, l'un de ses proches parents masculin mourra aussi!!"
 
"On dirait que la Conquérante a le sens de la justice, finalement," Fit remarquer Gabrielle.
 "Apparemment, la Conquérante était furieuse!"
 "Je veux bien le croire. J'ai toujours entendu dire qu'elle interdisait formellement à ses troupes de tuer femmes et enfants. Violer une femme est pire. Violer un enfant est impardonnable."
 Lila attrapa des biscuits dans le buffet et se laissa tomber sur une chaise pour les manger.

 "Eh bien, j'ai entendu dire que c'est une sacrée pourriture qui a signé un pacte avec Hadès en personne pour envoyer le plus d'âmes possibles dans le Tartare. Et n'oublie pas, elle a tué notre père."
 Gabrielle soupira, "Combien de fois vais-je te le dire, elle a puni les hommes qui ont tué notre père, et les autres, parce qu'ils avaient agi contre sa volonté."
"Je ne comprends pas comment on peut la défendre."
Hécube entra, un panier de légumes entre les mains. Gabrielle se leva, prit le panier de sa mère et le posa sur le comptoir. Puis elle versa un verre d'eau qu'elle tendit à la vieille femme fatiguée qui s'était assise sur sa chaise habituelle à table.

 "Je te remercie, ma belle." Elle but une longue rasade avant de reposer le verre sur la table. "Qu'avez-vous prévu aujourd'hui?"
 
Lila fronça les sourcils. "Nous parlions de la Conquérante".
 
 Un sourire fatigué franchit les lèvres de sa mère. "Oui, c'est le grand sujet de conversation sur le marché. La mère de Naglus a pleuré de joie en apprenant que la tragédie de sa fille ne resterait pas impunie. "
 
 Gabrielle s'éclaircit la gorge, hésitant à changer de sujet. "Maman, il est temps pour moi d'aller rendre visite à grand-mère."
La mère d'Hécube vivait dans une ferme à deux jours de voyage de Poteidaia.  Gabrielle et son père faisaient le voyage plusieurs fois par saison pour en ramener de la nourriture, des médicaments et d'autres affaires; ils y restaient plusieurs jours, ou même une demi-lune, et donnaient un coup de main à la ferme. La vieille femme, malgré tous leurs efforts, refusait de déménager à Poteidaia où s'occuper d'elle aurait été plus facile. Depuis la mort de son père, Gabrielle faisait le voyage seule.
 
Hécube soupira. "Tu as raison, évidemment. La neige viendra bien assez tôt. Quand veux-tu partir?"
 
 "Demain, mère. Les nuits commencent déjà à être froides. Lila et moi pouvons passer le reste de la journée à préparer le chariot."
 Lila eut l'air contrarié. "Je voulais aller nager cet après-midi."
 
Hécube sourit à sa fille cadette.  "Si tu te dépêches, tu auras toujours le temps de te baigner avant le souper." Lila se radoucit et se dirigea vers la porte mais Gabrielle aperçut l'inquiétude sur le visage de sa mère qui lui dit: "Vas-y, Gab."

 Avec un enthousiasme typique d'adolescente, elle bondit vers la porte.
  "OK." Gabrielle se tourna vers sa mère.
"Je vais bien. Tu sais que des gens ont disparu récemment, ma fille."  Hécube se tut un instant.  "Et j'ai fait un rêve cette nuit."
  "Je serai très prudente. Et c'est un rêve qui ne se réalisera PAS."
 "Je prie les dieux pour que tu aies raison. Au premier ennui, tu cours, Gabrielle. Je ne veux pas te perdre, toi aussi."
"Je resterai sur la route principale et ne prendrai pas les petits chemins, mère. Je serai de retour dans moins d'un cycle de lune."
 
 Après trois heures, Gabrielle eut besoin de faire une pause. Lila revint à la maison, prépara deux verres d'eau et les apporta dehors.  Elle en tendit un à Gabrielle, qui se reposait sous un arbre, et s'assit sur un banc à côté.  "Merci, Lila", Gabrielle avala une gorgée du liquide frais.
 
 "Que fais-tu chez grand-mère, Gab? Ça doit être terriblement ennuyeux."
"Non, pas vraiment.  Je l'aide à ramasser suffisamment de nourriture pour les lunes à venir - saler ou fumer la viande, stocker les légumes dans la cave, des trucs comme ça."
 
 "Mais de quoi parlez-vous toute la journée?"
"Elle me raconte des histoires – celles que je raconte à l'auberge pendant les festivals. Et elle m'enseigne les herbes et comment devenir guérisseur." Gabrielle se tut. "Et elle me raconte beaucoup de choses sur maman quand elle était petite. Tu sais, d'après ce que dit grand-mère, tu lui ressembles beaucoup."
"Vraiment?"  demanda Lila.  "Comment?"
 
"Apparemment, mère était un garçon manqué jusqu'à ce qu'elle rencontre père." Lila rougit. "Elle aimait pêcher, se baigner, ce genre de choses."
 
 "Mère? NOTRE mère?"
 
 "Oui, notre mère." Gabrielle termina son verre.  "Je peux finir le chargement du charriot. Pars, va te baigner."
 
 "Merci, Gab!"
Lila se leva d'un bond et disparut. Secouant la tête avec amusement, Gabrielle finit de charger le matériel, recouvrit le tout d'une bâche en toile et partit aider sa mère à préparer le dîner.
   

Chapitre 4

 
"Darphus!"  Xena la Conquérante était agitée.  Cela faisait des mois qu'elle n'était pas allée en ville et des semaines qu'elle ne s'était pas aventuré hors de l'enceinte du château.  Ses yeux d'un bleu de glace virent son commandant en second se glisser dans la pièce et s'incliner devant son trône. Elle le sentit se rapprocher et s'efforça de ne pas avoir un haut le cœur – sale et pas rasé depuis des semaines- son odeur le précédait d'au moins dix pas.
 
"Tu m'as fait appeler, Impératrice?
 "Je veux aller chasser. Je me sens prisonnière dans mon propre château. J'ai besoin de sortir et de respirer l'air pur, sentir le soleil sur mon visage."
."Mais Impératrice," Darphus sourit, "il est toujours dangereux pour toi de sortir. Mes hommes ont encore découvert des poches de résistance, je t'en ai parlé. Dès que nous nous débarrassons d'un, un autre apparaît. Et je ne voudrais pas que l'on dise que la destructrice des nations a été tuée parce que je n'ai pas fait mon travail. "
 
 Xena le regarda attentivement, ne sachant si elle devait le croire ou non. Si ses troupes ne pouvaient pas écraser quelques paysans mécontents, peut-être qu'il était temps pour elle de songer à le remplacer.  "Très bien, Darphus. Je vous donne, à toi et à tes hommes, une semaine de plus. Si les choses ne se sont pas arrangées d'ici là, je trouverai quelqu'un qui pourra faire le travail. Est-ce compris?"
 
 "Oui, Conquérante. Y a t-il autre chose?"
   "Oui. Prends un bain, et utilise du savon. Je ne veux pas qu'il y ait sous mon commandement  quelqu'un qui sent comme s'il venait de se rouler dans une porcherie. N'importe quel ennemi peut te détecter à un kilomètre."
 Elle se tourna vers son esclave personnel. "Ouvre les fenêtres pour nous débarrasser de cette puanteur." L'esclave s'inclina et alla ouvrir les fenêtres pour laisser entrer l'air frais.
 
 Darphus s'inclina et recula de plusieurs pas avant de se retourner et sortir. Xena se dirigea vers la fenêtre et inspira profondément plusieurs fois, essayant de débarrasser ses sinus de cette odeur nauséabonde.
 
Prendre un bain, tu parles! Darphus fulminait en quittant le bureau de la Conquérante. Depuis le temps que je suis avec toi, voilà encore une chose que tu regretteras de m'avoir dite!

En fait, l'idée d'une chasse plaisait à Darphus.  Lui et quelques autres complotaient depuis plusieurs lunes sur la meilleure façon de débarrasser l'empire de Xena et de reprendre son gouvernement.  Tant de choses peuvent arriver lors une chasse qui pouvaient causer la mort d'un chasseur, personne n'y réfléchirait à deux fois en apprenant que la Conquérante avait été si grièvement blessée qu'elle n'avait pas survécu. Et avec les lois actuelles sur la succession, il était en première ligne pour devenir empereur. Il eut un petit rire. Cette salope pense vraiment pouvoir me faire confiance! Elle me donne une semaine pour planifier sa propre mort! Il courut retrouver Jamus, son lieutenant, pour élaborer un plan.
 
 Xena soupira et retourna à son bureau.  Elle connaissait le désir de Darphus à reprendre son poste d'empereur du Monde depuis plusieurs semaines maintenant - depuis que son nouvel esclave de corps le lui avait révélé, avec un peu de persuasion, bien sûr. C'était toute l'utilité de récupérer les  esclaves de Darphus - elle apprenait beaucoup sur les réflexions et les plans de son commandant. Et Darphus prêtant peu d'attention à ses esclaves, il ne savait jamais quand l'un partait et l'autre le remplaçait. Une fois que Xena leur avait soutiré ce qu'elle avait besoin de savoir, les esclaves disparaissaient et on ne les revoyait jamais.
 
 "Es-tu sûre qu'aller à la chasse est une bonne idée?" demanda Alinia. "Tu pourrais être blessée ou tuée, si lord Darphus le décidait."  Les yeux marrons de l'esclave transpiraient la peur qu'elle ressentait pour la sécurité de sa maîtresse.
 
 La Conquérante sourit.  "Je compte sur lui pour sauter sur l'occasion et essayer. Mais il ne sait pas que je connais ses plans pour me renverser et prendre ma place. Cela me donne l'avantage." Elle prit un rouleau, commença à le lire, puis le reposa.  "J'ai besoin que tu fasses une chose pour moi, Alinia."
 
 "Oui, madame. Tout ce que tu veux."
 
Xena se leva et se dirigea vers la fenêtre.  "Trouve mes cuirs et mon armure. Je ne vais pas attendre la semaine que je lui ai donné, je pars ce soir, seule. Demande au maître d'écurie de préparer Argo comme pour une petite promenade dans la cour, et menace-le de perdre des morceaux de son corps s'il en parle à quelqu'un. "
 
"Seule? demanda Alinia, inquiète.  "Je ne viens pas avec toi?"
 "Oui, Alinia, seule. Prépare les sacoches avec assez de provisions pour un quart de lune ainsi que ma couverture et toutes les affaires que je prends habituellement. Pendant mon absence, je veux que tu saches quel esclave de Darphus ou de Jamus connait leurs plans pour que je puisse lui soutirer les informations dont j'aurai besoin. Lorsque tu le sauras, amène-moi cet esclave ici."
 
Alinia hocha la tête. "Oui, madame. Il ne sera pas trop difficile à trouver. Donne-leur un peu trop de vin et ils se vantent de ce qu'ils ont entendu."
 
"Ne te mets pas en danger", l'avertit Xena.
 
"Je ne le ferai pas, madame" Alinia sourit. Personne n'imagine Xena, vainqueur des nations, se soucier du bien-être d'une modeste esclave. "Y a t-il autre chose que je peux faire pour toi, Madame?"
"Non, tiens-toi prête - je veux partir après le coucher du soleil."
 "Que vais-je dire à ceux qui voudront te voir?"
 "Euh, dis-leur que j'ai mes saignements mensuels – personne ne veut être près de moi à ce moment-là."
 
"Et pour tes esclaves de corps? ils se demanderont sûrement pourquoi tu ne les fais pas appeler?"
 
"Dis-leur que j'en ai trouvé une autre pour l'instant et je leur donne un congé. Ou amène-les ici, fais-les boire, donne-leur de l'herbe amnésique, et couche avec eux. Ils ne verront pas la différence. " Alinia rougit. 

"Ah oui, c'est vrai, tu n'as pas besoin d'autant de sexe que moi. Ça me fait penser, vérifie que j'ai une centaine de dinars au cas où j'aurais besoin d'argent. Pas d'or -trouve-moi le genre d'argent que les roturiers utilisent. " Xena sourit.  "Va maintenant - il y a beaucoup à faire."
 
 "Oui, madame, Alinia hocha la tête. Elle vit un bel éclat dans les yeux de Xena – un air heureux qu'elle n'avait pas vu depuis très longtemps. L'esclave sortit remettre le message au capitaine des écuries, puis revint et commença à préparer le départ de la Conquérante.
 
                                                                      ***** ******

L'obscurité commençait à tomber, le soleil se glissant derrière l'horizon. Les activités du jour s'arrêtèrent lentement et celles de la nuit prirent le relai.
Xena avait revêtu ses cuirs, l'odeur et la texture lui rappelèrent quelques merveilleux souvenirs. "Alinia, tu as fait un excellent travail en les conservant comme ça."
"Merci, madame" l'esclave rougit. Elle aida sa maîtresse à enfiler son armure, ses cretons, ses bracelets et ses épaulettes, puis elle lui tendit son épée favorite et son chakram pour achever la transformation de Xena, l'impératrice du Monde en Xena, guerrière et chasseresse.
 
Xena sautilla sur place pour tout mettre en place. "Par les dieux, ça me va encore. J'étais un peu inquiète que toute cette nourriture un peu trop riche ne me rendent trop grosse pour mes cuirs."
 
 "Pas du tout, madame. tu es magnifique!" Xena sourit.  "S'il te plaît sois prudente, Xena" la Conquérante savait que c'était très difficile pour sa vieille amie de l'appeler par son prénom.
 
 "Promis. Si je ne suis pas revenue dans deux quarts de lune, ou si tu as un problème et que je dois revenir, envoie Callas me chercher. J'irai en direction du nord, il y a un endroit censé être le territoire des plus beaux sanglier de Grèce. C'est à une journée d'ici. Callas sait où c'est. "

 Elle posa sa main sur l'épaule de son esclave. "Tu as ma permission pour faire ce qu'il faut pour convaincre les gens que je suis toujours là, y compris te faire passer pour moi si besoin. Essaye de ne pas contrarier Darphus, d'accord?"
 
L'esclave se rapprocha de la Conquérante.
 "Tu vas me manquer."

Ses lèvres quémandèrent timidement un baiser à sa vieille amie. Xena captura sa bouche et la dévora avec une passion qu'elle n'avait jamais montré avec ses esclaves de corps. Elle attira Alinia plus près d'elle. La Conquérante glissa sa main sous la tunique de sa servante et trouva un mamelon dressé qu'elle pinça et roula entre le pouce et l'index.  La servante sentit son désir monter rapidement. Elle haletait. "Xena, s'il te plaît. Prends-moi. Maintenant ..."
Xena se pencha sur le grand lit décoré. "Tu sais ce que je veux, Alinia."
 
L'esclave hocha la tête, et se tint debout dans le champ de vision de Xena, commençant lentement à se déshabiller. Xena l'étudia avec un œil exercé, savourant les mamelons sombres entourés d'une mer de chair brune. Glissant ses doigt sous sa culotte blanche, Alinia la fit lentement glisser le long de ses jambes pour la retirer. Xena eut l'eau à la bouche quand le sexe recouvert de poils noirs et crépus lui fut révélé, et il lui fallut toutes ses compétences pour ne pas se jeter hors du lit et prendre son esclave à même le sol.
 
Alinia s'approcha et se tint là, attendant la permission.  Xena fit un léger signe de tête et l'esclave rampa sur le lit avant de se mettre à cheval sur la poitrine de la guerrière. Xena se tortilla pour descendre un peu entre les cuisses d'Alinia et faire en sorte que sa bouche et son nez soient au plus près du nectar musqué. Alinia se baissa lentement jusqu'à ce que son sexe recouvre complètement son visage, ses genoux épinglant les bras de la guerrière sur le lit.

Elle oscilla d'avant en arrière pendant que la langue de la conquérante cherchait le nectar  produit juste pour elle. Xena cala sa respiration sur les mouvements d'Alinia qui laissait un petit intervalle entre chacune de ses oscillations. Cela renforça les sens de Xena, la chatte de son amante était devenue le centre du monde.
 
Ses lèvres, sa langue et ses dents consumaient la chair tendre. Alinia se mordit l'intérieur de la joue jusqu'au sang pour lutter contre l'envie d'enfouir ses doigts dans les cheveux corbeau de sa maîtresse. Au lieu de cela, elle empoigna les soyeux draps de soie quand elle se sentit aspirer vers le haut. De plus en plus vite, elle bougea ses hanches sur la langue de Xena jusqu'à ce qu'elle se raidisse et explose. Xena lécha avidement chaque goutte. Finalement, la guerrière grogna de plaisir et Alinia s'effondra sur elle, avant de basculer sur le lit à côté d'elle. Elle se tourna et se glissa dans ses bras.
 
Elles restèrent allongées ainsi une demie-heure, savourant la proximité qu'elles partageaient. Enfin Xena s'agita. "Il faut que je parte avant que Darphus n'arrive et ne me voit dans mes cuirs."
Alinia soupira et se leva pour aider la Conquérante à se préparer. Elle la serra longuement dans ses bras.
 
"Fais TRES attention, s'il te plaît."
"Oui. Je te le promets." Xena serra l'épaule de son amie, sourit et se retourna pour sortir par une porte secrète qu'elle avait trouvée un jour en explorant ses quartiers. Avec trois destinations possibles - l'écurie, l'extérieur du château, et la Grande salle où la majorité des affaires étaient menées - Xena pouvait aller et venir sans que personne ne le sache. Elle avait très peu utilisé ces passages, craignant que Darphus ou l'un de ses comparses ne les découvrent et ne les ferment pendant qu'elle était à l'intérieur, la piégeant de façon horrible.
Une torche à la main pour éclairer le chemin, la Conquérante se rendit à l'écurie.
 
Chapitre 5
 
Darphus allait et venait dans ses quartiers. Plus petit que ceux de la Conquérante, ils étaient un peu moins luxueux, une source de fierté pour le fils d'une prostituée d'Athènes. Il n'avait grandi qu'avec le strict minimum, et gagné sa vie seul, quand sa mère mourut de la variole. Il avait huit ans.
Il avait volé, était devenu proxénète, allant jusqu'à se prostituer lui-même à de riches Athéniens, et il en voulait toujours plus - argent, pouvoir, stature, respect. Et bien que le statut de commandement en second de la Conquérante lui offrait une partie de ce qu'il désirait, il était encore très insatisfait, et plusieurs fois, son ambition avait dépassé le bon sens.
 
 "Comment cela a t-il pu arriver?" rugit-il en agitant un parchemin. Un messager lui avait rapporté que la Conquérante avait été vue la veille dans un village à vingt lieues de Poteidaia - l'identification avait été vérifiée. "Comment a-t-elle pu sortir du château sans que personne ne la voit?!"
 
"Mon Seigneur, c'est LA Conquérante, et sa mort scellera les lèvres de tous", répondit le messager, un petit homme timide d'âge indéterminé qui ne savait pas qu'à l'instant même où il parlait,  sa vie était terminée.
 
Darphus s'arrêta et le regarda. "Tigus!!!" il hurla. l'esclave personnel de Darphus apparut de derrière un rideau.
"Oui, Maître?" dit-il en s'inclinant.
"Je veux que tu parles aux autres – les esclaves en cuisine, ceux de la maison, et même les esclaves de Xena. Trouve quand elle est partie et comment elle est sortie de la ville sans être vue. Esclave" Darphus réfléchit un moment. "Essaie de savoir où elle est partie et quand elle compte revenir."
 
"Tout de suite, mon seigneur," dit l'esclave, en se retirant, la tête toujours vers son maître. Une fois sorti, il se redressa et courut à la cuisine.
 
Le commandant en second en quête de pouvoir regardait par la fenêtre qui donnait sur la cour en jouant avec un poignard.
 Peut-être que cela pourrait se retourner à mon avantage, pensa-t-il. Je pourrais faire en sorte que les gens pensent que Xena les a abandonnés, ou qu'elle est devenue folle et a dû être enfermée pour la sécurité de tous y compris la sienne.
J'aurais voulu la tuer moi-même, mais vaut mieux envoyer un tueur et faire croire que je n'ai rien à voir avec sa mort. La rendre martyr pour l'Empire. Oui! Ça y est! Son corps sera retrouvé et ramené ici pour des funérailles d'État, avec tous les mérites d'une impératrice. Non pas que cette chienne le mérite vraiment.  Si ça ne tenait qu'à moi, je la donnerai aux vautours. Il soupira. Par les dieux, je déteste avoir à sauvegarder les apparences comme ça, mais des funérailles d'État permettront à chacun de constater qu'elle est bien morte.
 Maintenant, qui puis-je envoyer pour la tuer quand je saurai où elle se trouve?

Il se dirigea vers son bureau et ne remarqua pas le sang qui coulait de la main; il s'était coupé en prenant le poignard par la lame.
 

Chapitre 6

 
Le premier jour sur la route se fit sans incident. Encore trois heures de trajet le lendemain et Gabrielle serait chez sa grand-mère.
Elle mena le lourd chariot hors de la route et traversa un bois vers une petite zone où son père et elle avaient souvent campé. L'endroit était herbeux, planté de quelques arbres et traversé par un petit ruisseau. L'herbe faisait un bon pâturage pour son cheval et un foyer creusé dans le sol depuis longtemps lui fournissait un bon endroit pour faire cuire son dîner. Le bois n'était pas un problème car une règle tacite disait que les campeurs devaient remplacer celui qu'ils avaient utilisé sur le tas à proximité.
 
Après avoir étalé sa couverture sous le charriot en cas de mauvais temps pendant la nuit, elle avala un petit dîner avant d'aller à la rivière pour se laver le visage et les mains. Les empreintes de pas dans la boue le long du rivage lui rappelèrent ce que son père lui disait toujours: rester sur ses gardes. Les animaux sauvages comme les pumas, les sangliers et les ours se rendaient souvent à cette rivière pour boire, et n'importe lequel d'entre eux pouvaient l'attaquer.

Elle finit ses tâches rapidement puis se précipita vers la sécurité toute relative du charriot, se demandant s'il valait mieux dormir dans le charriot ou en-dessous. Il ne lui fallut que quelques minutes pour se préparer un endroit confortable sur des sacs de céréales et se préparer pour la nuit.
 
Quand le jour se leva, la jeune femme remplit rapidement ses corvées afin de reprendre la route. Même si elle appréciait d'aller voir sa grand-mère, elle détestait passer beaucoup de temps sur la route pour y parvenir.  Le voyage était vraiment ennuyeux sans son père à qui parler - elle aurait dû emmener Lila.

Elle regardait constamment autour d'elle tout en progressant, cherchant à la fois le danger et quelque chose qui pourrait déclencher une nouvelle histoire à raconter à sa grand-mère afin d'obtenir des conseils sur la façon de la peaufiner et de l'utiliser au concours des bardes lors du prochain festival. Ses yeux furent attirés par un bruit de branche se cassant. Ou juste un écureuil, conclut-elle en riant, soulagée de voir la petite créature à fourrure traverser le chemin, une grosse noisette entre les dents.

"Je me demande où cet écureuil a trouvé une si grosse noisette? " Elle chercha autour d'elle un arbre avec des noisettes, mais n'en vit aucun. " Peut-être que l'écureuil est un maraudeur? Gabrielle écarquilla les yeux en imaginant l'écureuil en costume de maraudeur, un vieux pantalon troué et une tunique de cuir miteuse.
"Et il fabrique des flèches avec des brindilles, et utilise les plus grandes pour faire des bâtons."
L'esprit de la jeune femme était en plein délire de barde, se racontant une histoire extravagante, et, sans s'en rendre compte, elle se retrouva devant la petite maison qu'elle connaissait si bien.
 
 "Grand-mère!" Appela-t-elle en descendant du charriot.  "C'est moi, Gabrielle! "
 Elle attacha son cheval au poteau du porche et entra. Tout était calme. Trop calme. Au moment où elle atteignit le porche, elle comprit que quelque chose clochait.
Timidement, elle ouvrit la porte et entra. Les deux pièces de la maison étaient vides. Elle et se dirigea vers l'étable quand elle aperçut une voisine de sa grand-mère courir sur la route.
"Gabrielle!" La jeune femme était à bout de souffle.
 
"Victria! Où est ma grand-mère?"
 Victria s'arrêta à deux longueurs de là et prit la main de Gabrielle, le temps de récupérer. Après un moment, Gabrielle s'impatienta.  "Victria?"
 
Elle avala et prit une inspiration.
"Par les dieux, Gabrielle, je suis désolée d'être la première à te le dire. Ta grand-mère a rejoint les Champs-Elysées il y a deux jours."
Des larmes coulèrent sur  les joues de Gabrielle.

"Ça s'est passé paisiblement. Elle était malade, et ma mère l'a amenée à la maison pour s'occuper d'elle. Avant qu'elle ne trépasse, elle a demandé un parchemin et une plume, et m'a donné ça pour toi." Elle lui tendit un morceau de parchemin plié.
 "Nous l'avons enterrée à côté de ton grand-père."
 
Gabrielle regarda le parchemin sans vraiment le voir. Sa grand-mère, son mentor, son amie avait disparu.
"Je te remercie Victria. tu as toujours été une amie merveilleuse."
Gabrielle étreignit la femme aux cheveux noirs.
 
 Victria lui rendit son étreinte.
"Tu sais que je serai toujours là pour toi. Nous nous connaissons depuis notre enfance, peut-être même avant, dans une autre vie, qui sait."
Gabrielle sourit. "Peut-être. Nous avons passé de bons moments. Rappelle-toi quand tu m'as accusée d'avoir envoyé des mots d'amour à ton petit ami. Tu ne m'as pas cru quand je t'ai dit que je ne l'avais pas fait!"
 
 "Nous ne nous sommes pas parlé depuis longtemps et je ne pensais pas que nous parviendrions à nous retrouver proches amies de nouveau."
 
Gabrielle regarda le parchemin dans sa main.
 "Je vais rentrer et lire le mot de ma grand-mère, et j'irai sur sa tombe. Je te remercie de t'être occupée de tout. Tu reviendras demain?"
 
"Bien sûr," Dit la jeune femme en souriant. "Je te ramènerai du pain aux noix."
 
 Gabrielle sourit tristement à son amie puis retourna dans la maison. Victria regarda la porte se refermer et reprit lentement son chemin.
Après avoir mis un peu d'eau de sa gourde dans un gobelet, Gabrielle s'assit à table et déplia le parchemin.
 
Mon enfant,
 Si tu lis ceci, tu sais que je suis aux Champs-Elysées.  Mon trépas fut, je l'espère paisible, mais je laisse cette vie, troublée par des visions de toi que j'ai depuis deux lunes – des visions de ta mort. Je ne sais pas comment ou par quelle main, mais rien ne pourra l'éviter.
 
 La seule raison pour laquelle je veux que tu prennes connaissance de ces visions c'est pour que tu puisses préparer ce que tu lègueras ici, dans cette maison. À cette fin, cachés dans notre endroit secret, se trouvent deux douzaines de rouleaux, des bouteilles d'encre, et des plumes.
Je veux que tu retranscrives nos histoires afin que d'autres puissent les lire et les apprécier.  Laisse-les sur la table, et à la grâce des Muses, un voyageur égaré les apportera dans les plus grandes bibliothèques d'Athènes ou de Sparte pour qu'elles soient conservées pour l'éternité.
 
Tu as toujours été spéciale, Gabrielle, et Hadès doit avoir quelque chose de très spécial aussi pour vouloir que tu le rejoignes à l'Elysées. N'aie pas peur de ta mort. Célèbre-la. Ton grand-père, mon père et moi serons là pour t'accueillir quand le bateau de Chiron abordera. Jusque-là, mon enfant, je serai là,
 
Ta grand-mère qui t'aime.
 
Gabrielle relit la lettre, essayant de comprendre le sens des visions de sa grand-mère.  Gabrielle et son aïeule avait été bénies par le don de voyance, et elles avaient souvent eu les mêmes visions. Mais dans ce cas précis, Gabrielle n'avait pas eu les visions mentionnées dans le parchemin.
 
 
Chapitre 7


La Conquérante était accroupie entre deux branches juste au-dessus du chemin que les animaux empruntaient. Elle traquait ce qui semblait être un gros sanglier vue la taille des empreintes qu'il avait laissé sur la piste. Il avait marché vers un petit ruisseau avant de revenir sur ses pas. En chasseresse expérimentée, Xena savait que, face au vent, elle prenait un risque. Avoir attaché son cheval loin pour éviter que le sanglier ne sente son odeur, et avoir escaladé un arbre pour que sa propre odeur attire la bête, lui donnaient de bonnes chances de prendre le sanglier par surprise avant de le tuer.
 
 Elle avait séjourné à l'auberge de Poteidaia deux nuits plus tôt et maintenant la chaleur du lit pour lequel elle avait payé lui manquait.  Les chambres étaient effectivement mieux que ce qu'elle avait prévu, lui rappelant l'auberge que sa mère tenait à Amphipolis. Personne ne l'avait reconnue lors de son dîner, et elle s'était assise pour observer les habitants en buvant quelques verres de porto. En fait elle s'était sentie détendue pour la première fois depuis longtemps.
Dos au mur et face à la porte, elle écoutait les gens autour d'elle parler des événements de leur vie, leurs soucis et leurs problèmes, les potins du coin, et fut même surprise d'entendre parler de la peine qu'elle avait infligée au soldat qui avait agressé une jeune fille du village. Fait intéressant, ils étaient d'accord avec la sévérité de sa décision, et même, plusieurs avaient applaudi.

 Voyageant incognito, elle avait découvert les problèmes liés aux officiels qu'elle avait mis en place dans la province et décida de s'occuper d'eux à son retour à Corinthe.  L'aubergiste remplit son gobelet à plusieurs reprises et lui fit remarquer qu'il était dommage qu'elle soit arrivée un soir où Gabrielle, la barde du village, n'était pas disponible. Peut-être que la jeune femme serait disponible pour raconter des histoires quand cette grande et sombre inconnue reviendrait. Xena  sourit simplement et dit qu'elle l'espérait aussi car elle aimait entendre des histoires bien racontée.
 
 Xena entendit quelque chose bouger dans les broussailles. Elle taillait une flèche tout en observant alentours. Les bruits évidents d'un sanglier cherchant de la nourriture monta jusqu'à ses oreilles et elle se figea, ne voulant pas qu'un mouvement brusque attire son attention. Comme il approchait lentement, elle  analysa ses défenses – longues, aiguisées comme des lames de rasoir jusqu'à sa mâchoire inférieure,, et des sabots fendus qui semblaient aussi tranchants que l'épée de la guerrière.   Doucement, elle tendit la corde de son arc, en équilibre sur la pointe des pieds, et attendit que le sanglier soit dans sa ligne de mire. Serpentant lentement le long du sentier, le sanglier s'arrêta et huma l'air, reniflant l'odeur d'un ennemi invisible, puis il se dirigea vers l'arbre dans lequel la Conquérante attendait.
 
Lorsque l'animal fut suffisamment près, Xena tira sa flèche qui fila droit sur sa cible. Elle s'enfonça dans les côtes du sanglier et lui perça le cœur. Grognant de rage et de douleur, le sanglier tourna en rond pour tenter de déloger ce qui le blessait. Il se frotta contre un rocher, ce qui ne fit qu'enfoncer un peu plus profondément la flèche. Sa mauvaise vue lui fit prendre l'arbre pour un ennemi et il chargea, le frappant de plein fouet avant de le secouer violemment. Xena vacilla et tenta de garder son équilibre.
 
Le puma qui guettait le sanglier sentit le sang et entra en action; il sauta en l'air et atterrit sur le dos de l'animal blessé. Ses griffes acérées déchirèrent la gorge de sa proie, envoyant du sang  partout. Le sanglier fit quelques pas avant de s'effondrer. A cet instant, la Conquérante perdit sa bataille contre la gravité et tomba de sa branche pour atterrir sur le sanglier. Sa jambe s'empala sur l'une de ses défenses, perçant presque l'os, sectionnant une artère, et son sang se mélangea à celui de l'animal. Le puma, surpris de voir un être humain à sa portée, s'arrêta brusquement avant de se lancer sur la femme étendue face contre terre.
 
Xena entendit le rugissement du puma et leva les yeux; il se précipitait sur elle, furieux.  Elle leva automatiquement  les bras pour tenter de le détourner, mais il était trop puissant et il atterrit sur elle. Ses dents et ses griffes l'attaquaient de partout, déchirant ses cuirs, laissant des marques et des éraflures sur sa peau.  Elle tenta de le frapper de ses poings, en vain, puis réussit à atteindre son chakram qui était tombé de sa ceinture lors de sa chute. Essayant de trouver le bon angle, elle cisailla la peau du puma plusieurs fois, le faisant rugir de douleur. Elle sentit ses forces l'abandonner suite à la perte de sang. Enfin, le puma releva assez la tête pour qu'elle puisse glisser son chakram sous son menton et lui trancher la gorge. Le puma se figea avant de tomber à côté d'elle, mort.
Xena gisait là, reprenant son souffle et ralentissant les battements de son cœur.
 
 Une fois sa respiration et ses battements de cœur revenus à la normale, la Conquérante rampa pour s'appuyer contre un arbre et faire le compte de ses blessures. Plusieurs petites plaies cicatriseraient rapidement d'elles-mêmes. Sa jambe l'embêtait plus - son sang giclait au rythme de ses pulsations cardiaques. Récupérant son arc, elle retira la corde qu'elle enroula autour de sa jambe. L'hémorragie diminua, ne devenant plus qu'un filet.

Ayant soigné des milliers de blessures sur les champ de bataille, Xena savait qu'elle avait besoin d'aide et tout de suite. Mais où? Elle était passée devant plusieurs petites fermes sur le chemin - peut-être que quelqu'un pourrait l'aider. Elle avait des vertiges et devait agir rapidement. Elle mit deux doigts couverts de sang dans sa bouche et siffla fortement. Quelques instants plus tard, Argo apparut dans la clairière.
 
 Argo contourna le puma mort et s'approcha de sa maîtresse.
 "Hé, ma fille, je suis dans la panade."
Xena attrapa l'étrier de sa main et s'en aida pour se redresser. Argo se mit à genoux, et lui présenta son dos pour qu'elle puisse monter, puis elle se releva. Xena utilisa sa corde pour s'attacher à la selle, et laissa Argo faire le reste. Ne sachant pas pourquoi mais comprenant l'urgence, Argo marcha lentement mais sûrement vers la ferme plus proche, faisant bien attention en traversant les broussailles. Quand elle atteignit la route, Argo prit le chemin par lequel elles étaient arrivées, tentant de garder une allure régulière pour ne pas bousculer sa cavalière blessée.
 Xena gardait une pression constante sur sa blessure à la jambe où le sang avait  giclé. Si elle avait été sûre d'elle, elle aurait pris le temps de la recoudre, mais ses mains tremblaient et sa vision devenait floue. Elle ne pouvait qu'espérer que la personne qu'elle trouverait pour l'aider pourrait refermer la plaie et arrêter le saignement.  Luttant contre l'évanouissement, la Conquérante se rendait vaguement compte que son cheval avait pris un sentier menant à une ferme.
 
Chapitre 8
 
Dans le garde-manger de la petite maison, Gabrielle avait constaté que les fruits et les légumes devaient être consommés rapidement, alors elle prépara un ragoût. Elle pourrait le déguster en emballant les affaires qu'elle allait ramener à Poteidaia .

Victria serait de retour le lendemain pour prendre ce qu'elle voulait et ce que Gabrielle ne pourrait mettre dans le charriot. Le reste serait laissé dans la maison pour tout voyageur fatigué qui voudrait se reposer ou se protéger du mauvais temps.

Chaque fois qu'elle en avait le temps, la jeune barde faisait ce que sa grand-mère lui avait demandé. Elle prenait plume et rouleau pour écrire les histoires qu'elles avaient imaginé toutes les deux.
 Elle commença avec les histoires  les plus populaires, celles qu'elle racontait lors des salons et autres rassemblements - des histoires de dieux, de mythologie, et de Conquérante - mais, parce qu'elles avaient rarement une fin heureuse, elle se réservait celles pour un public adulte.

Afin d'être sûre que ces histoires étaient parfaitement restituées, elle posait souvent sa plume et les récitais de mémoire aux poulets dans la cour ou à l'oiseau sur le rebord de fenêtre. Elle raconta au porc et aux chevaux les aventures de Zeus et d'Ares et à la vache celles de la belle Aphrodite.  Elle se demandait parfois si la Conquérante avait déjà eu une barde dans sa cour, ou si elle l'envisageait.

 Gabrielle avait également utilisé son temps libre pour inventorier toutes les herbes et potions guérissantes que sa grand-mère avait laissé sur les tablettes dans la pièce qu'elle réservait pour soigner malades et blessés. La jeune femme envisageait de les emmener avec elle afin de s'entraîner pour monter sa propre affaire à Poteidaia.  De temps en temps, elle s'arrêtait et caressait un bocal particulier, celui qu'elle avait vu utilisé par sa grand-mère pour faire un cataplasme ou préparer un remède. Les souvenirs de sa grand-mère préparant un traitement pour un ami ou un voisin lui firent monter les larmes aux yeux.
 Tandis que sa grand-mère avait beaucoup enseigné à Gabrielle par oral, la jeune guérisseuse fut grandement soulagée de découvrir une étagère pleine de parchemins détaillant les herbes de chaque pot, leur utilisation et leurs interactions avec d'autres herbes.  Les parchemins étaient une aubaine et elle les lisait quand elle n'emballait pas ses affaires.
 
Elle venait de terminer de mettre les pots dans une boîte en bois et les portait vers le charriot quand elle aperçut une grande jument doré descendre le chemin. Elle posa la boîte sur le porche et s'approcha pour accueillir son visiteur.
 
 "Bonjour! tu es perdu?" Dit-elle.  Le cheval avançait toujours vers elle, le cavalier attaché à la selle. Oh, mince. Encore un soldat ivre, pensa-t-elle. Prête pour une une dispute, elle s'arrêta et se tint droite. C'est alors qu'elle vit le sang sur le côté du cheval et sur la jambe du cavalier.
 
 "S'il te plaît, j'ai besoin d'un guérisseur" gémit le cavalier. "J'ai été blessée en chassant."
"Oh, par les dieux," s'écria-t-Gabrielle. Elle saisit les rênes d'Argo et la mena rapidement devant la porte de la maison.
 
 Xena défit la corde qui la maintenait à la selle et se laissa glisser sur le sol, Gabrielle la rattrapa avant qu'elle ne tombât.  La jeune guérisseuse lui servit de béquille pour entrer dans la maison, puis elle l'assit sur une chaise à côté de la table. Elle courut ensuite dans la salle des soins et prit la boîte avec le matériel de suture avant de revenir en courant vers son hôte blessée. Elle fit chauffer une bouilloire sur le feu, prit quelques linges propres et un bol d'eau froide et commença à nettoyer le sang séché pour voir où se trouvaient les blessures.
 
 "Le pire c'est la jambe, là," expliqua Xena. "Je me suis empalée sur une défense de sanglier en tombant d'un arbre."
 
Gabrielle observa la longue entaille. "Il faut absolument que je recouse ça. Serrer la corde pour arrêter l'hémorragie était une bonne idée."
Elle ouvrit la boîte et en tira un long morceau de fil et une aiguille.
 
Xena sourit malgré la douleur, "J'ai l'habitude de le faire pour les bras ou les jambes ouverts pendant les combats."
 
 "Je crains que cela ne fasse un peu mal – je ne sais pas quelle plante utiliser pour calmer la douleur."
 
"Ne t'inquiète pas," D'un coup vif, Xena plaqua deux doigts sur sa jambe. "Je viens de supprimer  la douleur. Tu peux y aller et coudre, je ne ressens plus rien."
 Gabrielle hocha la tête et examina la plaie. Elle comprit qu'elle aurait besoin de recoudre d'abord l'artère, et elle commença par de petites sutures.
 "Tu es très douée" commenta sa patiente.
 
"Ma grand-mère m'a appris tout ce que je sais," répondit Gabrielle. "C'était la guérisseuse locale, et chaque fois que je venais la voir de Poteidaia, elle m'apprenait quelque chose de nouveau."
 L'artère recousue, elle desserra la corde et sourit de ne pas voir couler du sang entre les points de suture. Elle dénoua complètement la corde.
 
"Bien réussi," la complimenta Xena. "Peu de gens savent qu'il faut recoudre de l'intérieur."
Gabrielle rougit.  "Es-tu guérisseuse?  demanda-t-elle.
 
 "Non, juste quelqu'un qui a vu beaucoup de blessés. J'ai appris de-ci de-là. J'aurais pu recoudre la plaie moi-même mais j'étais trop chancelante pour le faire correctement."
 
La blonde hocha la tête.  "Je veux bien le croire - tu as perdu beaucoup de sang."
Elle coupa le fil puis examina le haut du bras de la chasseresse. Xena frappa de nouveau sa jambe et eut le souffle coupé par la douleur revenue.
"Ca va?" demanda Gabrielle.
La Conquérante hocha la tête. La jeune guérisseuse reprit son travail, ne s'arrêtant que pour préparer un gobelet de thé à base d'échinacée qu'elle apporta à la femme aux cheveux noirs.
 "Bois ça et nous pourrons espérer que ces profondes blessures ne s'infecteronnt pas."
 
 Il fallut trois heures à Gabrielle pour s'occuper de toutes les plaies, les nettoyer, les recoudre, leur mettre un pansement et du baume. Quand elle eut terminé, elle se rassit. "C'est un sanglier qui a fait tout ça?
 
 Xena secoua la tête. "Non, j'ai dû me battre avec un puma pour avoir le sanglier."
Gabrielle hocha la tête.  "Par  l'impératrice Xena, tu as de la chance, tu n'es pas morte!" Elle se leva et aida sa patiente à faire de même.
 "Laisse-moi t'emmener te coucher, tu dois te reposer."
 Une fois  Xena allongée, Gabrielle retourna dans la pièce des soins et chercha un petit pot très particulier, qu'elle trouva, avant de revenir dans la petite cuisine pour préparer un gobelet de thé avec la poudre. Une fois celle-ci dissoute, elle ajouta un peu d'eau pour la rendre buvable et l'apporta à sa patiente. Elle le posa sur la table près du lit et l'aida à s'asseoir. "Là, dit-elle en tendant le gobelet. Bois ça."
 
"Qu'est-ce que c'est?"
 
 "Un thé qui aidera à soulager la douleur si tu parviens à te reposer." 
Xena sourit et but une gorgée.  Le goût était agréable et elle vida le gobelet qu'elle rendit à Gabrielle.
 
 Allongée de nouveau, la Conquérante regarda les yeux verts de sa sauveuse.  "Où est ta grand-mère?"
"Elle est morte il y a quelques jours. Je suis là pour emballer ses affaires et fermer la maison."
 Xena sentit ses yeux s'alourdirent. "Heureusement pour moi que tu étais là"  dit-elle en s'endormant. Gabrielle tira les couvertures sur la silhouette apaisée, puis elle sortit s'occuper de son cheval.
 
Partie II 

 Chapitre 9
 
 Cinq hommes vêtus en paysan se mirent au garde à vous devant Darphus. "Vous avez tous été triés sur le volet par vos commandants pour une mission très spéciale pour moi, et moi seul. Xena l'Impératrice a quitté le château pour une destination inconnue. Vous prendrez chacun l'une des routes menant hors de la ville et essayerez de la trouver. Je la veux  ici, morte ou vivante, peu importe."

 Il s'arrêta et regarda ses messagers. "Celui qui me la ramènera le premier, elle ou son corps, recevra une récompense de dix mille dinars. Pour les autres …" Il s'arrêta. "Je leur suggère de continuer leur route car leur vie sera finie." Il se retourna et sortit de la pièce.
 
 Les cinq hommes se regardèrent, abasourdis. "Comment, dans le Tartare, sommes-nous censés capturer ou tuer la Conquérante? demanda un homme débraillé dans une tunique noire.
"Par les dieux, elle va nous tuer avant même qu'on s'approche d'elle," répondit le soldat à sa gauche.

Le plus grand des cinq dit tranquillement, "Peu importe comment mais il va falloir la trouver. J'ai bien l'intention de faire de mon mieux pour la dénicher, voire même la tuer si je n'arrive pas à la convaincre de revenir gentiment. Je préfère être tué par elle que par Darphus. " 
Il sortit par la même porte qu'avait utilisé Darphus. Les autres le regardèrent et le suivirent.
 
Personne n'avait remarqué le jeune homme caché derrière les rideaux. Prudemment, il jeta un oeil pour s'assurer qu'il était bien seul. Il était sur le point de décrocher les rideaux pour les nettoyer quand Darphus et ses cinq hommes étaient entrés. Terrifié par Darphus pour plusieurs raisons, le garçon avait choisi de se cacher plutôt que de subir la colère du commandant en second de Xena.

 Il retirant ses chaussures  pour pouvoir se déplacer sans faire de bruit, et les cacha derrière les rideaux avant de courir à la porte et descendre dans le hall trouver Alinia.  Elle serait intéressée d'apprendre ce qui se tramait, et peut-être même qu'il pourrait négocier cette information; ce qui lui donnerait la chance de téter les seins de l'esclave personnelle de la Conquérante. Il avait à peine douze ans et on ne lui avait pas encore appris à utiliser sa virilité grandissante. Il courut plus vite à l'idée d'une telle récompense.
 
Alinia dormait quand elle entendit des coups frénétiques à la porte de sa chambre. Groggy, elle trébucha en allant l'ouvrir. "Par les dieux, Ephus, j'espère que tu as une bonne raison!"
 
 "S'il te plaît, laisse-moi entrer, Alinia, la pria-t-il  tout en vérifiant autour de lui pour s'assurer qu'il n'avait pas été suivi. L''esclave de la Conquérante recula pour le laisser entrer, puis referma la porte.
 
"Qu'est ce qu'il y a, mon garçon?"
 "Darphus vient d'envoyer cinq hommes rechercher la Conquérante. Il sait qu'elle n'est pas dans le château. Quelqu'un l'a vue il y a deux nuits à Poteidaia."
 Ephus s'arrêta pour reprendre son souffle avant de reprendre: "Il y a une récompense de dix mille dinars – morte ou vivante."
 
"Je te remercie, Ephus, dit-elle en ouvrant la porte. Elle réfléchit rapidement, se demandant où pouvait être Callas. Elle n'entendit pas tout de suite la voix suppliante du garçon.
 
 "... une récompense?"
 "Quoi?"
 "Ne pense-tu pas que cette information vaut une récompense? répéta-t-il.
 "Oui, oui. Plus tard. Pour l'instant, je veux que tu ailles voir Callas, et que tu le fasse venir ici. Ne dis rien de ce que tu sais, compris?"
Elle vit ses yeux fixés à ses seins et comprit ce qu'il voulait comme récompense. "Ephus, plus tard. Amène-moi Callas."
 
Le garçon acquiesça et fila vers la porte. Alinia pria les dieux que Callas arrive rapidement et soit en mesure de retrouver la Conquérante avant l'un des hommes de Darphus.
 
Chapitre 10
 
 Xena dormit paisiblement cette nuit-là, tout comme le jour et la nuit suivante, ne se levant que pour utiliser le pot de chambre. Bien que le thé que la jeune guérisseuse lui avait fait boire n'était plus efficace depuis longtemps, la patiente n'en redemanda pas. Elle voulait garder le contrôle de ses sens  dans ce lieu étrange.
 Gabrielle, pour sa part, ne dormit pas aussi bien, se levant plusieurs fois pour vérifier les blessures principales de sa patiente afin de s'assurer qu'elles ne s'étaient pas rouvertes.  Elle était stupéfaite par la force de cette femme - sa capacité à survivre à une telle attaque et trouver son chemin vers cette maison.  Peut-être les que les Parques étaient intervenues d'une quelconque manière pour qu'elles se rencontrent toutes les deux. Mais dans quel but?
 
 Pendant le sommeil de la Conquérante, la jeune barde nota soigneusement tout ce qu'elle avait fait la veille pour donner le parchemin à sa patiente afin qu'elle le remette à son propre guérisseur. Elle passa le reste de la journée à écrire les histoires comme sa grand-mère le lui avait demandé, pensant ainsi être tranquille et ne pas réveiller son hôte. La matinée du deuxième jour, Gabrielle était en train d'ajouter quelque chose à ce qu'elle avait déjà écrit quand elle entendit Victria descendre le chemin en sifflotant. Elle courut à la porte pour la faire taire.
 
 "Victria, tais-toi!"  dit-elle.
 "Pourquoi? tu es toute seule ici", dit gaiement son amie.
 "Non, je ne le suis pas. Une femme a été blessée à la chasse par un sanglier et est venue ici se faire soigner. Je l'ai recousue, ai mis des herbes sur ses blessures et lui ai donné un thé contre la douleur. Elle dort. Ne la réveille pas."
 
 "Oh! D'accord. Peut-on quand même entrer pour manger du pain aux noix et boire du cidre? Il faut que je te raconte toute l'excitation dans la région!"
 
Après être entrée dans la maison, Gabrielle alla fermer la porte de la chambre, la laissant légèrement entrouverte pour pouvoir entendre si sa patiente avait besoin de quelque chose. Puis elle revint à la table où Victria avait posé deux assiettes et remplissait deux tasses de cidre. Elles s'assirent et se mirent à manger.
 
 Gabrielle dit entre deux bouchées: "Qu'est-ce qui t'excite autant?"
 "Selon la rumeur, la Conquérante se trouve dans la région. Lingus est revenu de Poteidaia hier en fin d'après-midi  et a raconté qu'elle avait dormi à l'auberge deux nuits auparavant."
 "Pourquoi?"
 "Pourquoi quoi?"
 "Pourquoi est-elle dans le coin? Nous ne sommes en guerre avec personne. Et comment Lingus sait-il que c'est l'impératrice?
 "Il l'a vue partir à cheval tôt le matin, il y a deux jours, avant que tout le monde ne se réveille. Il l'a reconnue. Et puis, hier soir, un homme est venu chez nous et m'a demandé si nous avions vu une femme dont il a fait la description. Il a dit qu'il y avait cent dinars de récompense pour quiconque lui ramènerait à l'auberge de Poteidaia. Morte ou vive. "
 
Gabrielle s'étrangla avec son cidre. "S'il la veut morte ou vive, ça ne promet rien de bon."
 
 "C'est cela. Il travaille pour Darphus, mon commandant en second", dit la voix sensuelle derrière elle.
Gabrielle et Victria se levèrent d'un bond, Victria fit une profonde révérence, Gabrielle resta bouche bée.
 
"Oh, dieux, tu es ... tu es ..." balbutia la jeune blonde. Elle se pencha et tira Victria, figée de stupeur, près d'elle.
 "Je suis désolée de ne pas m'être présentée. Je suis Xena, l'impératrice du Monde. Et tu es?"
"Euh, euh ..."
 Victria retrouva la parole: "Je suis Victria, et voici Gabrielle."
"Gabrielle? La barde de Poteidaia?"
 
 Gabrielle hocha la tête en silence, puis retrouva également la parole.  "tu as entendu parler de moi?" elle demanda, étonnée.
 
 Xena sourit et se dirigea lentement vers la table où elle s'était assise la veille pour être soignée.   "Oui, l'aubergiste de Poteidaia parle très bien de toi. Peut-être me feras-tu l'honneur de me raconter un conte ou deux avant que nous ne nous séparions pour de bon." Elle coupa un morceau de pain aux noix et le goûta.
 
 "Je serais honorée."  
 "Victria, c'est toi qui l'a fait? Il est bon."
"Oui, Majesté ... Altesse ..." Elle bafouilla, ne connaissant pas le terme exact.
 
 "Il faudra que tu viennes à Corinthe apprendre à mes cuisiniers comment le faire. Ce qu'ils appellent du pain aux noix contient peut-être une noix et n'a pas d'épices pour lui donner cette saveur délicieuse."
 
 "C'est le préféré de Gabrielle. J'ai appris il y a longtemps que si tu veux lui faire faire quelque chose, tu lui donnes du pain aux noix, ou même simplement la promesse qu'elle en aura."
 
Xena regarda Gabrielle, écarlate, et se mit à rire. "Je m'en souviendrai!"  Elle coupa une tranche et Gabrielle lui tendit une assiette et une tasse de cidre.  "Je te remercie. Maintenant vous deux, allez-vous, s'il vous plait, vous asseoir?"
 
Elles s'installèrent et Gabrielle s'éclaircit la gorge.  "Comment te sens-tu, ce matin? tu as perdu beaucoup de sang, et tu as dormi pendant un jour entier, alors je suis surprise de te voir levée et pouvoir marcher."
 "En fait, assez bien, merci, mais je n'ai pas l'intention de rester debout longtemps. J'ai senti l'odeur du pain aux noix et il fallait que je vienne en chercher." Elle en remit un morceau dans sa bouche. "tu as vraiment fait un excellent travail avec mes blessures."
 "J'ai tout écrit sur un parchemin de telle sorte que tu puisses le présenter à ton guérisseur quand tu seras chez toi. Il faudra toujours surveiller l'infection, en particulier cette longue coupure."
 "Je le ferai, merci." La Conquérante se tourna vers Victria.  "Parle-moi de l'homme qui est venu chez toi la nuit dernière ..."
Victria s'empressa de dire tout ce dont elle pouvait se rappeler à l'impératrice.
 

Chapitre 11

 
 Callas avait chevauché toute la nuit et entrait dans la périphérie de Poteidaia quand le soleil commença furtivement à se lever. Sentant le besoin de manger, il guida son cheval vers une auberge et attacha les rênes à la barre d'attelage avant d'entrer. Quand ses yeux s'habituèrent à l'obscurité, il entendit, plutôt qu'il ne vit, l'homme de Darphus, Actus.  Comme Darphus, l'homme était fort et fruste, usant d'un langage vulgaire pour aborder la serveuse.

 "Poulette, apporte-moi encore un peu  de ce vin, et je verrai ce que tu as entre les jambes, aussi." La serveuse regarda, effrayée, l'aubergiste et apporta le gobelet de porto à l'homme.  En le posant sur la table, Actus l'attrapa et lui arracha le devant de sa robe, exposant ses seins. Callus se dirigea vers lui et enleva sa main du mamelon blessé de la fille, lui permettant ainsi de s'échapper.
 
"Monsieur, cet acte est tout à fait déplacé, dit-il posément. Actus se leva de son siège et tira son épée.
"Je suis, monsieur, un émissaire de Lord Darphus, qui sera bientôt l'empereur du royaume. Je peux faire tout ce dont j'ai envie à ces paysans, et ils doivent l'accepter."
 "Jusqu'à ce que Xena soit officiellement remplacée sur le trône, je suis son représentant, et tu sais qu'elle n'autorise aucune incivilité sexuelle contre les femmes du royaume par les soldats de son commandement. Je crois que tu en fais toujours partie, malheureusement," soupira Callas.
 
N'obtenant aucune réponse, Callas regarda l'homme dans les yeux s'attendant à une rebuffade.  Effectivement, les yeux d'Actus se fermèrent en une fente étroite et il leva son épée avant de s'élancer maladroitement vers son adversaire, le manquant d'une demie-longueur.  Son élan l'envoya en avant et il perdit l'équilibre. Callas recula pour éviter d'être touché par son épée, et regarda le corps inerte à ses pieds.  Il poussa Actus du pied, pensant que le soldat allait se relever, mais son agresseur gisait sur le dos, son poignard habituellement à sa ceinture planté dans le ventre.
 
 "S'il avait été l'honorable soldat que la Conquérante voulait dans son armée, il serait encore en vie," dit Callas pour lui-même. Il se tourna ensuite vers l'aubergiste.
 "Je suis désolé. Y a t-il un sergent ou quelqu'un que nous devrions appeler?"
 
 "Non," sourit l'aubergiste. "Il l'a bien mérité. Il embêtait mes pauvres filles depuis son arrivée ici avant-hier soir parce que nous ne lui avons pas donné les informations qu'il voulait, et ce, quand nous avons découvert en quoi consistait sa mission."
Il fit signe à deux de ses serveurs pour qu'ils emportent le cadavre. "Maintenant, monsieur, désirez-vous toujours prendre votre repas?
 
Callas haussa les épaules et s'assit à une table. " Oui, je crois que c'est la raison pour laquelle je suis venu ici. Et peut-être consentiras-tu à me donner les informations que tu ne voulais pas donner à Actus, car il est impératif que je retrouve la Conquérante - une question de vie ou de mort. "
 
 L'aubergiste apporta lui-même une assiette de nourriture et une tasse de thé à son nouveau client.     "On n'arrivait pas à le croire quand on nous a dit que la femme qui avait dormi ici était la Conquérante. Elle était si différente de toutes ces histoires qu'on raconte sur sa cruauté et ses débauches. Elle a été polie avec les serveuses et les servantes qui ont préparé son bain, et elle s'est assise dans le coin là-bas sans rien dire. Cela jusqu'à ce que Lila, une jeune fille du coin, la voit quitter la ville sur son palomino doré. On a alors compris qui était notre cliente. "
 
"Ce repas est délicieux" commenta callus.  "A-t-elle demandé des renseignements sur le meilleur endroit pour chasser le sanglier?"
 "C'est ce qu'elle a fait, monsieur, et je lui ai indiqué un bois à une demie journée de cheval d'ici. Vous ne pouvez pas le louper, il y a un petit chemin y menant, et plein de sentiers d'animaux conduisant à une rivière à une demi-heure dans les bois. "
"Et tu ne l'as pas revue depuis?"
"Non, monsieur."
 Callas hocha la tête.  "Je te remercie. tu m'as été d'une grande aide."
 "Comme je l'ai dit, elle était vraiment différente de tout ce qu'on dit sur elle."
"Je t'assure  que ce qu'on dit sur elle est probablement vrai, mais Xena a fait ce qu'elle devait pour le bien de l'Empire. "C'est une femme juste – si tu la respecte, elle te respectera. "
La serveuse qui avait été agressée par Actus s'approcha et posa un sac sur la table.  "Quelques provisions pour votre voyage, monsieur. Pour vous remercier d'être venu à mon secours."
 
Callas se leva. "Ce n'est pas nécessaire, mais je te remercie de l'avoir fait. Ce sera certainement mieux que ce que j'ai dans ma sacoche." 
Il fouilla dans sa poche et en sortit quelques pièces de monnaie. Il en donna deux à l'aubergiste qui se mit à protester.
"Pour ce que mon collègue mort t'a fait subir."  Il donna cinq pièces à la serveuse. "Utilise-les pour t'acheter une nouvelle robe – un cadeau de Xena la Conquérante."
Il ramassa le sac de provisions et repartit avec son cheval dans  la direction que l'aubergiste lui avait indiqué.
 
Chapitre 12
 
 Gabrielle était nerveuse depuis qu'elle avait découvert qui était sa célèbre patiente. Ayant entendu des histoires sur la nature cruelle de la Conquérante, elle s'attendait à ce que la femme qui partageait son déjeuner se jetât sur elle.
 "A quoi penses-tu, Gabrielle?" demanda Xena entre deux bouchées de ragoût.
Gabrielle sursauta au son de sa voix.  "Quoi?" Elle rougit. "Je suis désolée. Je pensais à combien tu es différente de toutes ces histoires qu'on raconte sur toi. Et à l'impression que tu m'as faite la première fois que je t'ai vue."
 
 "Quand était-ce?"
 "Lors de la capitulation de Poteidaia, quand tu étais tellement en colère contre tes hommes qui venaient de tuer des villageois."
 "Ah, oui, je m'en souviens. Il n'était pas nécessaire que ces hommes meurent. Ce n'était que de la violence gratuite."
 "Le Darphus que tu as mentionné, il commandait cette bande?"
 "Oui. C'est le seul homme qui n'a pas été mis à mort pour cette atrocité. En y repensant, j'aurais dû le faire exécuter, aussi."
 
Gabrielle soupira.  "Mon père fut un de ceux qui a été tué. Ma mère, ma sœur et moi étions cachées dans la grange. Père nous avait dit d'y aller pour être en sécurité. Lorsque Darphus a crié que les dirigeants de la ville devaient sortir et lui répondre, mon père y est allé. Darphus leur reprochait de ne pas avoir préparé les chariots de provisions qu'ils devaient lui remettre, alors il a dit qu'il devait faire un exemple. Mon père était le plus près et n'a pas essayé de se sauver quand Darphus a sorti son épée ainsi que tous ses hommes. Je n'oublierai jamais le regard de mon père dans les yeux de Darphus quand l'épée l'a traversé. Un regard provoquant."

Xena vit les larmes couler sur les joues de la jeune femme.
 
 "Gabrielle, la vie de Darphus est terminée à cause de ce qu'il fait en ce moment même pour essayer de prendre mon trône. Je serai celle qui le tuera, et je te le promets, je penserai à ton père quand mon épée fera couler le sang de ce bâtard. Ton père n'est pas mort en vain, et sa bravoure n'est pas passée inaperçue pour moi. "
 
Gabrielle essuya ses joues avec le dos de sa main. "Merci, Majesté. Veux-tu encore un peu de ragoût?
La Conquérante tendit un bol vide à la barde. "Oui, merci. tu es également une bonne cuisinière. Ta grand-mère t'a aussi appris ça?"  elle sourit.
 
 "Non, madame. J'ai appris à cuisiner avec ma mère."  Elle resservit de la concoction salée et tendit le bol à son hôte. "Tu sais, Majesté, Victria va passer le mot que tu es là dès qu'elle aura quelqu'un à portée de voix et prêt à l'écouter."
 
 "Le téléphone arabe marche bien par ici?"
 " Oui, madame.. On dit quelque chose à Victria et tout le monde, dans les dix villages alentours, le sait. Pourquoi?"
"Parce que si tout se déroule comme je l'ai organisé avant mon départ de Corinthe, un homme appelé Callas va me chercher pour m'apprendre ce qui s'est passé. Je veux que cette personne me retrouve."
 "S'il s'arrête dans l'une des auberges entre ici et Poteidaia, il saura où tu es. J'imagine qu'il sera là avant la nuit."
 "Génial! Maintenant, Sais-tu où sont mes sacoches? J'aimerais me changer et mettre des vêtements propres" Xena sourit, indiquant les taches de sang sur les vêtements qu'elle portait depuis deux jours.
 "Je les ai mis là, avec ta selle. J'ai enlevé le sang comme j'ai pu hier pendant que tu dormais" dit Gabrielle en se dirigeant vers le placard. "J'ai lavé aussi tes cuirs et ton armure." Elle ramassa les sacs lourds et revint vers Xena.
 
 "Tu as été très occupée pendant que je dormais" dit Xena avec approbation. "Je te remercie pour cet effort supplémentaire."

Elle prit les sacs et les posa sur la table. Le débouclant d'un côté, la Conquérante commença à sortir ses affaires, à la recherche d'un vêtement propre. Elle ne se rendait pas compte de ce qu'elle posait sur la table jusqu'à ce qu'elle levât les yeux et vit le regard stupéfait de Gabrielle. Regardant la table à son tour, elle aperçut un des phallus qu'elle emportait avec elle chaque fois qu'elle quittait le château. Sa fabrication était exquise, sculpté en forme de pénis et recouvert d'une peau de mouton. La différence de couleur d'un bout à l'autre indiquait que le phallus avait été largement utilisé.
Lorsque Gabrielle réalisa ce qu'elle était en train de regarder, elle devint aussi rouge qu'une betterave et fit volte-face pour prendre une assiette et la poser sur une étagère.

 "Tu es vierge, n'est-ce pas?" La question directe surprit Gabrielle et elle laissa tomber l'assiette qu'elle tenait encore. Elle se cassa en une douzaine de morceaux.
"Euh, quoi?" Elle se pencha pour ramasser les bouts. "Je, euh ... Quelle était la question?"
Xena rit. "Je te demandais si tu étais vierge. tu sais, le man's land, pas encore de sexe d'homme, ni de langue, ni de main entre les jambes."
 
Le visage de la jeune fille devint rouge écarlate. "Oui, je le suis" murmura-t-elle. Elle se tourna vers son interlocutrice. "Est-ce vraiment important à part pour moi?" Son expression se fit provocante.
 
"Ca l'est si je couche avec toi", répondit la Conquérante d'un ton neutre.
"Coucher avec moi? Mais tu es une ..."
 "Une femme? tu n'as jamais entendu parler de femmes couchant avec d'autres femmes?"

"Eh bien, oui, j'en ai entendu parler, mais je n'ai jamais pensé ... Je veux dire ... Pourquoi voudrais-je coucher avec toi?"
 
 "Parce que je te l'ordonne." Xena scruta la paysanne avec beaucoup d'attention, guettant la moindre de ses réactions.
"Qui penses-tu être pour  m'ordonner ça?" Le ton de Gabrielle était plein de défi.  "Il y a quelques minutes, tu me parlais comme si nous étions amies depuis longtemps."
"Voilà comment un bon guerrier obtient ce qu'il veut – mettre la proie à l'aise avant de fondre sur elle."
"Est-ce tout ce que je suis pour toi, une proie? Si j'avais su qui tu étais quand tu es venue ici, je t'aurais laissé te vider de ton sang."
 "Je ne crois pas, Gabrielle. D'après le peu que nous nous sommes raconté aujourd'hui, tu ne peux pas tuer délibérément. Ce n'est pas en toi. Tu n'as pas l'instinct d'une tueuse."
Xena remit le phalllus et d'autres affaires dans la sacoche et ouvrit l'autre. Elle en tira un vêtement propre.

"C'était juste un test, Gabrielle. Je pense que si quelqu'un essayait de te faire faire quelque chose avec laquelle tu n'es pas à l'aise, tu te battrais bec et ongles. Te violer? Non, Gabrielle. J'ai une aversion extrême pour ceux qui imposent leur pouvoir, que ce soit d'homme à homme, d'homme à femme, ou de femme à femme. C'est une des raisons pour lesquelles je suis si dure avec les violeurs. "

Se fichant de ce que la guérisseuse avait aperçu, Xena enleva sa chemise ensanglantée et la posa sur la table.  Gabrielle la ramassa et la fit tremper dans un seau d'eau froide et savonneuse pendant que Xena enfilait son vêtement propre.

 "Nous allons la laisser tremper un peu avant de la frotter", dit Gabrielle. "Comment te sens-tu?"
 "Pas mal. J'ai des douleurs à l'épaule - j'ai essayé de m'accrocher à la branche sur laquelle j'étais mais ma main a lâché. "
Gabrielle se mit derrière elle.  "Montre-moi où." Xena lui pointa du doigt.
 "Ca ne t'ennuie pas que je te touche?"

La Conquérante hocha la tête et la guérisseuse fit courir ses doigts sur la zone.
 "Tu as un gros nœud ici, dit-elle, en commençant à masser. Après un moment, Xena sentit la douleur s'atténuer.
"Gabrielle, je voudrais te demander quelque chose,"
 "Quoi donc, conquérante?"
 "Quand je retournerai à Corinthe, je voudrais que tu viennes avec moi comme guérisseuse personnelle. tu as fait un bien meilleur travail que le guérisseur du château ne l'aurait fait."
"Je ne sais pas si je peux, Impératrice. Qui va prendre soin de ma mère et de ma sœur? Et que dire de mes soins à Poteidaia? Qui va le faire? Et les histoires pour les enfants lors les fêtes? Ou à l'auberge? Ou ...? "
"Whouha, doucement. tu pourras revenir à Poteidaia pour les fêtes, nous trouverons un guérisseur pour ton village, et je suis sûre que ta mère et ta sœur iront bien, mais tu pourras venir les voir de temps en temps pour vérifier si tu le désires." Xena se mit à rire. "Qu'est-ce que tu en penses?"
 
 Gabrielle retourna à l'épaule qu'elle massait. "Oui, je vais y réfléchir."
Xena ferma les yeux, jouissant de son idée, pendant que le doux massage de la guérisseuse soulageait sa douleur à l'épaule.
 

 Chapitre 13

 
 Callas avait eu du mal à atteindre la zone boisée dont l'aubergiste lui avait parlé. Si Actus avait réussi à trouver la Conquérante, il sentait que ce ne serait qu'une question de temps avant que d'autres apprennent où elle se trouvait. Il avait déniché le chemin assez facilement et poussait son cheval à galoper aussi vite qu'il le pouvait à travers les broussailles. Une demie-heure pour couper les branches basses et il tomba sur la scène du carnage, un sanglier mort - des mouches bourdonnaient autour de la carcasse- gisait au pied d'un arbre, une flèche dans le cœur.
 
Le cavalier mit pied à terre et analysa les insignes sur la flèche. C'était la marque de la Conquérante. Il l'a brisa au niveau des insignes pour que personne ne puisse identifier la propriétaire.  Comme il regardait autour de lui, Callas remarqua une quantité extraordinaire de sang sur le sol, les feuilles environnantes et sur le sanglier lui-même. Puis il vit le puma, la gorge tranchée, par une épée ou un chakram, partiellement caché derrière un arbre.
 Alors qu'il marchait alentours pour essayer de comprendre ce qui était arrivé à l'impératrice, une lueur dans les feuilles attira son attention. Un des épaulettes avait apparemment été arrachée dans la bagarre. Il la ramassa et aperçut la traînée de sang qui s'éloignait de là. Saisissant les rênes de son cheval, il suivit le sentier qui l'éloignait du chemin par lequel il était arrivé.
 
Les traces de sang le menèrent sur un autre chemin, parallèle au premier. Callas observa les deux directions, tentant d'imaginer celle qu'avait pris la Conquérante. Le soleil commençait à glisser derrière l'horizon et Callas devait prendre rapidement une décision; quand il vit une jeune femme marcher sur le chemin, vers lui.
 "Bonjour!" Cria-t-il. "Peux-tu m'aider?"
Victria s'arrêta.  "tu es perdu?"
 "Je suis à la recherche d'une femme qui a surement été grièvement blessée. L'as-tu vue, ou peut-être en as-tu entendu parler. Où pourrait-elle être?"
 
Victria s'approcha de l'homme avec prudence. "Qui es-tu?"
 "Mon nom est Callas et je viens de Corinthe. L'esclave personnel de la Conquérante m'a envoyé trouver cette femme."
 "Son esclave personnel? Quel est son nom?"
"Curieuse, on dirait? L'esclave personnel de l'impératrice est une femme nommée Alinia."
"Alors, qui est Darphus?"  contra la jeune femme.
 "Darphus est son enfoiré de commandant en second, qui, si je ne ramène pas cette femme à Corinthe, va réclamer son trône."
 "Je devais être sûre que tu n'étais pas un de ces méchants à sa recherche. Elle est dans la ferme juste en dessous de ce chemin, avec notre guérisseuse locale."
 "Jeune fille, je ne manquerai pas de dire à la Conquérante comment tu as œuvré pour la protéger. Je te remercie."
 "Ouais, ben, j'ai déjeuné avec elle et elle ne semble vraiment pas être la personne méchante dont on entend toujours parler."
 
Callas posa son doigt sur ses lèvres. "Chut. On ne veut pas que ça se sache, d'accord? La peur aide à garder ses ennemis en place." Il monta sur son cheval. "Encore une fois, merci. Si quelqu'un d'autre te le demande, bien sûr, tu nies tout."
 
Victria hocha la tête.  "Je le ferai. Je pense que la Conquérante t'attend."  Callas acquiesça et se dirigea vers la ferme.
 
Gabrielle regardait par la fenêtre quand elle vit un cavalier descendre le chemin.
 "Conquérante!" cria-t-elle. Xena sortit de la chambre. La guérisseuse montra la fenêtre. "Quelqu'un vient."
 "C'est Callas! Très bien!" Elle regarda autour d'elle. "Où sont mes armes?"
 "Elles sont derrière la porte. Pourquoi?" 
 "Mets-les où je peux facilement les attraper - juste au cas où des hommes de Darphus l'auraient suivi. Je ne sens personne d'autre mais vaut mieux prévenir que guérir. "
Gabrielle récupéra l'épée et le chakram et les posa à côté de la porte avant de l'ouvrir pour aller saluer le nouvel arrivant.
 
 "Bonjour. Vous êtes perdu, monsieur?"
 "Mon nom est Callas et je viens de Corinthe. Je recherche quelqu'un originaire d'Amphipolis."
Xena sortit et le serviteur descendit de son cheval pour s'incliner profondément.
"Conquérante! Je suis ravi de te trouver en vie après le carnage sur lequel je vient de tomber."
 "Lève-toi, Callas, et entre. Gabrielle, occupe-toi de son cheval."
"Oui, Conquérante"  la jeune femme sourit en conduisant le cheval à l'étable. La Conquérante lui avait donné un ordre comme à une esclave. Xena fit entrer Callas dans la maison.
 "Quelles sont les nouvelles de Corinthe, Callas?"
 "Pas bonnes, Majesté. Darphus a envoyé cinq hommes pour te ramener morte ou vivante. Quatre poursuivent leur recherche."
 "Qui est mort?"
"Actus est mort ce matin, Altesse. Je l'ai croisé dans une auberge de Poteidaia où il embêtait la serveuse. Quand il a essayé de m'attaquer, il est tombé et il s'est empalé sur le poignard de sa ceinture."
"L'homme était un rustre. Pas une grande perte."
Gabrielle entra et se dirigea vers l'atelier de sa grand-mère. "Gabrielle, voici Callas. Callas, voici Gabrielle, qui a un doigté fantastique quand il s'agit de guérir."
"Enchanté de te rencontrer."

Gabrielle fit une révérence et Xena laissa un petit sourire passer sur son visage. La Conquérante était de plus en plus fascinée par le charme rustique et innocent de cette jeune femme qui avait passé tant de temps avec elle.  Gabrielle attendait que l'impératrice la congédie, telle une esclave devait le faire, mais au lieu de ça, Xena continua sa conversation après avoir fait un signe à la guérisseuse pour qu'elle lui masse encore l'épaule.
 
"Alors, quelle est sont leurs motivations pour me retrouver?" demanda la Conquérante.

"Dix mille dinars du trésor personnel de Darphus, morte ou vivante. J'ai  l'impression qu'il te préférerait morte, bien sûr. Ephus s'est faufilé dans les quartiers de Darphus et a vu des plans très élaborés te concernant. Le terme officiel était de dire que tu étais morte après avoir été attaquée par un sanglier."

"C'est presque la vérité," Xena fit la grimace quand Gabrielle la massa sur un point sensible sur son épaule.

 "Conquérante, j'ai vu le carnage – puis-je te demander ce qui s'est passé?"

 "Ouais, je voudrais bien savoir, moi aussi. Tu avais l'air de sortir d'un champs de bataille." Dit Gabrielle.

 "Non, j'étais dans un arbre le long du sentier quand le sanglier s'est approché. J'ai tiré une flèche, mais avec la douleur, il a couru contre mon arbre et l'a secoué dans tous les sens. En tombant, ma cuisse s'est enfoncée sur sa défense. L'odeur du sang a du exciter le puma parce que tout ce dont je me souviens, c'est de m'être battue avec lui. Mon chakram s'est desserré et est tombé par terre, pas très loin, mais j'ai réussi à le récupérer et à égorger le puma. C'est pourquoi j'avais beaucoup de sang sur moi, il y avait aussi celui du puma. "
 
 "J'ai vu les sutures que tu as fait - tu as une bonne technique. Il y aura peu ou pas de cicatrices."

 "Je te remercie. J'ai eu un excellent professeur."

Gabrielle se dirigea vers la cheminée, retira le plat de ragoût qui couvait et le posa sur la table. Elle remplit trois bol et s'installa pour écouter la Conquérante et Callas discuter de leur plan d'action.
 

 Chapitre 14

 Ephus se dirigeait vers la cuisine quand une main sortit de derrière une tapisserie et le saisit. Il poussa un petit cri et une autre main se plaqua sur sa bouche.

 "Chut. Reste tranquille, Ephus!"
Quand il entendit la voix, il se détendit et la main se retira de sa bouche.

"Alinia!" Murmura-t-il "Que fais-tu?"

"Je te cherchais, mais je ne veux pas que le seigneur Darphus nous voit ensemble" dit-elle doucement.  "As-tu pu trouver quelque chose?"

"Pas encore. Depuis que j'ai failli me faire prendre dans son cabinet, je suis très prudent. Je sais qu'il n'est pas content parce qu'il a reçu des rapports de tous ses émissaires sauf un."

"Lequel, sais-tu?"

 "Actus. Il est allé au nord vers Poteidaia."

 "Très bien. Tout ce que nous pouvons faire maintenant c'est prier les dieux pour que Callas ait trouvé la Conquérante et qu'elle soit de retour en ce moment même. L'un des autres serviteurs m'a dit que Darphus envisage d'annoncer la mort de l'impératrice demain et de se proclamer empereur. "
Elle resta silencieuse et réfléchit.

 "Reprends tes occupations et fais comme si tu ne savais rien de ce qui se passe. Nous ne pouvons rien faire tant que l'Impératrice n'est pas revenue à Corinthe".

Elle s'arrêta et regarda le garçon qui montrait des signes de peur au fond de ses yeux.  "Qu'est ce qu'il y a, Ephus? Quel est le problème?"

 "Alinia, je crains que lord Darphus ne me prenne avant le retour de la Conquérante."

 "Te prenne? Je …"

Elle comprit ce qu'il venait de dire. Bien qu'il niât fermement ces allégations, il était de notoriété publique que Darphus appréciait de coucher avec des garçons qui n'avaient pas encore atteint leur treizième été.
 Xena avait fait de son mieux pour mettre un terme à cette pratique, mais son commandant en second menait ses activités dans un lieu tenu secret. Maintenant, l'impératrice loin du château, Darphus ne cachait plus son désir pour Ephus.

 "Fais de ton mieux pour t'assurer de ne jamais rester seul avec lui – d'avoir toujours un de ses serviteurs avec toi. Quelqu'un en qui tu as confiance. D'accord? Nous ferons en sorte qu'il ne se passe rien."
"Merci, Alinia."

Elle regarda derrière la tapisserie, et ne voyant personne dans le couloir, poussa doucement le garçon. "Va maintenant. Si quelqu'un te demande, tu ne m'as pas vue depuis hier."
Le garçon hocha la tête et reprit le chemin de la cuisine. Alinia retourna dans sa petite chambre.
 
 Chapitre 15

 Darphus se tient sur un balcon surplombant la place de la ville. En dessous de lui, des milliers de roturiers attendent l'annonce qu'il doit faire. Il lève les mains pour amener le silence.

 "Citoyens de Corinthe, résidents de Grèce. Il est de mon triste devoir de vous informer que Xena, destructrice des nations, Conquérante du monde, impératrice de tous les royaumes grecs, a été tuée dans un accident de chasse près du village de Poteidaia."

 La foule éclate en un tonnerre d'applaudissements et de hourras.  Il poursuit: "Par les lois énoncées par Xena elle-même, je me suis proclamé, moi, Darphus, empereur de Grèce et propriétaire de tous ses biens."
Une autre série d'applaudissements chatouille ses oreilles avant qu'il ne reprenne: 
"Mon premier acte en tant qu'empereur sera de proclamer une période officielle de deuil d'une lune, qui commencera immédiatement après les funérailles, donc dans deux jours. N'oublions pas que Xena était la seule personne capable de rassembler toute la Grèce, et qu'on se le dise à partir d'aujourd'hui, Darphus est celui qui nous mènera à la prospérité. Salut à Xena! "

 La foule reprend le chant, "Salut à Xena" alors que Darphus murmure dans un souffle, "Puisse la salope pourrir dans le Tartare."

Des coups frappés à la porte le sortirent de sa rêverie. "Oui, qu'est-ce que c'est?" Grommela-t-il.  "Entrez".
 
Tigus, l'esclave personnel de Darphus entra dans la chambre. "Mon Seigneur, un message de Poteidaia." Il lui remit le parchemin.
   Darphus l'ouvrit, le lut, puis le jeta sur le bureau de dégoût.
 "Amène-moi Polnus. Tout de suite! »
 L'esclave hocha la tête et courut vers la porte alors que Darphus ramassait le parchemin pour le relire:
 
Mon Seigneur Darphus,

 Il est de mon triste devoir de vous annoncer que votre émissaire dans notre humble village, Actus, a été tué dans un accident bizarre. Tout en prenant son petit déjeuner à l'auberge, et dans un état d'alcoolémie avancé malgré l'heure matinale, il a accosté et agressé la serveuse de l'auberge, a déchiré sa robe et exposé ses seins. Un autre client de l'auberge dont le nom m'est inconnu, est venu au secours de la jeune fille effrayée. Actus a répondu en se ruant sur le client avec son épée. Le client a esquivé le coup et Actus est tombé par-terre, délogeant son propre poignard qui s'est enfoncé dans son ventre. Actus est mort presque aussitôt. 
Parce que le client n'a pris aucune initiative, sauf celle de rester à l'écart pour éviter le coup, il a été autorisé à poursuivre son voyage.
Avant sa mort, Actus avait  pris des renseignements auprès de la population locale sur une certaine femme dit être la Conquérante en personne.  Après avoir interrogé moi-même ces gens, j'ai déterminé que la présence d'une telle femme dans cette région était très peu probable.
S'il vous plaît, avisez ce que vous voulez faire du corps d'Actus.

Respectueusement vôtre,
 Perdicas, officier de Poteidaia.
 
Darphus arpenta la pièce. Il ouvrit la porte lui-même quand un coup annonça que Polnus était arrivé.
 
 "Mon Seigneur, quel est le problème?"
 "Actus est mort, victime de trop penser avec sa queue et non avec sa tête", déclara Darphus sans ambages.
"Où était-il, sire?
"A Poteidaia - l'endroit où nos informations disaient avoir aperçu Xena."
"Son enquête n'a rien révélé?"
"Son enquête, comme tu l'appelles, n'était rien de plus que de demander à la population locale si on l'avait vue."

Darphus s'approcha et s'assit dans son fauteuil.   "L'imbécile! Si elle est dans la région et qu'il a dit aux gens que  JE l'avais envoyé à sa recherche, ils vont la protéger. Surtout s'il leur a dit "morte ou vivante". Et si elle est dans le coin, ils vont se passer le mot et elle saura qu'il se passe quelque chose."

 "Puis-je faire une suggestion, Lord Darphus?"

 "Rien du tout, car si ça la fait revenir à Corinthe, nos vies sont foutues."

"Envoie des hommes installer des barrages sur toutes les routes possibles pour Poteidaia. Dis-leur de fouiller chaque charriot, chaque personne qui passe par là et se rendant à Corinthe, qu'ils ne cherchent pas l'impératrice mais quelqu'un de déguisé."

 "Et si elle entend parler des barrages avant de les atteindre et décide de couper à travers bois?"

"Alors mets des hommes  dans les bois, une équipe de chaque côté de la route aussi. Avec un tel système, il n'est pas possible qu'elle passe et atteigne Corinthe en vie.

Darphus se tut un moment.  "Fais cela."
Polnus salua et sortit de la chambre.

Darphus prit un poignard sur le bureau en face de lui et commença distraitement à jouer avec. Sois damnée, salope. Nous verrons bien qui est le plus intelligent des chefs maintenant. Le poignard alla voler à travers la pièce et s'enfonça entre les yeux du portrait de Xena qu'il gardait derrière sa porte, ajoutant un nouveau trou aux dizaines qui recouvraient déjà son visage.
 
Chapitre 16

 Malgré les protestations de Gabrielle, Callas avait choisi de dormir dans la grange, disant beaucoup aimer la sensation de dormir sur une botte de foin. Elle lui donna une couverture pour se protéger de la fraîcheur de la nuit. Après son départ, elle se tourna vers sa patiente. "Je devrais probablement nettoyer ces blessures."
 
 "D'accord, mais faisons-le dans la chambre. Cette chaise est en train de devenir terriblement dure."
 Xena récupéra ses sacoches  et entra dans la chambre. Gabrielle emporta un bol d'eau chaude et du baume. Quand elle monta dans la chambre, Xena était déjà allongée, nue, sa chemise de nuit accrochée à la colonne du lit. Gabrielle ne montra aucune surprise. La Conquérante sourit.

 "Je pensais que ce serait plus facile que d'avoir à bouger tout le temps les vêtements pour accéder aux blessures."
La guérisseuse hocha la tête.  "Oui, tout à fait." Elle posa le bol sur la table de chevet et trempa un linge dans l'eau chaude. Doucement, elle nettoya les croûtes et les saletés sur les plaies, puis appliqua l'onguent sous l'œil de sa patiente.
 "Gabrielle, où vas-tu dormir?" demanda Xena tout à coup. "J'ai remarqué qu'il n'y avait qu'un seul lit dans cette maison."
 "Eh bien, sur une paillasse par-terre."
La Conquérante la regarda et secoua la tête. "Ce soir, tu partageras le lit avec moi."
 "Oh, non!" Protesta la jeune femme en rougissant. "Je ne pourrai pas. Je veux dire, tu es la Conquérante et ..."
 "Rougis-tu toujours quand tu hésites? demanda Xena, en se déplaçant un peu pour donner un meilleur accès à Gabrielle à une blessure derrière le bras.
 "Non, je veux dire oui. Enfin ... Je ne sais pas …" balbutia la jeune fille, son visage de plus en plus rouge tandis qu'elle parlait.
 
"Le rouge est très seyant sur toi," commenta l'impératrice  avec un sourire. Gabrielle posa sa main sur son visage et se contenta de sourire, ne sachant si elle devait en rire. Après avoir essayé de réprimer son envie de pouffer, elle rougit davantage et partit dans un fou rire qu'elle ne put contrôler. Au début, la femme aux cheveux noirs la dévisagea, mais le rire étant contagieux, elle la suivit bientôt. Chaque fois que Gabrielle croyait que ça allait s'arrêter, elle regardait Xena et ça la reprenait, ce qui faisait rire de nouveau Xena.  Enfin, ça se calma, et la Conquérante regarda Gabrielle se ressaisir.
 
 Touchant la joue de la barde, Xena dit doucement: "Tu ne sais pas à quel point j'apprécie tout ce que tu as fait pour moi."
Gabrielle ne sut quoi dire et lui fit un petit sourire. La monarque se pencha et, tout en douceur,  captura la bouche de la guérisseuse. Au début, il n'y eut aucune réponse. Puis, comme le baiser de la Conquérante se prolongeait, Gabrielle commença à réagir, hésitante d'abord, puis avec plus de ferveur, et bientôt ses lèvres s'écartèrent pour laisser la langue de Xena explorer sa bouche. Ce baiser était différent de tous ceux qu'elle avait reçus de Perdicas, son fiancé. Ils étaient durs et sauvages alors que celui-là était doux et agréable, et plus il se prolongeait, plus elle sentait une certaine agitation entre ses jambes, une faim qui devait être rassasiée. Un désir qui avait commencé quand elle avait vu le phallus sur la table et quand elle s'était immédiatement demandé quelle serait la sensation de le sentir en elle.
 
Xena sentit le désir de la jeune fille grandir et commença à caresser son petit haut, le délaça et rompit le baiser assez longtemps pour le tirer par-dessus la tête de la jeune fille. Elle effleura les mamelons durcis, provoquant un sursaut de Gabrielle. La barde détacha sa jupe et se leva pour la faire glisser par-terre.  Xena regarda le jeune corps avec admiration. Une peau lisse, des muscles bien sculptés, un triangle de duvet blond-roux luisant d'excitation.  Xena se glissa dans le lit, fit une place pour Gabrielle qui s'installa à cheval sur ses hanches. Sa bouche saisit avidement celle de la Conquérante.
Gabrielle rompit le baiser. "Prends-moi, murmura-t-elle. "Par les dieux, s'il te plaît prends-moi."

Xena glissa son doigt sur la fente humide, le faisant monter et descendre jusqu'à ce qu'elle trouve ce qu'elle cherchait - le clitoris vierge. Son amante eut le souffle coupé par le choc électrique qui venait de la traverser à ce premier contact.  Elle la caressa d'abord lentement, puis de plus en plus vite, et sentit monter le désir et l'excitation de la paysanne, ses hanches oscillant d'avant en arrière sur les doigts de la guerrière, doigts de plus en plus près de l'entrée du sexe vierge.

Sans un mot, Xena enfonça ses doigts profondément en Gabrielle, et rencontra l'hymen de la jeune fille. Une autre poussée, plus forte, et la virginité de la jeune fille fut perdue à jamais dans un bref instant de douleur vite remplacée par la jouissance. Glissant ses doigts dans et hors de Gabrielle comme elle venait de jouir, elle se délecta des spasmes intérieurs puis libéra sa main.  Quand elle jouit, Gabrielle fit peu de bruit mais se convulsa violemment.  Xena prit la jeune femme dans ses bras et la tint serrée pendant que les spasmes s'amenuisaient. Gabrielle ouvrit les yeux et regarda Xena. "Tu vois, tu n'as pas besoin de me l'ordonner."
 
Xena lui rendit son sourire."Je ne pensais pas devoir le faire."
Elle étreignit Gabrielle plus étroitement et éteignit la bougie, s'arrêtant une seconde pour admirer le sang sur ses doigts.
 
                                                         ***************************

 Callas se renversa dans le doux foin odorant, réfléchissant au plan que lui et la Conquérante avaient mis au point avant qu'il ne s'éclipse. Ils savaient tous les deux que ce ne serait pas facile de la ramener dans l'enceinte du château - désormais, Darphus était au courant de la mort d'Actus et avait du poster des gardes sur toutes les routes menant de Poteidaia à Corinthe. Et s'il était intelligent, ou s'il avait écouté quelqu'un comme Polnus, un brillant tacticien, il avait aussi posté des troupes dans les forêts de chaque côté des sentiers.
 Non, il n'y avait que deux moyens de faire revenir l'impératrice en ville. L'un était par la mer, ce qui serait trop long. L'autre était de passer sous le nez des gardes. Un faux plancher dans le wagon serait trop long à construire. Ils devaient imaginer quelque chose qui empêcherait les gardes d'y regarder de trop près. L'idée lui vint subitement tel un flash.  En y réfléchissant, le meilleur et le plus réaliste des moyens. Quand il eut fini de peaufiner les détails dans sa tête, il se retourna et dormit bien mieux que depuis plusieurs jours.
 

Chapitre 17

Gabrielle se réveilla confuse. En ouvrant les yeux, elle vit le regard brillant de la Conquérante qui l'observait et elle se souvint qu'elle partageait son lit avec elle.
 
"Bonjour, l'endormie," ronronna Xena.  "Bien reposée?"
Gabrielle s'étira et bâilla. "Ca faisait longtemps que je n'avais pas aussi bien dormi."
Reprenant son rôle de guérisseuse, elle demanda: "Comment te sens-tu ce matin?"  
 "En pleine forme,merci." Elle se pencha et embrassa Gabrielle. "Comment toi tu te sens, c'est ça la question"
 "Moi? Euh, très bien. Pourquoi?"
 "Oh, je pensais juste que tu aurais pu te sentir un peu différente après cette nuit ..."
La jeune femme la regarda, ne comprenant pas jusqu'à ce que Xena lève sa main, ses doigts tâchés de sang séché. Ses yeux s'écarquillèrent. "Ce n'était pas un rêve? tu as vraiment ...? Nous avons vraiment...? Oh. Par les dieux …"
Maintenant, elle comprenait pourquoi elle partageait son lit avec la Conquérante, et elle enfouit son visage dans ses mains , embarrassée.
"Gabrielle, qu'est-ce qui ne va pas?"
 "Je me souviens maintenant. Je me suis jetée sur toi comme une putain."
 "Non, tu m'as offert un cadeau très spécial, et je te remercie de m'avoir fait confiance en me donnant ta virginité."
 "Mais ..."
"Pas de "mais". tu as eu confiance en moi pour que je ne te fasse pas mal. Ce que je n'ai pas fait. Et je ne te blesserai jamais délibérément. Mais j'espère aussi que c'est ta façon de me dire que tu m'accompagneras à Corinthe ."
Elle ouvrit les bras pour que Gabrielle vienne s'y blottir. La jeune  blonde ferma les yeux et soupira de contentement en se blottissant contre son amante. 

"Je crois que je vais venir avec toi – je ne pourrai jamais regarder ma mère ou ma sœur sachant ce que j'ai fait. Ce sera déjà assez difficile de leur expliquer pourquoi je t'ai laissée rester ici après avoir découvert ta véritable identité, même si je ne pense pas que quiconque oserait dire que la Destructrice des Nations s'est perdue, et cela, s'ils tiennent à leur vie, comme moi, évidemment ... "
 Xena explosa de rire. "Gabrielle?"

 "Oui?"
"Tais-toi et embrasse-moi."
 
 *******************
 
Quand Callas entra dans la maison, il portait une brassée de bois pour la cheminée. Il la déposa près de l'âtre et jeta des brindilles sur les braises, attendant qu'elles prennent. Ses oreilles sensibles distinguèrent le grincement révélateur d'un lit, venant de la chambre.  Ce n'était pas le moment de frapper à la porte.  Il connaissait un soldat qui avait osé entrer dans la tente de la chef alors qu'elle couchait avec la femme du général ennemi. Le soldat est ressorti de la tente aussi vite qu'il y était entré, mais avec un poignard planté au milieu de la poitrine. Personne n'avait jamais osé interrompre de nouveau Xena quand elle couchait avec quelqu'un.
Après avoir ajouté du bois dans le feu  ardent, Callas prit lentement le seau d'eau pour aller le remplir.
 
 Après avoir perdu une demi-heure à chercher des œufs dans la basse-cour, admirer les fleurs et le jardin à l'arrière de la maison, mettre les chevaux dans le petit corral et s'assurer que le bac à eau était plein, il prit le seau et rentra dans la maison au moment même où Xena sortait de la chambre.  Elle découvrit le feu et, en silence, lui montra qu'elle lui était reconnaissante d'avoir respecté son intimité.
 
 "Bonjour, Majesté."
 "Bonjour, Callas. Comment vas-tu aujourd'hui?"

 Gabrielle sortit à son tour de la chambre et s'arrêta en voyant l'homme debout, le seau à la main. Son visage devint rouge écarlate, réalisant qu'il avait probablement compris ce qu'il venait de se passer. Elle se dirigea vers le comptoir et s'occupa à préparer quelque chose à manger.
 
 "Conquérante, je crois avoir trouvé un plan pour te faire entrer dans le palais, mais cela inclut également Gabrielle."
 Xena se dirigea vers la chaise et s'assit. "Dis-moi ce que tu as en tête."
 "Conquérante, il y a deux choses que les gens du village et de la ville craignent – le feu et la contagion. Si nous faisons passer Gabrielle pour un parent ou même une guérisseuse du village t'amenant à Corinthe pour consulter les guérisseurs parce que là, elle n 'est pas certaine que tu n'as pas une maladie mortelle ou contagieuse, et qu'elle ne sait pas comment la traiter, ou quelque chose comme cela, les soldats n'oseront pas faire une fouille minutieuse du charriot de peur de contracter ce que tu es censée avoir. Tu pourras ainsi entrer dans la ville. Entrer dans le château est une autre paire de manche. "
Il prit un morceau de fromage que Gabrielle venait de poser sur la table.
 
"Ca pourrait marcher, Xena - je veux dire Conquérante. J'ai toutes les herbes et les potions héritées de ma grand-mère que l'on pourrait mettre dans le charriot, ainsi que les parchemins. Il faut juste que j'envoie un mot à ma mère et à Lila pour leur faire savoir que je vais à Corinthe, pour ne pas qu'elles s'inquiètent, et je pourrais alors venir. "
 
La Conquérante s'assit et les regarda, réfléchissant aux avantages et aux inconvénients. 
 "Il faudra que je me maquille la figure et les mains pour faire croire que j'ai la vérole ou autre, mais tu vois, je pense que ça pourrait marcher. Pouvons-nous être prêts à partir cet après-midi? Je veux arriver à Corinthe au plus vite. "
 
Gabrielle sourit: "Oui, je sais quoi utiliser pour ton maquillage ".
 "Une petite suggestion, Majesté. Je pense que toi et Gabrielle devriez voyager seules. Si je vous accompagne, avec mon armure et celle de mon cheval portant les insignes de la Conquérante, ça paraitra suspect. Je serai devant ou derrière vous de plusieurs heures. "
 "Je suis d'accord," Acquiesça Xena.
 "Peut-être que Callas pourrait apporter le mot à ma mère à Poteidaia avant de retourner à Corinthe. Ca ferait un bon intervalle, non?" demanda la jeune barde.
 "Peaufinons les détails pendant la fin de notre petit-déjeuner et après on se met au travail."
Elle prit un morceau de pain aux noix et commença à expliquer les détails, tels qu'elle les voyait.
 
 Chapitre 18

 Darphus roula loin de la femme sur le plancher et resta là, haletant, content de lui d'avoir coucher avec une autre esclave de corps de Xena. Coucher avec une de ses esclaves et lui piquer son trône: tout ce qu'il faisait à partir de maintenant montrait que l'ordure moralisateur était pareil qu'elle. Bien sûr, le problème était qu'elle ne saurait jamais ce qu'il avait fait car elle serait morte. Peut-être qu'il pourrait faire un sacrifice pour le dieu Hadès et la laisser regarder comment il lui volait son petit univers, brique après brique.
 
Il regarda la femme à côté de lui - ordinaire, timide. Pourquoi Xena l'avait-elle gardée pour elle était quelque chose qu'il n'avait jamais compris.  "Habille-toi et sors d'ici,"Lui grogna-t-il. Effrayée, elle se hâta d'enfiler sa chemise et sortit en courant. Darphus se leva et  remontait son pantalon quand il aperçut son reflet dans le miroir. Peut-être devrais-je offrir la vie à cette chienne si elle consent à devenir ma maîtresse, pensa-t-il. Un regard à MES bijoux de famille, et elle serait incapable de refuser! Il se mit à rire en imaginant feue la puissante impératrice Xena le supplier de coucher avec elle. Oui, il la ferait supplier, exactement. Supplier pour sa vie.
 
 On frappa à la porte et il se hâta de reboutonner son pantalon.  "Entrez!"
 "Seigneur Darphus, je viens te signaler que toutes les troupes sont en place sur les routes de Poteidaia, et j'ai pris la liberté d'envoyer deux navires patrouiller dans les eaux du Nord, juste au cas où elle déciderait de revenir par la mer".
 
 "Bien pensé. J'ai l'intention de faire mon annonce demain en milieu d'après-midi. Pour le moment, je veux que tous les biens de cette fille soient retirés de ses quartiers et que mes affaires les remplacent"
 
 "Oui, sire. Que devons-nous faire de ses affaires?"
   "Brûle-les, pour ce que je m'en fiche! Sauf les armes, et les instruments de torture que nous savons qu'elle utilise quand elle couche avec ses esclaves. Laisse-les où ils sont pour que je puisse m'en servir. Préviens-moi dès que tu apprends quelque chose de tes troupes."
 
 "Oui, Sire." Polnus s'inclina et se retira.
 
Darphus alla vers la fenêtre et regarda les paysans sur le marché. Imbéciles, vous ne savez pas la chance que vous aviez avec Xena comme Impératrice. Quand je serai au pouvoir, vous aurez à peine de quoi vivre - quatre-vingt dix pour cent de ce que vous réaliserez me reviendra avec les impôts, que je déposerai dans mon trésor personnel. Tout ce que vous ferez dans vos petites vies minables sera pour moi!  JE SUIS LE ROI DARPHUS, le plus grand souverain de l'univers!

Il se mit à rire de façon incontrôlable, et les serviteurs et esclaves qui passaient par là et qui entendirent le sinistre cri s'éloignèrent rapidement.
 
Chapitre 19
 
 Callas voyageait d'un rythme tranquille, profitant de la belle journée et de la campagne autour de lui.  Il n'avait jamais vraiment pris le temps de profiter de son environnement; mais il avait des ordres de la Conquérante à exécuter afin qu'elle et Gabrielle aient le temps d'entrer dans Corinthe avant lui. Il montait la jument couleur or  de la Conquérante, la seule façon qu'ils avaient trouvé pour ramener la magnifique jument aux Écuries Royales sans éveiller les soupçons.
 Quelques dinars au maître des écuries permettraient de s'assurer de son silence lorsque le cheval de la Conquérante reviendrait avec un autre cavalier sur sa selle. Dans sa ceinture, Callas portait un mot de Gabrielle pour sa famille, expliquant ce qui se passait et qu'elle serait de retour dès qu'elle le pourrait.
 
 Il espérait vraiment que son plan fonctionne -il ne voyait pas plus grande souffrance que d'avoir Darphus comme maitre du monde. Bien que les actes de la Conquérante aient souvent été violents et impitoyables, il y avait toujours un but à ce qu'elle entreprenait. Darphus pillait, détruisait et assassinait juste pour exercer son pouvoir sur les gens. Et pourtant, la Conquérante qu'il avait vue au cours des 24 dernières heures était différente de celle qu'il fréquentait depuis de nombreuses saisons. 
Elle était plus douce, plus modeste que la destructrice des nations ne l'avait jamais été, et il se demandait si la jeune guérisseuse avait quelque chose à voir avec ce changement. Probablement pas. Aussi graves qu'étaient ses blessures, le comportement de la Conquérante était certainement du à la douleur qu'elle ressentait et à son refus de prendre des calmants.
 
Parce qu'il était plongé dans ses pensées, Callas ne remarqua pas les deux hommes - l'un en face de lui, l'autre derrière.  L'endroit où il se trouvait avait subi une vague de vols à main armée.
Le cavalier derrière lui accéléra pour combler la distance, tandis que celui en face ralentit. C'est quand il se trouva à distance de frappe que Callas prit conscience de leur présence.
 
"Bonjour," dit le cavalier de devant, son sourire montrant des dents manquantes et plusieurs autres en décomposition.

 "Une belle journée, n'est-ce pas?"
 "En effet" répondit Callas. "Une belle journée pour ne rien faire."

Il se mit sur ses gardes mais pas autant qu'il aurait du.
 "Où vas-tu par cette glorieuse journée; remercier l'impératrice?
 "Je vais à Poteidaia, chez la veuve d'Hérodote, un ordre de la Conquérante en personne."

Callas s'en voulut dès que les mots sortirent de sa bouche.
 "La Conquérante, hein?" demanda le cavalier, un sourire jusqu'aux oreilles. "Ca veut dire que tu dois porter sur toi une pièce d'or ou deux, et ça me ferait plaisir de t'en soulager."
Le voleur tira son épée.
 Alerté par un bruit de métal, Callas se retourna pour voir une autre épée pointée sur sa gorge. "Et je vais prendre cette petite épée que tu as là et te poignarder avec."
 
 "Je vous préviens, Messieurs, si vous persistez, une fois à destination, vous aurez le plus beau régiment de Xena à vos trousses pour me venger."
 "Oh, j'ai vraiment peur. N'est-ce pas Autolycus?" dit le cavalier de derrière à son compagnon.
 "Tu es fou!" gronda Autolycus. "Pourquoi ne pas lui donner aussi l'emplacement de notre campement pendant que tu y es, Joxer?"
 Callas sourit. "Autolycus, le roi des voleurs, réduit au vol de gens à la tire? Dieux, les puissants sont tombés bien bas!"
 
 "Non, merci à Xena la Conquérante", répondit-il.  "Son obsession de la sécurité rend très difficile le vol même pour les bons voleurs  comme moi qui ne désire qu'une vie honnête, et j'en suis réduit à ça. Mon andouille de compagnon, ici présent, n'a jamais connu autre chose. Ca a toujours été un petit voleur . "
"Pourquoi des épées, Autolycus? Le roi des voleurs n'est pas connu pour être violent avec ses victimes."
Autolycus se mit à rire. "Certains des paysans du coin ne renoncent pas facilement à leur argent durement gagné."
 
Soudain Callas tira son épée. "Comme moi!" s'écria-t-il, en donnant un coup de talon à Argo, son épée visant le ventre du roi des voleurs.  Autolycus réussit à détourner l'épée au dernier moment et ne fut que légèrement blessé au côté. Il mit sa main sur la plaie puis la regarda, étonné de voir son propre sang. Il entra dans une colère noire.
"Personne n'a jamais osé toucher le roi des voleurs avec une épée! tu vas mourir pour cette transgression!"
"Pourquoi gâcher un record parfait, ne jamais blesser tes victimes, Autolycus? Laisse-moi partir et je ne ferai aucune mention de cet incident."
 
 "Jamais!" Autolycus lança son cheval et chargea Callas. Joxer se lança aussi. Argo était bien reposée et impatiente de galoper, de sorte qu'elle partit sans insistance de la part de son cavalier. La poursuite se fit sur plusieurs lieues, les deux voleurs suivaient leur victime à travers les champs et les bois.
 
Regardant au loin, Callas aperçut un embranchement, une route menant à Poteidaia et l'autre à la mer.
"C'est toi qui choisis, ma fille!" Cria-t-il à Argo.  La Conquérante parlait souvent de la façon étonnante qu'avait son cheval de savoir ce qu'il fallait faire ou non. Argo prit le chemin menant à la mer.
 
 Autolycus vit le cheval et le cavalier prendre ce chemin et prit l'autre route; assez doué pour trouver des raccourcis, il savait que couper à travers champs rejoindrait l'autre chemin. Réalisant ce que son partenaire avait en tête, Joxer suivit Callas.
 
Sur une ligne droite, Callas se retourna pour voir où en était son poursuivant et vit Joxer à un quart de lieue derrière lui. Il se retourna juste à temps pour voir émerger Autolycus d'un chemin en face de lui et il tira fort sur ses rênes, poussant Argo à s'arrêter brutalement. Une fois immobile, Argo se cabra, jetant Callas au sol. Son épée atterrit deux mètres plus loin. Autolycus sauta rapidement de son cheval et courut pour récupérer l'épée de l'homme désormais sans défense.
 
"Tu pensais pouvoir t'échapper, hein?" dit Autolycus en plaçant la pointe de son épée sur la gorge de Callas, ce qui  perça légèrement la peau et fit couler une petite goutte de sang.

 "Autolycus!" s'écria Joxer.  "Tu ne vas pas vraiment le tuer, dis? Nous n'avons jamais tué personne. Tu avais dit que nous ne le ferions pas!" Il descendit de son cheval et courut vers son partenaire.
 "C'est différent – C'est lui qui a fait couler la première goutte de sang» dit Autolycus.
 
 "Alors finissons-en," répondit Callas, les yeux dans ceux d'Autolycus.  "Mais souviens-toi que je suis un messager de Son Altesse royale, l'impératrice Xena; ma mort ne restera pas impunie. Tu seras pourchassé d'un bout à l'autre de la Grèce, jusqu'à ce qu'on te retrouve et qu'on t'exécute."
 "Allez, Autolycus, laisse-le partir. Je veux mourir vieux dans le lit d'une belle femme, pas comme un voleur et un assassin" plaida Joxer.  "Et tu es le roi des voleurs, pas celui des assassins."
 
Autolycus réfléchit un instant puis baissa son épée. Callas relâcha lentement le souffle qu'il avait inconsciemment retenu.  Il fouilla dans sa poche et en sortit une douzaine de pièces d'or qu'il remit à son adversaire. "C'est tout l'argent que j'ai. S'il te plaît prends-le et pars."
Autolycus les empocha puis monta silencieusement sur son cheval et partit. Joxer le suivit rapidement.
 
Argo se dirigea vers Callas et baissa la tête. Il la regarda et sourit. "Les Parques ont été gentilles, aujourd'hui. Allons à Poteidaia et rejoignons ta maîtresse." Il se leva, se dépoussiéra, et remonta sur Argo pour continuer son voyage.
 
 
Chapitre 20

 
 Xena était assise sur une souche dans un endroit boisé, tandis que Gabrielle allait vers le chariot pour récupérer sa trousse de soin. Elles avaient voyagé durant quatre heures avant de faire une pause pour déjeuner. Xena avait très peu marché, suscitant beaucoup trop sa jambe blessée quand elle le faisait. Mais elle avait refusé de laisser Gabrielle y jeter un œil. "Conquérante, tu devrais me laisser regarder. Et si c'était infecté? "
 "Alors, je finirai par perdre ma jambe", répondit Xena d'un ton neutre.  Gabrielle frappa gentiment la jambe de sa patiente, l'obligeant à respirer un grand coup.  Gabrielle souleva le pansement et eut le souffle coupé. La jambe était enflée, la plaie rouge et pas belle à voir, la peau tirant sur les points de suture.
 
 La guérisseuse prit sa trousse dans le charriot. En revenant, elle apporta aussi une casserole d'eau qu'elle mit sur le feu. Elle prit ensuite  un petit couteau et coupa quelques points de suture. "Par les dieux, Xena! murmura-t-elle. Elle retira rapidement les autres points et nettoya l'infection à l'odeur putride avant de faire un pansement avec des herbes. Elle commença alors à recoudre la plaie après avoir endormi les nerfs de la guerrière.
 
La Conquérante ne dit rien durant cette douloureuse épreuve mais observa avec admiration  Gabrielle la soigner. Le doigté de la petite femme, sa capacité à ressentir quand sa patiente n'allait pas bien,  étaient des cadeaux que la Conquérante ne prenait pas à la légère. Elle savait que la présence de la jeune femme à la cour serait on ne peut plus bénéfique. Sans compter qu'avoir une nouvelle amante rendrait heureuse l'impératrice comme elle ne l'avait pas été depuis longtemps.  Leur rapport de ce matin avait été particulièrement agréable  - plus encore qu'avec ses esclaves de corps et ses moyens de torture.  Et elle savait que Gabrielle ne connaîtrait jamais la douleur et le plaisir d'un de ces instruments, seulement ses caresses ou son phallus si elle insistait pour qu'elle l'utilise.
 
 Aucune d'elles ne parla durant l'heure que dura les soins, sachant que moins Gabrielle serait distraite, plus vite elle travaillerait, donc plus tôt elles reprendraient la route. Xena était de plus en plus inquiète à mesure qu'elles se rapprochaient de Corinthe. Elle essayait mentalement de trouver la meilleure méthode pour démasquer Darphus et son plan, et ce, devant le plus de personnes possible. La clé de son plan était Polnus.
 
"Voilà", dit Gabrielle, en tendant un gobelet de thé à la Conquérante, la sortant de ses pensées.  "Bois ça. Ce sont des herbes pour combattre l'infection." Xena sourit et but une gorgée de la boisson chaude.
 
 "Ca combat sûrement les infections, mais ça ne rend pas le goût meilleur", dit-elle avant de l'avaler d'un coup. Elle fit la grimace en lui rendant le gobelet. La guérisseuse le posa et s'assit sur la souche à côté de Xena.
 
"Alors, as-tu trouvé comment gérer les choses lorsque nous serons à l'intérieur des murs de la ville?" demanda La jeune femme.
 
 "Je pense que oui, mais la première chose que nous devons faire c'est d'entrer dans nos personnages au cas où nous rencontrerions des gardes de Darphus, tu es d'accord? "
 
 Gabrielle hocha la tête. "Oui. Nous ne sommes qu'à une heure de route de Corinthe, et j'ai peur que nous tombions sur une patrouille."
Elle retourna vers le chariot, prit une petite boîte,  et revint aux côtés de la Conquérante. "J'ai pris la liberté de récupérer tes vieux bandages pour les ajouter à ceux que je viens d'enlever. Non seulement tu dois avoir l'air d'avoir une infection due à une maladie grave, mais ça doit aussi se sentir. Ainsi, les patrouilles ne s'approcheront pas trop. "
 
 "Bonne idée." Xena s'assit tranquillement, tandis que Gabrielle entourait ses mains et sa tête de linges putrides.  L'odeur qui s'en dégageait était écrasante, mais elle ne voulait pas montrer à la jeune barde son dégoût, et elle avala la bile qui montait dans sa gorge. Il ne fallut pas longtemps pour qu'elle s'habitue à l'odeur de la maladie qui infestait l'air autour d'elle. Gabrielle recula quand elle eut fini. Des bandages ensanglantés et infectés couvraient le visage de la Conquérante, ne révélant que les yeux et une petite ouverture par laquelle elle pouvait respirer. Des bandages similaires enroulaient ses mains.
 
"Tu as l'air horrible, dit-elle en souriant.  "Et si un garde s'approche à moins de 15 pieds de toi, il rendra son dernier repas."
 "C'est ce que j'espère."
 
 Les femmes  s'installèrent dans le charriot, Xena derrière, Gabrielle à l'avant. Lentement, elles s'éloignèrent de la clairière et reprirent leur route.
Elles avaient  parcouru environ une demi-heure de trajet quand Gabrielle déclara: "Ils sont là. Sept. et j'en vois d'autres dans les bois de chaque côté de la route. Darphus doit vraiment avoir peur de toi."
 
"C'est exact. Il sait que je le tuerai dès que je le verrai" murmura Xena. Elle s'assura que son épée et son chakram étaient bien à portée de main, sous la paille sur laquelle elle était couchée.
 
Le chef de la garde s'approcha du charriot. "Où allez-vous et pour quelles raisons?"
 
"S'il vous plaît monsieur," dit Gabrielle, suppliante, "Nous allons à Corinthe recourir aux services d'un guérisseur. Ma sœur est très malade, une maladie inconnue, et le guérisseur de notre village est incapable de l'aider.  Nous avons pensé que peut-être l'un des guérisseurs de Corinthe pourrait la sauver. "
 
La garde descendit de son cheval et se dirigea vers l'arrière du charriot. Il souleva la couverture recouvrant Xena et eut un haut le cœur. "Par les dieux, on dirait qu'il est trop tard pour l'aider, mais continue ta route et plus vite que ça. Et garde un œil ouvert si tu rencontres la Conquérante. Elle est devenue folle et a déjà tué des paysans par ici. Aux dernières nouvelles, elle en a abattu une centaine parce qu'elle n'aimait pas le repas qu'on lui a servi dans une taverne. Elle n'y réfléchira pas a deux fois pour tuer une femme malade et sa sœur. "
"Oui, sire, merci." D'un claquement de langue, Gabrielle fit repartir le cheval.

Elle vit l'enceinte de la ville et arrêta le charriot. Xena arracha ses bandages et monta à côté de Gabrielle, avalant des goulées d'air frais pour débarrasser ses poumons de l'odeur qu'elle avait supporté. Elle regarda la ville et sourit, puis elle prit les rênes des mains de Gabrielle.
 "Je vais conduire car je sais exactement où je veux aller" sourit-elle.  Elles avancèrent vers la ville. 


Chapitre 21
 
Alinia décrocha une des robes de la Conquérante de l'armoire et l'inspecta. Faire en sorte que les vêtements de Xena n'aient aucune  déchirure, aucun accroc  était l'une des plus agréables de ses tâches, et ça faisait passer le temps plus vite. Trouvant un petit accroc dans la couture, elle sortit une aiguille et du fil et s'installa au coin du feu pour le recoudre, s'arrêtant parfois pour boire un peu de thé chaud importé de Chine.
 
 Toute la matinée, elle avait entendu une rumeur selon laquelle la Conquérante était morte, et que Darphus était sur le point de réclamer son trône. Elle ne voulait pas le croire, car elle savait que Xena était assez habile pour se sortir d'une mauvaise passe. De plus, elle et son amie d'enfance gardaient toujours ce lien spécial qui lui permettait de ressentir ce que Xena ressentait, et tout ce qu'elle sentait maintenant était du bonheur. Elle savait que Xena était toujours en vie et serait bientôt de retour à Corinthe.
 
La porte claqua en s'ouvrant brutalement et Darphus entra dans la chambre avec deux de ses esclaves. "Prenez toute cette merde et brûlez tout. Vous pouvez partager les vêtements entre vous si vous voulez, mais je veux que toute trace de cette chienne de Corinthe aient disparu au coucher du soleil. C'est compris? "
 
 "Oui, Seigneur Darphus," répondit la plus petite des deux femmes. Elle regarda autour d'elle tous les souvenirs des conquêtes et des batailles qui recouvraient les murs - chaque objet avait une signification particulière aux yeux de Xena, qu'elle seule connaissait.
 
Darphus repéra Alinia, qui ne lève pas les yeux de sa couture.  "Et toi, esclave, tu deviendras ma propriété selon mon bon plaisir. Et si tu ne parviens à pas me convaincre du contraire, tu seras morte demain au coucher du soleil.  Tu comprends? "
 
 La couturière leva les yeux de son travail. "Je ne crois pas que ce soit moi qui serai accueillie par Hadès demain, mon Seigneur."
 
"Ta maîtresse est morte, ou le sera bientôt," Renifla l'homme bourru. "Et tu vas la rejoindre dans le Tartare. L'Empire est à moi, les gens sont à moi.  Je ne veux rien ici qui me la rappelle! Et tu en fais partie.”  Il tourna les talons et sortit très vite de la pièce. Alinia le regarda partir, puis se tourna vers les deux esclaves.
 
 "Ne touchez à rien dans cette chambre.  Si vous le faites, vous aurez affaire à moi et à votre Maîtresse Xena. "
 « Descendez à la cuisine et restez-y.   Je m'occuperai du Seigneur Darphus s'il revient."
Les deux esclaves se regardèrent l'une l'autre et se précipitèrent hors de la chambre, fermant la porte derrière elles. Alinia reprit son travail de couture et ne remarqua pas la tapisserie sur le mur à côté de la cheminée se déplacer pour révéler la Conquérante.
 
 "Même quand je ne suis pas là, elle fait en sorte que mes vêtements soient beaux" dit Xena à voix basse.
Alinia se leva pour saluer son amie. "Je savais que tu n'étais pas morte" elle sourit. Xena avança de quelques pas, révélant Gabrielle qui se tenait derrière elle.
 
 "Alinia, voici Gabrielle, ma sauveuse. Sans elle, je serais sans doute réellement morte comme le prétend Darphus. " C'est alors seulement qu'Alinia vit le bandage sur la cuisse de sa maîtresse. Xena boitilla jusqu'au lit.
 
 "Que s'est-il passé?" demanda l'esclave, s'approchant pour regarder la blessure.
 "J'ai du me battre contre un sanglier et un puma, en l'espace de dix minutes. Argo m'a emmenée vers la maison de Gabrielle, et comme par hasard, il s'agissait d'une guérisseuse. Elle m'a recousue. Ensuite, Callas est arrivé et m'a dit ce qui se tramait ici;  j'ai donc pensé que nous ferions mieux de revenir. "
 
"Merci d'avoir pris  si grand soin de ma Maîtresse," dit Alinia à Gabrielle. Elle se retourna vers Xena.  "Darphus envisage de proclamer ta mort dans environ une heure."
 "Eh bien, nous aurons une petite surprise pour lui,"  La Conquérante brune sourit.
 "Xena ... Conquérante," se corrigea Gabrielle en apercevant le flash de colère dans les yeux d'Alinia à cette familiarité. "D'après ce que je viens de voir de l'homme, il ne fera pas marche arrière à ta réapparition. "
 "Je vais simplement le tuer."
"Pourquoi ne pas l'emprisonner?
"Parce qu'il y aura toujours une possibilité pour qu'il s'échappe, et s'il le fait, ce sera alors un encore plus grand combat. Mieux vaut le tuer maintenant que de subir les conséquences plus tard. "
 
Gabrielle hocha la tête. "Je comprends. Je n'aime pas tuer, mais il semblerait que cela soit justifié.  Surtout depuis qu'il est la cause de la mort de mon père il y a six mois. "
 
"tu es de Poteidaia," déclara Alinia d'un ton neutre.
 "Oui."
 "Je crois n'avoir jamais vu la Conquérante si enragée" se rappela Alinia.
"C'est quand j'ai appris que Darphus avait son propre programme pour l'Empire," ajouta Xena.  "Je l'ai analysé de près, ne lui faisant jamais vraiment confiance depuis lors. Je l'abreuvais d'informations - lui disant une chose alors qu'en réalité, c'était le contraire. Rien ne me permettait de l'arrêter pour préjudice, mais c'était suffisant pour me faire savoir jusqu'où je pouvais lui faire confiance. Ce qui n'allait vraiment pas loin. "
 
 "Majesté," commença Alinia "Nous devons trouver un moyen pour que tu sois sur le balcon et que tu te caches avant qu'il ne commence sa déclaration."
 "J'y ai déjà réfléchi" répondit Xena. "Voilà ce que nous allons faire."
 Les trois femmes conçurent un plan pour mettre la Conquérante en position.

                                                                       ********************

Chapitre 22

   La foule nombreuse se rassembla petit à petit sur la place publique une heure avant l'heure prévue.  Les gens savaient que quelque se tramait - la Conquérante faisait rarement des rassemblements publics, et généralement uniquement pour exécuter un dissident célèbre ou un criminel. Aussi loin qu'ils s'en souvenaient, ni leur chef, ni son armée, n'avaient capturé récemment l'un des deux cas. Gabrielle fit son chemin au milieu de la foule, suivant les instructions de Xena. Elle vit les soldats de Darphus dispersés dans la foule, beaucoup plus nombreux que les fidèles troupes de la Conquérante.
 
Les rumeurs volaient à tout va - la Conquérante allait envahir une nouvelle terre, les taxes allaient augmenter, les taxes seraient supprimées, la Conquérante se retirait, les esclaves allaient être libérés. Comme l'heure de l'annonce approchait, les spéculations allaient bon train, de plus en plus énormes.  Gabrielle sourit intérieurement quand elle entendit quelqu'un dire que la Conquérante allait épouser César, le préfet de Rome, et elle sentit la chaleur humide entre ses jambes se réveiller au souvenir de ce qu'elles avaient fait ce matin.
 
 Les trompettes annoncèrent l'arrivée de la conquérante et tout le monde leva les yeux vers le balcon où elle allait apparaitre. Il y eut un soupir collectif quand Darphus, le commandant en second de Xena, sortit de derrière le rideau.
 
 "Citoyens de Grèce, dit-il. C'est le cœur lourd que je viens ici vous annoncer la triste nouvelle: Xena, Conquérante du monde, a été tuée dans un accident de chasse près du village de Poteidaia."

La foule resta stupéfaite, et un petit sourire se glissa sur le visage de Darphus. "Tel que prescrit par la loi, moi, Darphus, j'assume à présent le trône d'empereur de Grèce et de toutes les terres détenues par Xena. Mon premier geste d'Empereur sera de déclarer une semaine de deuil pour la Conquérante après les funérailles. "
 
 "L'impératrice est morte - Vive l'Empereur!" cria une voix dans la foule. Quelques-uns reprirent le cri – "Longue vie à l'Empereur" - tandis que d'autres restaient là, hébétés. Gabrielle vit le rideau bouger derrière Darphus, elle savait que c'était le signal.
 
 "Regardez!! L'impératrice! Xena est vivante!” Hurla-t-elle en montrant le balcon où Xena apparut.  Personne ne prêta d'abord attention à la guérisseuse, mais, quand les gens aperçurent leur impératrice, les applaudissements éclatèrent. Dans un premier temps, Darphus crut qu'ils l'applaudissaient lui. Xena fit un bruit derrière l'homme et il se retourna.
 
"Conquérante! On m'a dit que tu étais morte" bégaya-t-il. "C'est la raison pour laquelle j'ai fait cette annonce.  Je suis heureux de voir que tu es belle et bien vivante"  Xena vit de la peur dans ses yeux.
  "Arrête tes fadaises, Darphus. Je sais ce qui se passe, et je ne vais pas te laisser faire. Ces gens méritent beaucoup mieux que toi. "
Darphus tira son épée et s'élança sur Xena, qui le contourna aisément. Elle dégaina son épée et se tint prête à se défendre. Les soldats de Darphus commencèrent à se dégager de la foule, voulant s'échapper avant que les gens ne les attaquent. Sur le balcon, les épées résonnaient violemment pendant que Xena et Darphus combattaient, et la population regardait, fascinée.
 
Alinia, dans un autre coin de la foule, cria: "Les gardes de Darphus essaient de se sauver! Attrapez-les!" Les gens autour d'elle virent plusieurs soldats de l'imposteur tenter de s'éclipser. Ils se ruèrent sur les hommes effrayés qui furent rapidement maitrisés.
 
 Darphus combattit Xena de façon très erratique, oscillant follement, manquant chaque coup et parade.  Xena jouait avec lui, le frappant du côté large de sa lame, se moquant de lui, le frustrant et l'exaspérant. Au coup suivant, il dégagea l'épée de la main de Xena. Surpris, il fit une autre fente, qu'elle éluda.  Comme il trébuchait devant elle, elle prit son poignard de sa ceinture et enfonça sa pointe sous le sternum et dans son cœur.  Il fut mort avant même de toucher le sol.
 
Chapitre 23
 
Près d'un an s'était écoulé depuis la mort du traître, Darphus.  Xena continuait de régner sur la Grèce, à sa manière, bien que beaucoup de ses sujets avaient remarqué avec joie qu'elle était plus souple, plus modérée. Les exécutions sous forme de divertissement avaient pratiquement cessé, les esclaves avait plus de liberté qu'ils n'en avaient auparavant, et la nourriture était plus abondante. Les changements étaient subtils, mais néanmoins perceptibles.
 
 Gabrielle était retournée à Poteidaia et continuait son apprentissage avec les rouleaux de sa grand-mère. De temps en temps, un paquet arrivait de Corinthe – de nouvelles herbes envoyées par les guérisseurs de la Conquérante- avec des instructions pour les utiliser. Les herbes étaient les bienvenues, surtout lorsque la peste avait sévi dans les campagnes, tuant des centaines de personnes, mais ceux que Gabrielle avaient soigné avec les nouveaux traitements furent épargnés.
 
Elle pensait souvent à Xena, se demandant comment allait la jambe de l'Impératrice, et surtout, si  quelqu'un partageait son lit. Gabrielle n'avait  couché avec personne depuis sa relation douce-amère avec Xena, la nuit avant de quitter Corinthe – douce suite grâce à l'extase qu'elle avait ressenti, amère car elles savaient toutes les deux que c'était sans doute la dernière fois qu'elles étaient ensemble.
Bien que Xena l'avait suppliée de rester à Corinthe, Gabrielle avait insisté pour retourner dans son village où ses pouvoirs de guérison étaient indispensables. À contrecœur, Xena avait accepté. Depuis cette nuit-là, leur seul moyen de communication restait des des lettres qu'elles s'échangeaient une fois par semaine ou plus.
 
Ainsi donc, Gabrielle travaillait dans son petit jardin derrière la maison qu'elle partageait toujours avec sa mère et sa sœur. Elle arrachait les mauvaises herbes bien que ça n'ait jamais été son passe-temps favori, mais il fallait bien que ce fut fait. Le soleil était brûlant et elle s'arrêtait de temps en temps pour essuyer la sueur sur son front. Une ombre tomba devant elle.
 
"Lilla, ne reste pas là", dit Gabrielle, agacée. "Descends de là et viens m'aider à arracher ces mauvaises herbes."
 
"Je ne savais pas qu'une carotte était une mauvaise herbe", dit doucement une voix au-dessus d'elle.  Gabrielle leva les yeux dans ceux, bleus perçants, auxquels elle pensait chaque soir en s'endormant.  D'un coup, elle se leva et jeta ses bras autour de Xena, la serra fort alors que la Conquérante enroulait les siens autour de la petite femme.
 
"Xena", murmura Gabrielle à travers ses larmes. "Par les Dieux, je suis si contente de te voir!!! Que fais-tu à Poteidaia? "
 
"Tu me manquais" sourit la Conquérante.  "Il n'y a pas eu un jour où je n'ai pensé à toi, à me poser des questions sur toi, et à regretter que tu ne sois pas restée à Corinthe. Les lettres, c'est bien, mais je ne peux pas faire l'amour avec une lettre. "
Doucement, elle embrassa les lèvres qu'elle avait tant rêvé de capturer de nouveau. Gabrielle répondit avec une ferveur qui enchanta la grande femme. À contrecœur, elle rompit le baiser.
 
"Gabrielle, je veux que tu déménages, toi et ta famille, pour Corinthe. Je ne supporterai pas d'être loin de toi plus longtemps. J'installerai ta mère et sa sœur dans une maison près du palais, et tu vivras avec moi. Tu pourras les voir quand tu voudras, et elles, et toi, serez toujours à l'abri du besoin.  S'il te plaît dis oui. "
 
Gabrielle leva les yeux et sourit. "Il faudra en parler à mère et Lila, mais même si elles décident de rester ici, je viendrai avec toi. Je t'aime, Xena. "
 "Je t'aime aussi, Gabrielle. Je te veux dans ma vie pour toujours."

 Elles s'embrassèrent encore, puis, main dans la main, se dirigèrent vers la maison pour parler à la mère de Gabrielle.
 
                                                                                 fin???   

 

Commentaires  

 
#2 Kyo 2011-01-28 13:29 Génial et très différente des autres conquéror. J'aime beaucoup mais c'est vrai qu'avoir la réaction de la maman aurait été bien. Peut être il y a t il une suite vu les points d'interrogations Citer
 
 
#1 Mel et lucy 32 2011-01-27 09:32 superbe FF cependant c'est domage de s'être arreter comme ça, perso j'aurai aimer savoir se que la mère de GAbrielle allait dire par la suite

bravo en tout cas ;)
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