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Lady Warrior par T. Andrews
Copyright: 19/10/2001

Xena: princesse guerrière, Gabrielle, Argo et tous les autres personnages qui ont fait leur apparition dans la série Xena princesse guerrière ainsi que les noms et titres sont la propriété du copyright de MCA / Universal et Renaissance Pictures. Aucune violation du droit d'auteur n'est prévue à la rédaction de cette fan fiction. Tous les autres personnages, l'idée de l'histoire et l'histoire elle-même sont la propriété exclusive de l'auteur. Cette histoire ne peut pas être vendue ou utilisée d'aucune façon dans un but lucratif. Des copies de cette histoire peuvent être faites pour un usage privé et doivent inclure tous les avertissements et les mentions de copyright.
NOTE: Toutes les œuvres sont la propriété © de l'auteur original. Celles-ci peuvent être republiées sans le consentement de l'auteur.

AVERTISSEMENT VIOLENCE : Ouais. Pas grand chose en fait.

 AVERTISSEMENT SEXUEL: Cette histoire est une Alt-Xena; en d'autres termes, elle représente des scènes de sexe entre deux femmes adultes. Donc, pour ceux d'entre vous qui sont âgés de moins de 18 ans ou si c'est illégal dans votre pays ou pour votre esprit alors s'il vous plaît ne continuez pas.

NOTE DE L'AUTEUR: Je voulais essayer quelque chose de différent mais je ne n'abandonne pas le reste. Et j'espère que vous apprécierez.
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CHAPITRE 1

Xena ouvrit la porte et amena Gabrielle, les yeux bandés, au milieu de la pièce. Elle l'arrêta soudain, ferma la porte, passa derrière elle et enleva lentement le bandeau. Gabrielle ouvrit les yeux et fit le point.
"Par les Dieux, Xena!" murmura-t-elle.

"Surprise?" Demanda Xena en posant ses mains sur les épaules de la barde.  Sans voix, Gabrielle hocha simplement la tête tout en observant lentement la chambre.

Le lit était immense et recouvert de peaux d'animaux. Cinq grands oreillers étaient disposés dessus, une rose blanche et une jaune croisées au milieu. Il y avait une petite table de chevet de chaque côté du lit avec une bougie allumée. Le feu dans la cheminée illuminait la pièce d'une douce lueur et des fourrures étaient étendues devant. A gauche de la cheminée, une grande cuve remplie d'eau chaude avec plusieurs bougies sur les rebords. A droite de Gabrielle, une table pour deux avec une unique bougie allumée.

 Lentement, et doucement, Xena frotta les bras de Gabrielle et attendit que sa barde dise quelque chose. Quand Gabrielle mit les deux mains devant sa bouche en fermant les yeux, Xena se pressa contre son dos. Croisant les bras autour de sa barde, son amour, elle murmura: "Joyeux anniversaire, mon amour".

Gabrielle se retourna face à son épouse. Les larmes aux yeux, elle demanda à voix basse: "Comment as-tu ... Quand...?" Xena sourit et se pencha pour l'embrasser sur les lèvres. C'était lent et doux et il fallut toute la concentration de Gabrielle pour se détacher. Elle regarda au fond des magnifiques yeux bleus de sa guerrière et demanda :

 "Xena. Comment ... quand, par le Tartare, as-tu fait ça? Tu étais en ville avec moi toute la journée pendant le festival. Quand as-tu préparé cette chambre et combien as-tu dépensé? Et ...?"

"D'accord, d'accord", déclara Xena. Elle prit le visage de Gabrielle entre ses mains et posa ses pouces sur les lèvres de la jeune femme pour la faire taire. Elle l'amena près du lit et s'assit à côté d'elle. Prenant les mains de son amante, elle lui expliqua.

 "Souviens-toi, quand j'ai reçu un message d'un ami demandant mon aide. C'était environ une lune après notre mariage chez les Amazones."
 "Oui, je me souviens. Je voulais venir mais tu as insisté pour que je reste".
"Eh bien, il n'y avait pas de message. Trycas organise un festival tous les ans en l'honneur d'Aphrodite et j'ai pensé que ce serait un joli cadeau d'anniversaire ... de moi à toi." Elle embrassa le dos de sa main.
"Tu veux dire... que tu es venue ici ... pour préparer cette chambre ... pour nous ... si longtemps à l'avance?"

"Mm hmm." Elle regarda d'un air sérieux et amoureux les yeux de Gabrielle. "Je voulais que nous ... que tu aies un jour spécial. Alors, quand je suis arrivée ici je suis allée dans cette auberge et j'ai dit à Mavis ce que je voulais faire. Elle m'a aussitôt montré cette chambre et a eu la gentillesse de me la réserver. "

Gabrielle hocha la tête, elle n'en revenait pas. Son amour pour Xena s'amplifia à ce moment précis et une larme s'échappa quand elle ferma les yeux.
Xena se rapprocha, posa sa main sur le visage de Gabrielle et essuya la larme avant d'embrasser ses paupières. Gabrielle ouvrit les yeux et Xena finit à voix basse :
 "Gabrielle, je voulais ... il fallait ... que je fasse quelque chose pour te montrer mon amour. J'avais besoin de rendre cette journée spéciale. Mon amour pour toi ne vacillera ou n'hésitera jamais. Je t'aime. Je suis amoureuse de toi. De plus en plus fort chaque jour. "
"Xena, je t'aime tellement." Et elle l'embrassa avec sensualité. Après un moment, les deux femmes se détachèrent pour reprendre leur souffle. Toujours les yeux dans les yeux, comme sous le coup d'un sort, ce fut Gabrielle qui finalement, le brisa.

"D'accord. Tu m'as expliqué comment tu as eu cette chambre. Mais quand as-tu fait tout cela?" demanda-t-elle en caressant la fourrure sur le lit.
"Oh, eh bien, j'ai envoyé un message à Eponin et Solari pour qu'elles me retrouvent ici aujourd'hui. C'est elles qui ont préparé les chambres.".
"Eponin ... et ... Solari.".
"Oui".
"Elles sont dans le coup?"
"Uh huh".
 Regardant par terre, Gabrielle sourit à l'idée que ses deux sœurs et amies Amazones aient pris le temps d'aider sa guerrière à rendre cette journée inoubliable.
"Quoi?" demanda Xena devant son sourire.
"Nous avons des amies formidables, n'est-ce pas?".
 "Oui, c'est vrai."

Xena baissa les yeux, les mains de Gabrielle toujours dans les siennes. Elle  embrassa le dessus de la gauche puis sa paume. Elle fit de même avec la droite. Gabrielle ferma les yeux et sentit les lèvres de sa femme se poser sur les siennes. Elle laissa échapper un petit soupir tout en essayant de contrôler sa respiration, son cœur battait un peu plus vite.

Devant les yeux fermés de Gabrielle, Xena sourit. Elle appréciait la douceur des mains de son amante qui caressaient ses lèvres. Lentement, elle remonta le long du bras de Gabrielle et vint sucer son cou. Elle prit son lobe entre ses dents et le mordilla. Gabrielle était complètement envoûtée par le contact de sa guerrière et poussa un gémissement rauque.

Xena cessa soudainement tout mouvement et lui murmura à l'oreille: "Ne bouge pas..."
Gabrielle ouvrit les yeux rapidement et vit le sourire de Xena. Celle-ci se dirigea vers la chaise et prit un paquet. Elle revint vers le lit, se rassit et le posa sur les genoux de Gabrielle.
Gabrielle secoua la tête. "Xena? Non, le festival, cette chambre ... et toi ... c'est plus que suffisant. Tu n'avais pas besoin d'en faire plus.".
 "Comme je te l'ai dit, mon amour. Il fallait que je fasse quelque chose de spécial. Alors s'il te plaît, ouvre-le".
Gabrielle embrassa rapidement Xena sur les lèvres et ouvrit le paquet. Elle s'arrêta et la regarda, la bouche légèrement entrouverte comme si elle voulait dire quelque chose. A la place, elle se leva, déplia le vêtement et le contempla sans aucune expression.

 C'était une robe de soie qui brillait sous la lumière. Couleur émeraude. Rien d'extravagant, juste une robe.  Mais Gabrielle la fixait en secouant la tête.
Xena se leva et vit le visage inexpressif de Gabrielle. "Je sais que ce n'est pas extraordinaire ni royal mais ... la couleur me rappelait celle de tes yeux alors je l'ai prise."

Elle attendait que Gabrielle dise quelque chose, fasse quelque chose. Celle-ci eut un large sourire et explosa de rire. Xena eut l'air perplexe et se demanda ce qui était si drôle.

 "Tu ne l'aimes pas." Dit-elle  à voix basse. C'était plus une remarque qu'une question.
Gabrielle n'entendit pas le dernier commentaire de Xena. Elle se tourna vers elle, baissa la robe et dit: "Je reviens tout de suite". Et elle quitta brusquement la pièce. Xena s'assit sur le lit, regarda la robe et d'une petite voix: "Elle ne l'aime pas".
Gabrielle revint dans la salle après quelques instants et vit Xena assise sur le lit, tête baissée. Lorsqu'elle leva les yeux vers elle, elle y lut de la tristesse. Gabrielle resta debout un instant et repensa rapidement à ce qui s'était passé un peu plus tôt. "Oh"

Comment puis-je être si insensible? Elle doit croire que je n'aime pas la robe. Eh bien, attendons qu'elle voit ça. Avec un sourire, elle alla s'asseoir près d'elle.
 "Xena, j'adore la robe. Tiens, ouvre ton cadeau." Elle posa le paquet sur les genoux de Xena.
Xena ouvrit lentement le papier. Elle s'arrêta quand elle vit le cadeau. Un sourire apparut quand elle leva les yeux vers Gabrielle. Maintenant elle comprenait pourquoi Gabrielle avait ri. Elle se leva, le vêtement entre les mains et secoua lentement  la tête.

C'était une longue robe de soie. La même que Gabrielle, sauf qu'elle était couleur saphir bleu. Maintenant, ce fut au tour de Xena de rire.
 "Quand je l'ai vue, elle m'a rappelé tes yeux. Je suppose que nous sommes vraiment des âmes sœurs, hein?"

"On dirait bien". Elle posa la robe sur le lit et attira Gabrielle à elle. Le baiser était exigeant et la langue de Xena commença à sonder l'intérieur de la bouche de son amante, savourant la texture. Les deux femmes goutaient les sensations et cette fois ce fut Xena qui recula.
Une lueur dans les yeux, elle dit d'une voix basse et langoureuse: "Pourquoi ne pas essayer... nos...". Elle fut interrompue au milieu de sa phrase car Gabrielle avait la même idée.
 Elle n'avait pas eu à attendre la fin de la question. Elle se mit à déshabiller la guerrière qui souriait de façon toujours aussi séduisante. "Oooo ... Je déballe mon deuxième cadeau."
 Mmmm ... J'aime déballer les petits paquets, pensa Xena en retirant le haut de Gabrielle.

CHAPITRE 2

"AHHHGGG ..." hurla la guerrière à pleins poumons. Elle jeta ses affaires partout dans la tente, en proie à une rage incontrôlable. Elle n'en revenait pas d'avoir perdu tant de temps dans ce village et d'en revenir les mains vides. Elle voulait récupérer son médaillon et elle y parviendrait, quitte à trucider chaque villageois un par un.

"Ces imbéciles n'imaginent pas à quel point ils ont tous frôlé la mort!" hurla-t-elle. Au lieu de les tuer, elle choisit de les attacher dans l'écurie et de brûler le village. Mais l'odeur de la mort était encore en elle et elle devait la satisfaire.

"GARETH! VIENS ICI…MAINTENANT!"
 Gareth entra lentement dans la tente, sachant qu'avec une telle rage, la mort était éminente pour chacun mais il était évident que ça ne lui était pas adressé.
 Sans entrer complètement, Gareth dit à voix basse: "Que puis-je faire pour vous, Lady?"

La guerrière pivota et l'observa. Ses beaux yeux habituellement marrons étaient désormais noirs, même le blanc de ses yeux. Gareth recula un peu et regarda par-terre pour éviter sa fureur.

 "Amène-moi les idiots qui m'ont dit de venir dans ce village ... MAINTENANT!" Gareth s'inclina légèrement et quitta la tente.
La femme s'assit sur sa chaise et se frotta les tempes.
"Tu devrais laisser tomber. Moins tu es avec lui, plus tu es forte. "
"TAIS-TOI ! Je le retrouverai et te remettrai à ta place. Je contrôle. PAS TOI. "
"Non. Sans le médaillon tu perds tout contrôle et tu vas t'affaiblir de plus en plus."
"JE NE SUIS PAS FAIBLE. TOI OUI. Après tout, c'est moi qui t'ai sauvé. SOUVIENS-TOI.
"Oui. Je me souviens. Mais maintenant tu fais confiance au médaillon pour te rendre ta force. Ca ne va plus durer longtemps. J'aurai bientôt de nouveau le contrôle. "
"Non. Non. NOOON!" Elle cria.
 "Lady?" La femme leva la tête. Elle vit Gareth debout face à elle. "Ca va? Vous avez besoin de quelque chose?" Il y avait de l'inquiétude dans sa voix mais elle l'ignora.

Depuis quelques temps, Gareth ne voulait plus être là juste pour réchauffer le lit de la guerrière. Il voulait plus. Il était lentement tombé amoureux d'elle et voulait qu'elle lui retourne cet amour. Mais au fond de lui, il savait que ce n'était pas le cas et depuis qu'elle n'avait plus le médaillon, elle était obsédée à l'idée de le récupérer et rien d'autre ne la touchait. Il n'avait aucune idée du genre de pouvoir magique qu'il avait sur elle mais il était prêt à le récupérer juste pour lui prouver son amour. Et il espérait qu'une fois qu'elle l'aurait récupéré, elle finirait par l'aimer.

"Où sont-ils?" cracha-t-elle en se levant.
 "Dehors. Ils sont attachés et attendent." Elle passa comme une tornade devant Gareth pour sortir de la tente. Gareth baissa simplement la tête et la suivit.
Les trois guerriers étaient à genoux au milieu du camp, les bras attachés derrière le dos au niveau des poignets. Son armée toute entière avait entendu crier leur chef plus tôt et avait formé un cercle autour des trois hommes. La mort rôdait.

 Elle entra dans le cercle et se dirigea vers les trois soldats. Elle s'arrêta en face d'eux et roula lentement la tête de gauche à droite, son épaule droite légèrement contractée alors qu'elle tentait de contrôler la colère qui la consumait.Elle voulait tellement enfoncer son épée dans chacun de leur corps, mais elle  avait besoin d'eux pour obtenir des réponses.

 "Ils ne méritent pas de mourir."
"C'est ce qui leur arrivera." Puis elle fit taire la voix.
"Il semblerait que nous ayons un petit problème. Vous étiez censés retrouver le garçon et mon médaillon. On vous avait ordonné de le le ramener une fois fait. N'est-ce pas exact?"

Les trois hommes levèrent la tête vers elle puis se regardèrent avant de rebaisser la tête. Elle attendait une réponse, ses dents grinçaient durement. Sans réponse de leur part, elle dégaina son épée et sans hésitation la plongea profondément dans la poitrine de l'homme à sa droite. Elle le repoussa et il tomba à la renverse ... mort avant d'avoir atteint le sol.
 "N'est-ce pas exact?" redemanda-t-elle.  Les deux guerriers restants regardèrent le cadavre et répondirent solennellement : "Oui."

Deux soldats saisirent le corps par les bras pour l'emmener. La femme tendit son épée à Gareth qui se tenait derrière elle. Comme il essuyait le sang, elle commença à marcher autour des deux hommes à genoux.
"Ouiiiiii." S'arrêtant derrière le guerrier qui était au milieu, elle se pencha à son oreille. "Et n'est-il pas exact ... que ... tu étais l'un de ceux... qui m'a dit ... qu'il était dans ce village?"

Le guerrier avala sa salive et, de façon à peine audible, répondit: "Oui, lady."
Elle attrapa aussitôt l'homme par les cheveux et lui trancha la gorge de son poignard qu'elle portait à l'arrière de son pantalon. Elle essuya le sang de son couteau sur la tunique de l'homme et le laissa lentement tomber en avant.
Le guerrier restant, qui avait vu du coin de l'œil son chef trancher la gorge de l'homme, ferma les yeux très fort. Elle marcha devant lui et le regarda quelques instants. Ses yeux étaient bien fermés, Il respirait vite et fort et la transpiration suintait sur son front et sa lèvre. Et si elle écoutait très attentivement, elle pouvait  presque entendre son cœur palpiter. Après un  moment, elle se pencha et mit la pointe du poignard sous son menton.
"Alors explique-moi ... pourquoi est-ce que ... quand je suis arrivée ... le garçon est parti ... et toi ... tu ne l'as pas vu s'enfuir?" demanda-t-elle d'une voix à peine contrôlée.

Le guerrier était un jeune homme de moins de 20 ans ans. Il ouvrit lentement les yeux et regarda ceux de sa chef. Ne sachant pas comment répondre, il se mit à balbutier. "Je ... euh ... nous ... euh ..." Il s'arrêta, referma les yeux et secoua lentement la tête. La femme attendait.
"Autant en finir et lui dire. Je vais mourir de toute façon" pensa-t-il gravement.
Il prit une profonde inspiration et contrôla sa respiration. Il ouvrit les yeux avec un léger tressaillement et, un regard complice vers la mort, il déclara d'une voix nette :
 "Lady, Crissus, Balin, et moi avons cherché le garçon pendant des jours sans repos. Lorsque nous avons finalement retrouvé sa trace dans le village, Balin et moi l'avons surveillé pendant que Crissus venait vous prévenir. Vous nous avez demandé pourquoi nous n'avons pas vu le garçon partir? Tout simplement parce que, Lady... nous étions fatigués et nous nous sommes endormis. "

Elle regarda le jeune homme quelques instants, sans bouger le poignard. Puis elle se mit à ricaner. "Tu t'es ...endormi. C'est ta réponse?"
"Oui." répondit-il simplement sans la quitter des yeux. "J'ai échoué et je suis prêt à remettre mon destin entre vos mains."

Tu ne peux pas le tuer. Regarde ses yeux. Il te rappelle quelqu'un, dit La voix. La femme continuait de fixer le jeune homme dans les yeux. oui. Mais qui? se demandait-elle. Elle baissa lentement son poignard et se leva.
Avec un regard aux deux guerriers debout derrière lui, elle dit calmement: "Détachez-le." Puis elle observa le jeune guerrier. Les deux hommes se regardèrent, surpris, avant de se retourner vers elle.

"MAINTENANT!" Un des soldats coupa rapidement la corde.
 "Lève-toi." L'homme se leva rapidement en se frottant les poignets.
Tout en remettant le poignard derrière son pantalon, elle dit, "J'aime ton honnêteté, Lynius. Le fait que tu dises la vérité et sois prêt à accepter la mort en dit long. C'est pourquoi tu ne parleras pas à Hadès tout de suite. Par conséquent, tu as droit à une deuxième chance. "

Le guerrier n'en revenait pas. Une deuxième chance? Personne dans son armée n'avait de deuxième chance. Personne. Si on échouait, la punition était la mort: pure, claire, simple et rapide.

La femme lut de l'étonnement dans les yeux de Lynius. "Ne sois pas si étonné, Lynius. Tu es, en ce moment, un de mes meilleurs espions. Prends deux hommes et trouve-le. ALLEZ !"

 "Oui, Lady. Je n'échouerai pas cette fois." Il se tourna rapidement et se dirigea vers les deux autres pour qu'ils le suivent. Le reste de son armée commença à se dissoudre pour retourner à ses tâches.
Elle le regarda partir. Sans réfléchir, elle cria: "Lyceus !" Tout le monde s'arrêta et la regarda, stupéfait.

 "Lyceus? D'où cela vient-il ?" demanda-t-elle. Lynius fixa son chef.
"Lady?" Elle sortit de ses pensées et le regarda." Lynius. "Elle se dirigea vers lui jusqu'à ce qu'elle se retrouvât nez à nez avec lui.
"Ne reviens pas ici avant de l'avoir trouvé."
 "Oui, Lady."
"Et Lynius. Tu n'auras pas de troisième chance. Compris?"
"Compris, Lady." Les trois guerriers montèrent à cheval et partirent dans la nuit.

Gareth était debout derrière son chef et observait la scène, plongé dans ses pensées. "Lyceus? Je me demande qui c'est. Sûrement quelqu'un de son passé. Oh, eh bien.  Au moins, elle n'a pas mentionné l'autre. C'est bon pour moi. Si jamais elle savait que ... " Il revint rapidement à la réalité quand il sentit des lèvres écraser les siennes.

La femme frottait son corps contre le sien, gémissant dans sa bouche. Sentant le membre de Gareth durcir, elle mouilla, mourant d'envie d'être touchée.
Elle recula. Gareth vit ses yeux virer du noir à un marron enflammé. Le Désir, pensa-t-il. Pur désir. Dieux, comme je voudrais qu'elle me laisse l'aimer. 
La femme remarqua que Gareth était plongé dans ses pensées. Mais elle s'en fichait. Elle le saisit par la chemise et l'entraîna dans sa tente.

 CHAPITRE 3

Xena lavait lentement le dos de Gabrielle, perdue dans ses pensées. Quand? Quand suis-je tombée amoureuse de toi? Mieux : POURQUOI es-TU tombée amoureuse de moi? Je suis une ancienne chef de guerre, destructrice des nations. Je suis une guerrière avec tant de ténèbres. Et un passé si horrible que moi même j'ai du mal à me pardonner. Pourquoi ...?

"Je t'aime, Xena."
Xena revint à la réalité. Gabrielle se tourna pour faire face à son amante. Elle vit son air effrayé.
 "Je parlais à voix haute ou bien ?" demanda Xena.
 Gabrielle sourit et secoua la tête. "Non, j'ai senti quelque chose. Je ne sais pas ce que c'était ... mais j'ai senti que tu ... te posais des questions... sur mon amour pour toi".

 Xena baissa la tête pour éviter le regard de son amante.  "Je me demandais juste... pourquoi ..."
"Xena, non. Ne fais pas cela."
Gabrielle souleva le menton de Xena jusqu'à ce que la guerrière puisse plonger ses yeux dans les siens, pleins d'amour et de tendresse. "Ne te pose jamais de question sur mon amour ou pourquoi je suis tombée amoureuse de toi. Sache juste que je t'aime. Que je t'aimerai toujours."

Elle approcha ses lèvres et l'embrassa pour chasser tous les doutes de l'esprit de Xena. Celle-ci lui rendit son baiser et la tira plus près. Un gémissement s'échappa alors que Xena lui embrassait le cou et prenait un sein dans sa main, caressant lentement le mamelon dressé.

"Aaahhhh…Xena" murmura Gabrielle.
Xena revint à son lobe d'oreille qu'elle suça et mordilla. D'une voix rauque, elle chuchota : "j'ai besoin de toi ... S'il te plaît."

Elles se dirigèrent vers les fourrures étalées devant la cheminée. Aucune d'elles ne se souciaient du fait d'être encore trempées par l'eau du bain. Elles ne se préoccupaient que de leur besoin l'une de l'autre. Debout face à face, Xena baissa lentement Gabrielle à genoux tout en l'embrassant. Gabrielle savait que cette nuit Xena allait prendre le contrôle de leur amour et elle se laissa aller.

 Xena voulait rendre ce jour spécial pour son amante. Et lui faire l'amour serait plus que cela, si c'était possible. En l'allongeant sur le dos, elle sentit le corps de son amie se détendre. Elle sut alors que son amante lui donnait le contrôle total.

Gabrielle couchée sur le dos, Xena se mit à genoux entre ses jambes. Gabrielle regardait sa guerrière avec passion et désir. Mais Xena ne la regardait pas dans les yeux, elle admirait le corps de son amante. Les muscles tendus de son ventre. Les seins ronds et fermes. Le cou gracile. Puis elle regarda au plus profond des yeux de son amante et y lut le désir. Elle se pencha lentement en avant, le poids de son corps soutenu par ses bras. Elle l'effleura de ses lèvres et de sa langue.

Gabrielle poussa un petit soupir avant que son souffle ne se coupât.  Xena prit ensuite la bouche de sa femme dans la sienne et bascula en avant, juste assez pour que ses seins frôlent ceux de Gabrielle.

Les deux femmes gémirent quand au contact de leurs seins et leurs mamelons se durcirent. Xena prit un sein dans sa main qu'elle caressa délicatement tout en suçant le cou de Gabrielle.

Sentant la bouche de Xena dans son cou et sa main sur sa poitrine, Gabrielle se sentit partir. La main de Xena s'éloigna pour caresser les côtés de sa poitrine, hanches en avant. Elle se cambra inconsciemment quand la bouche descendit sur sa poitrine.  "Aaahhh ... Xe..." Elle était incapable de terminer sa phrase.

Xena l'entendait à peine, à présent envoûtée par le corps de son amante. La sensation, le toucher, la douceur de Gabrielle enivraient l'ancienne chef de guerre. Elle passait méthodiquement sa langue autour du sein jusqu'à ce qu'il devienne dur. Sans hésitation, elle prit doucement le mamelon dressé dans sa bouche et commença à le sucer, un gémissement rauque s'échappa de ses lèvres.

 "Xe ... na" gémit Gabrielle. Elle mouillait de plus en plus et se mit à se osciller contre Xena, ses mains dans les cheveux noirs de sa guerrière. "Dieux..."
Xena se frottait aussi contre Gabrielle en suçant l'autre mamelon. Elle se souleva légèrement pour faire glisser sa main sur son sexe. Sans s'écarter, elle le caressa d'avant en arrière. "Dieux ... Gabri ..."

Dès que Gabrielle sentit les doigts toucher son sexe gonflé, ses hanches quittèrent involontairement le sol et se suspendirent un moment avant de se rabaisser. Elle oscilla de nouveau alors que Xena poursuivait ses caresses, sans jamais la pénétrer, et effleurait simplement son clitoris durci.
"Xena, S'il te plaît. Oh Dieux, s'il te plaît..." s'écria Gabrielle en se tordant sous elle de façon incontrôlable.

La main de Xena glissa lentement vers le nectar de son amante. Elle s'allongea sur le ventre et sa langue effleura le clitoris. Un choc traversa  les deux femmes et tout contact s'arrêta subitement, un bref instant. Xena gémit bruyamment et suça délicatement le bourgeon dressé.
"Ohhhh," s'exclama Gabrielle d'une voix un peu aiguë. Elle se balança plus fort et ses deux mains serraient et desserraient les fourrures. "Xena…s'il te plait" suppliait-elle.

 Xena ne put bientôt plus retenir ses gémissements. Quand elle entendit Gabrielle la supplier, elle la pénétra de deux doigts. D'avant en arrière, lentement. Mais quand Gabrielle se balança plus vite, Xena sut qu'elle devait suivre le rythme et elle accéléra.

 "Oh Dieux, ouiiii !"  Gabrielle se tordit davantage quand Xena ajouta un troisième doigt. Gabrielle s'envolait, sachant qu'elle atteignait sa limite.
 Xena faisait tout son possible pour se maîtriser, alors qu'elle mouillait de plus en plus. Gabrielle ne se rendait pas compte à quel point ses caresses, son sexe humide et ses mouvements étaient à l'origine de sa montée vers le point de non retour. Elle tentait de se concentrer sur l'orgasme de Gabrielle  mais c'était de plus en plus difficile. Pourtant, elle savait que rien ne  pourrait l'empêcher de donner du plaisir à son amante.

Elle poursuivit ses mouvements et sentit Gabrielle se mettre à trembler. Elle suça un peu plus fort le clitoris et arrêta ses doigts pour rester sur le point faible qui allait mener Gabrielle à l'orgasme.

 Gabrielle attrapa les cheveux de Xena et cria: " Xena... Ohhh ... Dieux." Elle bougeait de plus en plus fort et, en criant le nom de son amante, elle jouit, envoyant des vagues de spasmes contre les doigts et la bouche de Xena.
Gabrielle essayait de reprendre son souffle, et calmer son corps malgré quelques derniers spasmes. Elle avait perdu ses sens et essayait de comprendre ce qui lui arrivait. Quand elle reprit enfin ses esprits, elle était enveloppée par des des bras puissants, sa tête contre une épaule solide.

"Par les Dieux. Qu'est ce que c'était? C'était ... comme... comme ..."
 "De l'amour?" demanda Xena.
"Oui, mais dans sa forme la plus pure ... si ça veut dire quelque chose. Je ne sais pas. Je ne peux pas l'expliquer."
"Moi non plus, mais je l'ai senti aussi. Tu as eu l'impression de disparaître... ou d'être suspendue?"
 "Oui. ... c'est ça."
 "Moi aussi. J'ai joui avec toi, Gabrielle."
 "Vraiment?" Demanda Gabrielle en se plongeant dans les yeux bleus.  "Ca n'était jamais arrivé avant."
"Je sais. La lumière… je l'ai vue... et perdue ... en même temps, mais pourtant ... je savais où j'étais. Quand j'ai retrouvé mes esprits, j'étais serrée contre toi." Xena resserra son étreinte.
Gabrielle reposa sa tête contre l'épaule de Xena. "Ca doit être le choc que j'ai ressenti."
 "Tu as ressenti ça aussi?" demanda Xena d'une voix surprise.
"Oui." chuchota Gabrielle.
Les deux femmes se turent, perdues dans leurs pensées. Après quelques instants, Xena se détacha de Gabrielle.
 "Qu'est ce qui ne va pas ?" Demanda-t-elle alors que Xena regardait ses pieds.
 "Rien. Je me disais juste que nous serions plus à l'aise sur le lit. Non?" Elle tendit la main que Gabrielle accepta avec plaisir. Une fois debout, Xena la prit dans ses bras. Elle l'embrassa en allant vers le lit et la posa dessus avant de s'installer à côté d'elle.
Avec un petit soupir et les yeux dans les siens, Xena dit : "Je t'aime, ma reine."
 "Je t'aime ... ma guerrière" répondit-elle juste avant de prendre le sein de Xena dans sa bouche, provoquant un petit gémissement.

 CHAPITRE 4

 La guerrière fut brusquement réveillée dans son sommeil. Elle se prit immédiatement les tempes et les massa. La voix était implacable. Elle s'assit sur le bord du lit et prit sa tête entre ses mains, se balançant d'avant en arrière.
 "Je vais redevenir forte et retrouverai bientôt le contrôle."
"Non Je ne le permettrai pas. "
"Tu ne pourras rien y faire."
 "Lady" La femme fut surprise. Elle se retourna rapidement.
"Vous allez bien? Y a t-il quelque chose que je peux faire pour vous?"
"Gareth, pourquoi es-tu là?" rétorqua-t-elle sèchement.
"Je croyais ... Je veux dire ... je pensais que ce serait ...."
Elle remit sa tête entre ses mains. "Ne pense pas, Gareth. Sors. Va surveiller les hommes et vois si quelqu'un est revenu avec un rapport. ALLEZ!"
Gareth descendit du lit. Il tira sur son pantalon, attrapa sa tunique, un gilet et ses bottes et se dirigea vers l'entrée de la tente. Il s'arrêta et se tourna vers elle.

Dieux, Je t'aime. Qu'est ce que je ne ferais pas pour toi. Je voudrais juste que tu m'aimes en retour. Il la regarda encore un peu puis sortit.
 Quand elle l'entendit partir, elle se laissa aller à gémir. Elle sortit lentement du lit et tituba vers la table au fond de la tente. Essayant encore de se concentrer, elle mélangea des herbes pour soulager la douleur lancinante. Elle but d'une traite  la tasse et retourna s'allonger sur le lit.
Une demie-heure plus tard, elle ouvrit brusquement les yeux et vit l'homme tout de cuir vêtu debout à côté du lit.

"Ca va mieux?"
"Que veux-tu Ares?" demanda-t-elle en fermant les yeux et en posant son bras dessus.
"Je veux le récupérer!" grommela-t-il.
Elle ouvrit les yeux, sourcils froncés.
"Les récupérer?"
Elle n'avait encore aucune idée de ce dont il parlait. Ares était venu la voir plusieurs fois exigeant qu'elle lui rende quelque chose. Le problème était qu'il ne voulait pas lui dire ce que c'était. Il  supposait qu'elle savait de quoi il parlait.
 "Je n'ai pas envie de jouer!" hurla-t-il. Elle le fixa sans comprendre puis sortit du lit et se posta devant lui.

Elle le fixa droit dans les yeux et dit calmement "Ares, tu es venu ici plusieurs fois pour que je te rende quelque chose... sans me dire de quoi il s'agit. Si tu ne me le dis pas, comment puis je le savoir? Et en fait, je me fiche vraiment de ce que c'est. La seule chose qui m'intéresse est de récupérer mon médaillon. C'est tout ce qui compte. Maintenant sors. "

Elle se détourna et se dirigea vers la table sur laquelle étaient étalée des cartes de la région. Ares la suivit aussitôt. Il lui attrapa le bras pour la faire pivoter vers lui.
 "Ton médaillon? Et ce que tu m'as volé alors?"  cria-t-il.
 "Je ne t'ai rien volé ARES! Va-t-en maintenant!" lui répondit-elle sur le même ton.

Ares la fixa quelques instants et vit ses yeux passer du marron au noir. La femme lui retourna son regard sans broncher, sachant qu'il pouvait à tout moment la jeter hors de la tente. Elle attendait.
Il la lâcha enfin et recula. "Ce n'est pas FINI" déclara-t-il avant de disparaitre progressivement.
Elle fixa l'endroit où il se trouvait quelques instants plus tôt, désappointée. Elle secoua la tête et appela Gareth.

CHAPITRE 5

Gabrielle ouvrit progressivement les yeux sous la lumière du soleil qui entrait par la fenêtre et l'accueillait  pour une belle journée. Elle chercha inconsciemment son amante mais ne trouva que le vide. Elle s'assit sur le lit et scruta la chambre. "Eh bien où est-elle passée maintenant?"

 Elle sortit du lit et attrapa sa robe. Elle sourit en admirant de nouveau le vêtement. En l'enfilant, son esprit vagabonda sur la nuit passée. Elle regarda la chambre, les fourrures devant la cheminée, la baignoire, le lit et revint sur la robe.
Puis elle haussa les sourcils en se remémorant ce que Xena lui avait dit.

"J'avais besoin de faire quelque chose de spécial."
 "Dieux, Xena. Tu as rendu ce jour spécial, non? Le festival, cette chambre, la robe. Tout était parfait. Et maintenant je dois faire quelque chose pour toi. Mais je ne sais pas encore quoi. "
Elle marcha vers la baignoire. Elle était déjà remplie d'eau et était maintenant à température idéale. "Comment fais-tu ça?" Elle sourit, enleva sa robe et entra dans l'eau.

Une heure plus tard, Gabrielle était habillée et debout devant le miroir et se brossait les cheveux quand on frappa à la porte. "Entrez."

Une femme d'une cinquantaine d'années entra avec un plateau de nourriture. Elle était légèrement plus petite que Gabrielle, mais plus dodue. Elle avait des cheveux argentés et ondulés. Parce qu'ils lui descendaient jusqu'au milieu du dos, elle portait une queue de cheval. Elle avait de beaux yeux noisettes et une cicatrice de la longueur du petit doigt de Gabrielle qui lui descendait de l'oreille au bas de la mâchoire.  Selon Xena, certaines crapules n'avaient pas voulu payer la chambre. Mavis et l'homme avait eu une altercation. Il avait tiré un petit poignard et s'était jeté sur son visage. Mavis avait pu bouger mais pas avant que le poignard ne touchât sa peau, provoquant cette cicatrice. Elle avait sorti son propre poignard, tué l'homme et fouillé ses poches pour récupérer plusieurs dinars, pour payer son séjour et pour la gêne occasionnée. Xena avait dit qu'a partir de ce jour,-là elle avait apprécié Mavis.

 Gabrielle avait définitivement compris pourquoi quand on la lui avait présentée la première fois. Elle se remémora le jour où elle étaient arrivées à Trycas. Xena s'était proposée pour monter leurs affaires dans la chambre pendant que Gabrielle emmenait Argo à l'écurie. Lorsqu'elle était revenue à l'auberge, Xena lui avait présenté la propriétaire, Mavis. Aussitôt, elle l'avait prise dans ses bras tel un ours et l'avait littéralement soulevée du sol en riant. Quand elle l'avait reposée au sol, Mavis et Xena riaient alors que Gabrielle tentait de reprendre son souffle. Elle n'en revenait pas de la force de cette petite femme.
"Les amis de Xena sont mes amis. Bienvenue à l'auberge de la mine, petite barde"

 "Ah. Je vois que tu es levée, petite barde" déclara-t-elle en posant le plateau sur la table avec un sourire.
 "Bonjour, Mavis" dit-elle en s'approchant.
"Bonjour à toi. Xena a dit que tu aurais faim, alors je t'ai monté à manger. Il faut t'engraisser un peu. Tu es maigre" dit-elle en riant.
Gabrielle se mit à rire aussi. Mavis débordait de joie et on ne pouvait l'ignorer.
 "Mavis, sais-tu où est Xena?"
"Non, mais elle m'a demandé de te donner ça" Elle fouilla dans sa poche et en sortit un parchemin plié qu'elle lui tendit. "Elle est partie juste avant le lever du soleil. Elle m'a dit de te dire de ne pas t'inquiéter. As-tu apprécié ton bain?"
 "Oui. Je te remercie."
"Ahh ... bien."
 Elle étreignit fortement Gabrielle et l'embrassa sur la joue avant de prendre son visage dans ses mains. "Tu es bonne. Aime-la" dit-elle avec sérieux.
"Elle est bonne avec moi, Mavis. Je l'aimerai toujours" Gabrielle sourit.
 "Bien. Si tu as besoin de quoique ce soit, viens voir Mavis, petite barde. Régale-toi." Elle se dirigea vers la porte et l'ouvrit.
"Avec plaisir. Merci Mavis."
"Non, petite barde. C'est moi qui te remercie" répondit-elle doucement. Elle lui sourit et sortit de la chambre en refermant la porte derrière elle.
 Gabrielle s'installa à la table et déplia le parchemin.

 Bonjour mon amour,
 Je suis désolée de ne pas avoir eu la chance de voir tes beaux yeux à ton réveil ce matin. Un ami m'a envoyé un message. Il me demandait de venir à son village qui est à environ cinq heures d'ici. Le problème est passé mais il avait besoin de me parler. Je ne serai pas longue et devrais être de retour avant le coucher du soleil. Tu me manques. Je t'aime.
Ta guerrière,
Xena

Le visage de Gabrielle éclata dans un grand sourire. "Ma guerrière, Je t'aime aussi."  Elle replia le parchemin et le posa sur la table. En jetant un œil à la nourriture, elle réalisa soudainement que Xena avait raison. Elle avait faim.

CHAPITRE 6

Gabrielle sortit de l'auberge sous le soleil. Elle leva les yeux vers le beau ciel bleu sans nuage. Elle avait fini son petit déjeuner et comme Xena allait être absente toute la journée, elle pensa continuer à profiter du festival et peut-être même assister à une lecture de Sapho. En espérant pouvoir trouver un autre cadeau pour sa guerrière, aussi.

La fête en l'honneur d'Aphrodite battait son plein. Le festival durait habituellement huit levers de soleil.  Il y avait de la musique et de la danse jour et nuit. Les stands alignés sur les bords de la route vendaient de tout, nourriture, vêtements, bijoux. La seule chose qui n'était pas vendue, et seulement pendant la période du festival, c'était des armes; l'amour pas la guerre, c'était le thème. Gabrielle marchait le long de la route et s'arrêtait aux différents stands pour tenter de trouver quelque chose pour Xena.
Mavis avait dit à Gabrielle que Sappho se trouvait au festival juste aujourd'hui. Il était maintenant midi et après avoir navigué entre plusieurs stands sans avoir rien trouvé, elle décida d'assister à la lecture. Elle se dit qu'elle pourrait trouver un cadeau plus tard après la lecture.

 Elle marchait le long du chemin et se dirigeait vers le bâtiment où Sappho devait se trouver.  "J'aurais aimé que tu sois avec moi, guerrière. Je me demande ce que ton ami avait de si important à te dire. Là encore, tu peux te rendre utile. Après tout, la dernière fois que tu as dit qu'un ami avait besoin de toi, tu t'es retrouvée à ..." 
"Quelque chose pour ton conjoint?" Gabrielle, sortie de ses pensées, s'arrêta. Elle se tourna vers la voix et regarda la jeune femme debout derrière un stand.
 "Tu m'as parlé?" Demanda Gabrielle en se pointant du doigt.
"Oui. Souhaite-tu quelque chose pour ton conjoint?" redemanda la jeune femme en souriant.

Gabrielle la fixa et se dirigea vers son stand. La jeune femme rousse était petite et raide. Ses yeux étaient marrons. Elle faisait le même poids que Gabrielle, mais en plus petite. Elle portait une simple chemise verte et une jupe vert foncé. Elle avait aussi plusieurs bracelets aux deux poignets.
"Oui. J'aimerais ... " Gabrielle ne finit pas sa phrase, hypnotisée par son regard. Elle observa les yeux tendres et doux de la jeune femme qui la fixait délibérément et lentement la fit approcher. Quand Gabrielle se trouva finalement devant le stand, la jeune femme lui tendit un bracelet. Gabrielle le prit dans ses mains, brisant enfin le contact visuel.
Elle étudia le bracelet. Il était en argent, large de deux doigts. Gabrielle scruta le motif qui représentait un chakram avec une pierre blanche au centre. Elle se retourna vers la jeune femme.

 "Tu vas lui donner" déclara celle-ci en souriant. C'était plus un ordre qu'une suggestion.
"Oui. Elle ... elle va l'adorer. Combien?"
"C'est un cadeau." La jeune femme lui tendit une boîte et son couvercle.
Gabrielle se tourna pour partir quand elle pensa à quelque chose.  Elle fit demi-tour et lui demanda: "Où as-tu ..." Elle regardait à présent un stand vide, la femme n'était plus là.
 "Eh? Il y a quelqu'un?" Appela-t-elle.
Un homme âgé sortit de derrière un rideau. "Puis-je vous aider, mademoiselle?"
 "Oui. Je cherche la jeune fille qui était là."
 "Une jeune fille, mademoiselle?"
"Oui. Avec des cheveux brun-roux, des yeux marrons, à peu près de ma taille. Elle était là".
 "Je suis désolé, Mademoiselle, mais je suis seul  sur le stand."
"Vraiment?" L'homme hocha la tête. Gabrielle le regarda quelques instants, apparemment embarrassée. "Eh bien, désolée de vous avoir dérangé. Merci."
Elle se retourna et reprit son chemin, absorbée par ses pensées, quand elle se retrouva soudain affalée par-terre. Elle se remit vite fait debout et épousseta ses habits. Sans regarder la personne qui l'avait renversée, elle s'exclama : "Vous pourriez vous excuser !"
 "Ca serait plutôt à vous de le faire!"

Gabrielle s'arrêta brusquement. Elle n'en revenait pas. Elle était tombée par-terre et cet homme grossier et odieux lui disait de présenter des excuses. "Comment ose-t-il?" pensa-t-elle avec colère.
Comme elle levait les yeux pour le corriger, elle se figea, la peur la prit en croisant les yeux noirs. Elle baissa les yeux un instant et vit quelque chose illuminer un objet qu'il portait.

 "Qu'est-ce que tu regardes comme ça?" Dit-il sèchement.
 Gabrielle releva les yeux, incapable de bouger. "Ri...rien" bredouilla-t-elle.
Le jeune homme la regardait, apparemment furieux. Après un moment, il reprit sa route en la heurtant délibérément.
Gabrielle resta là à tenter de calmer son cœur qui battait à tout rompre. Elle se tourna pour le regarder pousser les gens qui se trouvaient sur son chemin.
 "Eh bien, quel mal-élevé. Ca va?" demanda quelqu'un.
Gabrielle regardait toujours le jeune homme alors qu'il s'évanouissait dans la foule. "Ouais. Ouais. Ca va. C'est juste que ..." Gabrielle s'arrêta à mi-phrase pour se retourner vers la jeune femme.

"Saranen?" demanda-t-elle, surprise.
 "Gabrielle? Par les dieux, Gabrielle!" s'écria Saranen en la prenant dans ses bras. Elle se recula mais la tenait toujours sur ses bras.
 "Oh, c'est si bon de te voir."
 "C'est bon de te voir aussi, Saranen. Dieux, cela fait combien de temps? Quatre, cinq étés?"
 "Plutôt six."
 "Six? Si longtemps?"  Saranen hocha la tête. "Qu'est-ce qui t'est arrivé, Saranen? Tu n'as laissé aucun mot?" Demanda Gabrielle avec un froncement de sourcils.
"C'est une longue histoire, Gabrielle. Mais toi? Pourquoi es tu ici à Trycas?"
 "Eh bien.... Je suis là pour mon anniversaire ...". répondit-elle, quelque peu hésitante.
 "Un anniversaire? Tu es mariée?"
 "Oui."
Saranen secoua doucement la tête. "Je n'en reviens pas. Gabrielle, quand nous étions jeunes, nous disions toujours que nous ne voulions pas épouser un fermier, devenir femme de fermier. Et maintenant tu es mariée? Eh bien, où est-il? J'aimerais le rencontrer. " demanda Saranen en cherchant dans la foule.
Gabrielle prit les mains de Saranen. "D'abord, je ne suis pas mariée à un fermier. Et ensuite, ce n'est pas il... mais elle." Dit Gabrielle.
Saranen leva ses sourcils, surprise. "Elle?" Gabrielle hocha lentement la tête. "Tu es marié à une femme?" Gabrielle fit un signe de la tête positif en attendant sa réaction.
 Saranen détourna les yeux un instant puis revint vers Gabrielle pour lui sourire lentement. "Trois questions: Tu l'aimes? Elle t'aime? Et ... tu es heureuse?
 "Oui. Oui. Et oh, oui." Répondit Gabrielle en lui rendant son sourire.
 "Eh bien, nous avons beaucoup de choses à nous dire. Viens."  Saranen prit le bras de Gabrielle pour l'emmener avec elle.

CHAPITRE 7

Xena était dans le village depuis environ trois heures. Valin, un vieil ami, avait réussi à lui faire passer un message lui demandant son aide. Une fois arrivée, elle n'en crut pas ses yeux. Toutes les habitations et les bâtiments avaient brûlé, sauf une ou deux ainsi que les écuries.
 Elle venait d'aider les survivants et d'enterrer leurs morts et était à présent assise sur un tronc d'arbre avec Valin.

 "Que s'est-il passé, Valin? Qui a fait cela?" 
 "Une armée, une armée de guerriers. Leur chef poursuit mon cousin, Draconus." répondit tristement Valin en regardant les bâtiments dévastés.
"Raconte-moi tout, Valin. Prends ton temps."
Valin prit une longue et profonde inspiration et expliqua.
"Mon cousin, Draconus est arrivé ici avant-hier soir. J'ai bien vu que quelque chose n'allait pas. Il n'avait pas mangé ni dormi depuis des jours. Il m'a dit qu'un seigneur de guerre le poursuivait, puis il m'a montré ce médaillon qu'il portait."
"Est-ce que ça appartient à ce seigneur de guerre?"

 "Oui."

"Draconus, pourquoi ne le lui as-tu pas rendu?"

"Parce que je n'arrive pas à l'enlever!"

 "Qu'est-ce que cela signifie? Tu n'as qu'à le retirer de ton cou."

 "Tu me prends pour un crétin, VALIN ?! JE PEUX PAS ENLEVER CE FICHU TRUC!"
 "C'était bizarre, Xena. On aurait dit que dès qu'il s'est mis en colère, cette chose s'est mise à briller. Et puis ses yeux ont changé. Ils sont devenus complètement noirs."
 "Noirs?"
"Ouais. Draconus a les yeux noisettes. Mais ils ont changé. Ils sont devenus noirs comme la nuit, couvrant même le blanc."
"Continue Valin."
"Calme-toi, Draconus. C'est peut-être collé sur un morceau de tissu ou autre chose?"

"Collé ... sur un morceau ... de tissu. CE N'EST PAS collé sur un morceau de tissu, VALIN. Cette chose est COLLE SUR MOI !!!"

 "Tu sembles avoir besoin d'un coup de main. Viens, je vais essayer."
 "J'ai voulu l'aider à l'enlever. Quand je l'ai touchée, la chose a lancé un flash. Ca m'a jeté à l'autre bout de la pièce. J'ai été étourdi pendant quelques instants et quand j'ai repris mes esprits , Draconus était penché au-dessus de moi. Ses yeux étaient redevenus normaux et le médaillon ne brillait plus. Il m'a dit que quand il se mettait en colère, le médaillon prenait le contrôle et qu'il ne savait pas comment l'arrêter à part essayer de se calmer. Et ça devenait de plus en plus difficile. Je lui ai dit qu'il  pouvait se reposer ici quelques jours et que nous l'aiderions. "

"Je ne peux pas."

 "Pourquoi?"

 "Si je reste, l'armée va détruire ce village. Ils me veulent et feront tout pour me retrouver."

"Nous allons te protéger."

 "Tu ne peux pas, Valin. Tu ne peux pas. Il faut que je parte."

 "Draconus. Mange au moins quelque chose et reste cette nuit. Nous en parlerons demain matin."
 "Le lendemain matin, Draconus était prêt à partir. Je lui ai montré un chemin secret que les villageois utilisent pour leurs enfants lorsqu'on est attaqués. Plus tard dans la soirée, l'armée du guerrier est arrivée. Nous nous sommes battus autant que possible mais nous n'étions pas de taille. La plupart des hommes a été tué. Les autres, femmes et enfants compris, ont été regroupés au centre du village, les soldats de cette femme nous encerclant. "
"Femme ?" demanda Xena.

"Oui. Le chef de guerre est une femme. Elle s'est approchée de nous pour nous demander si nous avions vu un jeune garçon avec un médaillon. Draconus a grandi dans ce village, même s'il n'a pas vécu ici, tout le monde le connait. Quand elle l'a décrit, personne n'a rien dit. Elle a attrapé un de nos anciens du Conseil pour lui demander s'il l'avait vu. Il n'a pas répondu... et elle ... elle l'a poignardé. Elle a tué mon père, Xena " dit Valin en fondant en larmes.

Xena regardait droit devant, perdue dans ses réflexions.  Combien de villages avait-elle réduit en cendres? Combien de pères avait-elle tué? Comment de fils les avait pleurés? Au bout d'un moment, elle repoussa ses pensées et attendit patiemment que Valin continue.

 Valin essuyait les larmes de son visage. "Je suis désolé, Xena."
 "Pourquoi?" Elle se tourna vers lui.
"De craquer comme ça."
 "Tu as toutes les raisons de le faire Valin." Elle posa sa main sur son épaule pour le réconforter. "Raconte-moi le reste."
"Après avoir tué... mon père ... elle a pris une des jeunes filles, Traska. Elle l'a forcée à se mettre à genoux et a mis un couteau sous sa gorge."
 "Normalement, je n'aime pas répéter mes questions. Mais peut-être que vous ne m'avez pas entendu la première fois. Je suis à la recherche d'un jeune homme d'environ 17, 18 hivers. Il est petit, blond et frisé. Ses yeux sont noisettes. Il a un médaillon qui m'appartient. Où est-il? OÙ EST-IL? "

 "Quand elle a appuyé le poignard sur la gorge de Traska, elle a poussé un gémissement. J'ai su alors que si elle n'avait pas de réponse, elle allait la tuer ... ainsi que tous les autres. Alors je lui ai donné une réponse. " Termina Valin en posant son regard sur Xena.
"Attendez. S'il vous plaît, ne lui faites pas de mal!"

"Réponds à ma question et je ne le ferai pas."

 "Il n'est pas là."

 "Que veux-tu dire par 'il n'est pas là'. Il était ici ce matin."

"Oui. Mais il est reparti. Il s'est juste arrêté pour nous demander à manger et un lit. Nous ne l'avions jamais vu auparavant, mais il avait l'air méchant. Je l'ai donc fait entrer. Mais il est reparti ce matin."

"Elle s'est subitement mise à crier, s'est retournée et a jeté son poignard contre un poteau. Et quand elle s'est retournée Xena, c'était ... bizarre. Ses yeux ... ils étaient bruns mais sont devenus noirs, comme ceux de Draconus . "
 Xena avait retiré sa main de l'épaule de Valin. Elle fronçait les sourcils et tentait de rassembler les morceaux en fonction des événements que lui racontait Valin.

 "Que s'est-il passé d'autre Valin?"
"Elle a dégainé son épée et a fait signe à un de ses hommes de m'amener à elle. Il m'a fait mettre à genoux devant elle et elle a posé son épée sur mon cou."
"Il est parti ce MATIN!"

"Oui."

"Tu mens. Mes hommes surveillaient ce village. Ils ne l'ont pas vu partir. ALORS où est-il?!"

 "Je dis la vérité. Il est parti ce matin. Vous pouvez vérifier partout dans le village."

"Nous l'avons fait. Malheureusement pour toi, ta vie est confisquée. GARETH!

 "Ses hommes nous ont tous attachés. J'ai cru que nous allions mourir, Xena. A sa tête et à sa voix, j'ai compris que nous allions tous mourir. Lorsque ses hommes ont fini de nous attacher, je l'ai vue parler à celui qu'elle appelle Gareth. Au bout d'un moment, il s'est approché de nous et a dit à ses hommes de nous mettre dans les écuries. Après  on a senti une odeur de fumée. J'ai réussi à me libérer ainsi que d'autres et quand on est sortis des écuries, le village était en flammes. Il n'y avait rien à faire, Xena. Nous avons regardé nos maisons, nos commerces, tout nos biens, brûler. Ce que tu vois est ce qui reste. "

Valin mit sa tête entre ses mains et sanglota doucement.
Xena se redressa, le visage stoïque, envahie par mille pensées.
 "Qui a fait une chose pareille? Qui est cette chef de guerre? Ca ne peut pas être Callisto, elle est dans ce lac de lave avec Velaska. Et il n'y a pas eu d'autre chef de guerre femme depuis? A moins que ... "
Revenant à Valin, elle demanda: "Valin, as-tu entendu un de ses hommes l'appeler par son nom?"
 Valin leva la tête et réfléchit. "Oui, j'ai entendu Gareth l'appeler, Lady, je crois."
"A part ça, tu as entendu son nom?"
"Non. Ses hommes l'appelaient aussi "lady" ou "Lady guerrière". C'est tout ce que j'ai entendu. "
 Xena ne voulait pas poser la question suivante, de peur de vérifier ses soupçons. "Valin, peux-tu la décrire?"
 "Eh bien, comme je te l'ai dit, ses yeux sont bruns et ses cheveux de la même couleur, raides, jusqu'au cou, et attachés par une queue de cheval. Elle est un peu plus petite que toi. Et elle est noire."
"Noire?"
"Oui. Enfin, elle n'a pas la peau foncée. En fait, elle est plutôt brun clair."
Xena plissa les yeux car ses soupçons s'amplifiaient. Si Valin répondait à la question suivante correctement, elle saurait à coup sûr.
"Valin. Par hasard, a-t-elle une cicatrice au visage?"
Valin hésita alors qu'il tentait de se souvenir. Xena attendait, espérant que sa réponse serait négative.
 "Oui. Une petite ... sous l'œil droit."
 Elle ferma les yeux. "Ce n'est pas possible." pensa-t-elle.
Valin la regarda, ses yeux étaient restés fermés, différentes expressions passant sur son visage. "Xena? Ça va?"
Elle ouvrit les yeux, le front plissé et se tourna vers lui: "Valin, que veux-tu de moi?"
"Ta protection, Xena. Cette chef de guerre a bien l'intention de récupérer son médaillon. Si elle trouve Draconus, elle le tuera, aussi sûrement que tu es assise ici. Xena. S'il te plaît. Trouve-le. Protège-le. Ne la laisse pas le tuer. S'il te plaît. "

Elle vit les yeux suppliants de Valin. Elle se souvint du temps où il l'avait trouvée blessée après une bataille. Il l'avait soignée et avait pansé ses blessures, il avait pris soin d'elle, même s'il savait qui elle était. Il n'avait pas agi par peur. C'était la seule personne, du temps de son statut de chef de guerre, qui avait pris soin d'elle et qui avait espéré devenir son ami. Elle lui avait répondu qu'être son amie mettrait définitivement fin à sa vie à cause de ceux qui voulaient la voir morte. Quand elle fut rétablie, elle dit à Valin que si jamais il avait besoin d'elle, qu'il lui envoie un message et elle ferait son possible pour l'aider. Et maintenant, 6 ans plus tard, Valin lui demandait son aide.

Xena se leva en même temps que Valin. "Considère que c'est fait, mon ami." Elle tendit les bras et Valin les serra vigoureusement. Elle vit le soulagement et lui sourit.
"Merci, Xena."
"Peux-tu me montrer par où il a quitté le village? Peut-être que je pourrais le retrouver en suivant ses traces?" Valin fit signe à Xena de le suivre là où il avait vu Draconus la dernière fois.

PARTIE 2
CHAPITRE 8

Gabrielle avait passé tout l'après-midi avec Saranen. Celle-ci lui avait expliqué pourquoi elles avaient quitté Potedaia si vite et Gabrielle lui avait parlé de Xena. Elles étaient tellement captivées par leur récit que Gabrielle avait perdu toute notion du temps. Elle proposa à Saranen de la revoir et se dirigea vers l'auberge. Sa guerrière lui manquait terriblement et elle aurait aimé être dans ses bras.

Lorsque Gabrielle arriva à l'auberge, Mavis lui dit que Xena était revenue il y avait plus d'une heure et qu'elle l'attendait dans sa chambre. Gabrielle se précipita dans le couloir. Elle ouvrit la porte d'un coup en s'écriant: "Xena! Tu ne croiras jamais ... qui ... je ..." Elle s'arrêta. La bouche ouverte, les yeux écarquillés et la main toujours sur la poignée de la porte.

En face d'elle, Xena était complètement nue. Assise sur le lit, les bras tendus et une jambe légèrement pliée sur le genou. Gabrielle était visiblement époustouflée par sa belle guerrière. Grande, mince, une poitrine ferme et ronde, de longues jambes sculptées.

"Ferme la porte, Gabrielle," dit elle langoureusement. Gabrielle referma lentement la porte tout en lorgnant sa compagne.
Xena descendit nonchalamment du lit et s'approcha d'elle, sa poitrine se balançant à chaque pas. Gabrielle était totalement hypnotisée par sa beauté. Elle fixait son corps comme elle approchait. Lorsque Xena se retrouva face à elle, elle leva les yeux pour les plonger dans les siens.
"Gabrielle. Tu m'as fait attendre. J'ai presque commencé sans toi. Tu sais que je n'aime pas attendre." dit elle d'une voix rauque. Elle saisit le haut de Gabrielle et commença à le délacer. Elle le retira et le laissa glisser des épaules au sol, révélant les seins de Gabrielle. Elle se pencha et suça délicatement son cou.

Gabrielle dut toussoter avant de répondre: "Je suis dés ... désolée ... euh ... Xena. C'est juste que ... euh ... je ... euh ... euh ... j'ai rencontré une ancienne petite amie." Elle était à bout de souffle.
 Xena avait maintenant retiré la ceinture et la jupe et se félicitait que Gabrielle ait choisi de ne pas porter de culotte. "Une ancienne petite amie?" murmura Xena en changeant de côté et en caressant un mamelon dressé de son pouce.

"Uh huh." répondit Gabrielle dans un murmure. Ses jambes la lâchaient mais elle faisait son possible pour ne pas tomber.
 Xena sentit Gabrielle faiblir. Elle l'attrapa par la taille pour la soutenir et la tira en arrière pour regarder ses yeux verts.

 "Raconte-moi ça. Pourquoi ne pas aller sur le lit pour me donner les détails. D'accord?" Gabrielle hocha simplement la tête, peu confiante en sa voix. Xena le remarqua et lui fit un sourire en coin, le sourcil charmeur.
Elle prit sa main et la guida vers le lit. Elle la fit asseoir et se mit à ses genoux. Gardant un oeil sur elle, elle défit les lacets de sa botte droite qu'elle fit glisser avant de la jeter plus loin. Puis elle délaça la deuxième botte, la retira et la jeta également. Elle remonta lentement les jambes de Gabrielle jusqu'à ses cuisses. Xena voulait prendre son amante tout de suite, là, maintenant, alors que ses mains et son visage se trouvaient si près du beau triangle qui cachait le sexe de son amante.

 Elle descendit ses mains vers les genoux de Gabrielle et écarta ses jambes pour se rapprocher d'elle. Elle lécha doucement un mamelon, suscitant un petit gémissement puis répéta l'opération sur l'autre sein, provoquant de nouveaux gémissements et des soupirs.
Gabrielle avait regardé Xena enlever ses bottes. Quand elle avait commencé à lécher ses seins douloureux, elle avait perdu le fil et avait fermé les yeux. Quand elle les rouvrit, Xena observait sa poitrine.
Sans lever la tête, Xena dit à voix basse "Gabrielle?"
 "Oui?" répondit-elle sur le même ton.

Xena regarda alors son amante. "Tu es censée me raconter ton histoire."
 "Mon histoire?"
"À propos de ta petite amie."
 "Oh, ouais. Ma petite amie." répéta Gabrielle. Elle avait entendu Xena mais son esprit était focalisé sur le fait de toucher, caresser, mordiller, sucer, Xena. Elle se pencha pour embrasser les lèvres pulpeuses et sa main se leva pour la caresser. Xena s'écarta légèrement et posa ses mains sur ses épaules pour l'arrêter.

 "Uh, uh, uh. L'histoire d'abord."
"Hum, hum. L'histoire après. Toi d'abord." Gabrielle allait de nouveau se pencher vers ses lèvres mais une fois de plus Xena la repoussa doucement.
 "Gabrielle. Je veux entendre l'histoire sur toi et ta petite amie."
Gabrielle se rassit et leva deux sourcils interrogateurs. "Vraiment?"
"Uhh, huh." Elle décocha à Gabrielle son sourire le plus innocent. "Mais d'abord, pourquoi ne pas t'allonger. Tu seras plus à ton aise pour me raconter, d'accord?"

Gabrielle commençait à se demander ce que Xena préparait. Elle était chaude comme la braise et sa guerrière voulait entendre une histoire ... MAINTENANT? Elle plissa les yeux, secoua la tête et dit simplement: "D'accord."
"Bien." Xena attendait patiemment que Gabrielle s'installât sur le lit, allongée, les doigts entrelacés sur son ventre. La guerrière se coucha à côté d'elle, appuyée sur un coude. Gabrielle essayait toujours de comprendre ce que Xena attendait d'elle.

 "Bien installée?"
 "Oui."
 "Alors, raconte-moi ton amie." Xena parlait à voix basse.
"Eh bien. J'étais sur le chemin de l'auberge ..."
"Mm, hmm." Xena se penchait sur un sein mais stoppa court.
 "... Et ce garçon m'est rentré dedans et m'a fait tombée."
"Tu n'as pas été blessée, hein?" Demanda Xena en caressant  le mamelon dressé.
"Non, Non, pas du tout." Elle regardait Xena se baisser sur sa poitrine.
 "Bien."  Elle s'arrêta près du mamelon et leva les yeux vers Gabrielle. Les deux femmes attendaient que l'autre continue. Après un moment d'atroce langueur, surtout pour Gabrielle, Xena cessa le bras de fer.
"Gabrielle? Ton histoire?"
 "Bref, quand je me suis relevée, mon amie, Saranen était là."
"Saranen. C'est un joli nom." dit Xena à voix basse. Elle n'avait pas encore fait un geste mais remarqua la poitrine de Gabrielle monter et descendre rapidement.
 "Et?"

Gabrielle fixa les yeux bleus de son amante. "Xena. Tu veux vraiment ... entendre ça ... maintenant, je veux dire, ça pourrait attendre un peu ... beaucoup ... beaucoup plus tard."
Un sourcil levé et  le regard grave et  intense, Xena répondit: "Non, non, Gabrielle. Je veux entendre parler de toi et de ton amie. S'il te plaît, continue." Et puis, elle lui sourit.

"D'accoooord. Où en étais-je?" Gabrielle espérait vraiment que Xena ne serait pas attentive. Elle pourrait ainsi raconter n'importe quoi juste pour la troubler. Bien sûr, elle fut surprise quand Xena lui répondit.
"Saranen était là."

Gabrielle s'éclaircit la gorge, comme si elle se préparait pour un public. De sa voix maîtrisée de barde, elle commença. "Exact. enfin, j'étais sous le choc de la voir. Je veux dire, je ne l'avais pas vue depuis longtemps."
 "Combien de temps?" Xena attendait le bon moment pour bouger.  À l'insu de Gabrielle, elle avait du mal à garder son sang-froid. Elle voulait attraper le mamelon rose si près d'elle. Le prendre dans sa bouche. L'aspirer et l'exciter. Mais elle devait garder son sang-froid.
"Elle m'écoute. Veux-tu oublier cette histoire et me prendre. " Se disait Gabrielle. Au lieu de cela, elle se prépara à répondre.
"À peu près cinq ou six étés."

"Wouh! Ca fait vraiment ..." Elle passa sa langue autour du mamelon, "... long ..." Elle le lécha dans l'autre sens. "... temps" Elle lécha enfin le mamelon durci.
Gabrielle soupirait et gémissait en regardant Xena  lécher ses seins, ce qui la fit frisonner des pieds à la tête et la poussa à se cambrer.
Xena recula et leva les yeux vers elle. Elle demanda en souriant : "Qu'est-il arrivé ensuite?"

Gabrielle était totalement déconcentrée. Xena préparait vraiment quelque chose, jouait une sorte de jeu, mais elle ne le comprenait pas.
"Nous avons décidé d'aller chez elle pour que ... nous ... ohhh". Xena avait maintenant le sein de Gabrielle dans sa bouche, et le suçait doucement. Gabrielle ferma les yeux, toute son attention focalisé sur la bouche chaude et la langue sur ses seins. Puis Xena s'arrêta, et leva la tête.
"Xena?" chuchota Gabrielle. Quand elle ouvrit les yeux, Xena vit leurs supplications.

"Règle numéro un, Gabrielle. Si tu arrêtes de raconter ton histoire, je m'arrête. Compris"?
 Gabrielle plissa les yeux, comprenant maintenant le but du jeu. Elle se réinstalla sur le lit, regarda droit dans les yeux de Xena et répondit simplement : "compris."
Elle sut que le jeu avait commencé. Une guerre des nerfs. Gabrielle pourrait-elle terminer son histoire? Ou bien Xena la amènerait-elle d'abord à l'orgasme.
 "Xena. Une question."
"Oui."
 "Qui va reprendre en premier?"
Sans hésitation, Xena prit rapidement le sein dans sa bouche. Gabrielle prit une profonde inspiration et reprit.
 "Je n'avais pas vu ... Saranen depuis près de six étés."
 "Mmm hmm." Suçant toujours.
"Nous avons grandi ensemble à Potedia. ... Oh ... Nous sommes devenues meilleures amies." Gabrielle respirait de plus en plus vite.
"Mmm ... amies." Xena passa à l'autre sein.

Nous avions toutes les deux le même ... ah ... même rêve ... ahhh. " La respiration de Gabrielle devint saccadée alors  que Xena se pencha et caressa le mont doré. Sentir Xena la sucer et la caresser la déconcerta. Elle avait besoin de rester concentrée mais c'était de de plus en plus difficile.
"Nous rêvions toutes les  deux de ... voir le monde et ... et ..."

"Et quoi, Gabrielle?" Xena léchait sur et autour du mamelon, ses mains caressaient toujours le sexe de Gabrielle, se rapprochant de la source de son humidité alors que Gabrielle écartait inconsciemment les jambes.
 "...nous avions décidé de ... ohhhh ... Xena ... s'il ... s'il te plaît." Supplia Gabrielle qui se mit à bouger les hanches et à malaxer les fourrures sous son corps.

 Xena retira sa main et fouilla sous l'un des oreillers pour récupérer un phallus. Elle retourna sur son sein et  passa le phallus sur le sexe de Gabrielle.
Gabrielle avait les yeux fermés. Dès qu'elle sentit l'objet, ses hanches se soulevèrent et ses jambes s'écartèrent davantage. Elle se souleva davantage pour se rapprocher du phallus et le guider en elle tout en gémissant encore plus fort.

Xena leva la tête et cessa tout mouvement quand elle se rendit compte que Gabrielle ne poursuivait pas son histoire. Quand elle ne sentit plus Xena ni le phallus, Gabrielle ouvrit aussitôt les yeux. "Xena?"
Xena lui fit un sourire entendu et se glissa à genoux entre ses jambes, le phallus en l'air.

Gabrielle se rappela soudain la règle. Elle poursuivit. "Nous avions décidé de quitter Potedia quand nous serions assez âgées."
Xena sourit et reprit ses caresses. "Continue." Cette fois, Gabrielle força ses yeux à rester ouverts pour se concentrer sur la fin de l'histoire.

"Son père est mort un été. Le guérisseur a dit que ... euh ... son cœur s'était arrêté. Sa mère ne pouvait pas ... hmmm ... prendre soin de la mai... maison et le ffff ... ohhhh ... fermier ... Dieux, Xena."
Xena avait pénétré Gabrielle lentement avec le phallus. Elle le fit aller d'avant en arrière. "Et?"

 "L'été suivant, saaa ... sa ... ohhhh mè...mère, Xena, s'il te plaît"
Gabrielle fut perdue dès qu'elle sentit le doigt de Xena caresser son bourgeon gonflé. Tout ce qu'elle voulait, c'était se concentrer sur les gestes de Xena comme elle balançait ses hanches plus vite contre le phallus.

"Gabrielle?"
"XENA!"
Xena ralentit le phallus et souleva ses doigts trempés du clitoris.
"Non, non ... Sa mère a décidé subitement... oh dieux ... de vendre la ferme. Saranen ne savait pas ... que ... qu'elle la... ahhhh ... ahhh ... vendait. Une fois la ferme vendue ...ils ont tout emballé et sont partis ... XENA, s'il te plaît, Dieux, s'il te plaît! " Les mots de Gabrielle sortaient tous en même temps alors qu'elle se sentait toute tremblante.
"Finis Gabrielle!" Xena faisait à présent bouger ses hanches contre la main qui tenait le phallus. Elle se sentait trembler, tout comme Gabrielle, et sut qu'elles allaient bientôt jouir.

"Finis!" Xena ferma les yeux et sa tête retomba.
Gabrielle malaxait toujours les fourrures, sa tête bougeait de gauche à droite et de droite à gauche. "Saranen et ... sa mère sont venues ... ici ... à ... Trycas. ... Sa mère est morte ... dix ... ohhhh ... lunes plus tard.
Saranen ... ahhhhh ... a emménagé avec sa tante ... sa sœur travaillant dans sa boutique… Aujourd'hui ... est ... le premier ... DIEUX ... jour ... que ... que ... je la... vois... depuis ... qu'elle ... a ... quitté … POTEXXXEEENNNAAAA! " cria Gabrielle, le corps arqué.

 "GABRIEEELLLE!" Cria Xena alors que son corps tombait à la renverse. Les deux femmes criaient le nom de l'autre alors que les vagues de liquide chaud refluaient de leur corps.
Quand Gabrielle put enfin maîtriser son corps, elle ouvrit les yeux et vit un regard bleu l'observer en souriant. Xena retira lentement le phallus, ce qui envoya de petits spasmes à travers le corps de Gabrielle.
Xena posa sa tête sur l'épaule de son amante et Gabrielle caressa son bras qui caressait son propre ventre. Au bout d'un moment, la guerrière leva la tête et embrassa sa compagne. "Je t'aime, ma reine." Dit-elle à voix basse.
 "Je t'aime aussi, ma guerrière." Les deux femmes tombèrent dans un profond sommeil réparateur.

 CHAPITRE 9

 "Donc, tu dis que le garçon que nous avons rencontré hier est le même que nous sommes en train de suivre?" demanda Gabrielle.
 "Oui. Ton histoire ne fait que confirmer ce que m'a dit Valin."
"Et la guerrière, cette chef de guerre, le poursuit à cause de cette chose qu'il porte?"
 "Oui. Selon Valin, elle le poursuit depuis un moment. C'est pourquoi il m'a demandé de le trouver. Il craint que cette chef de guerre ne tue Draconus pour le médaillon."
 "Xena. Comment l'as-tu retrouvé ce matin?"
"J'ai pu le pister à Trycas hier soir. J'ai découvert qu'il avait pris une chambre et j'ai donc pensé le voir ce matin. Malheureusement, il est parti avant le lever du soleil. Il a une avance de quatre heures. Mais au moins ses traces sont encore fraîches. " 

Elles avaient pisté Draconus pendant environ cinq heures. Au lieu de monter à cheval, Xena avait préféré marcher. Le chemin que Draconus avait pris les menait en plein coeur de la forêt, un endroit difficile d'accès, ce qui ralentissait leur rythme.

"Et les villageois? Ont-ils tout perdu?" 
"Toutes les maisons et les commerces ont été détruits." dit Xena d'une voix maussade.
Gabrielle hocha la tête, au bord des larmes. "Pauvres villageois. Perdre tout ce que tu as bâti juste parce que quelqu'un veut récupérer un bijou. Ce médaillon doit être vraiment important pour elle."

 Xena ne répondit pas, elle pensait pareil. Elle essayait de se concentrer sur la piste de Draconus. Elle avait besoin de le localiser le plus vite possible. Si Valin avait raison, la seigneur de guerre tuerait Draconus pour récupérer le médaillon. Mais Xena espérait qu'on n'en arriverait pas là.
 "Que devrais-je faire si je te revois. Ca fait si longtemps. Devrais-je me battre contre toi?  Y a t-il un moyen de t'arrêter sans te faire de mal? Pensait Xena.
"Xena. T'es tu déjà battue contre elle? Je veux dire ... tu la connais?"
Xena et Gabrielle avaient finalement atteint les bois. Xena s'arrêta et se tourna vers Gabrielle.

 "Viens. Il faut que je te parle."

Elle prit les rênes d'Argo et le dirigea vers un arbre couché. Gabrielle leva les sourcils avec étonnement et la suivit. Il était rare que Xena veuille parler de quelque chose. Gabrielle would have to drag out whatever was bothering Xena. D'habitude, Gabrielle devait faire traîner tout ce qui dérangeait Xena. Mais cette fois, Xena avait vraiment besoin de parler et Gabrielle n'allait pas manquer cette occasion.

Elle prit l'une des gourdes dans la sacoche d'Argo et s'assit à côté d'elle. Elle lui tendit la gourde remplie d'eau. Xena l'accepta et but une grande gorgée. Elle sourit en la lui rendant. "Merci."
 "De rien. La situation a l'air grave. Je ne voudrais pas que ta gorge se dessèche." Dit Gabrielle. Elle voyait la tension sur le visage de Xena et voulait la mettre à l'aise.

 Xena eut un petit rire. "Pour répondre à tes questions: non, je ne l'ai jamais combattue et, oui je la connais."
 Gabrielle réfléchit un instant puis demanda: "Xena. Tu as combattu des seigneurs de guerre dans le passé. Callisto, Draco, Krykus. Pourquoi est-ce que tu ne t'es jamais battue contre celle-là?"

 "Eh bien nos chemins ne se sont jamais croisés. Et puis ... c'est...c'était ma meilleure amie."
 "Ta meilleure amie?"
 Xena regardait droit devant elle, se remémorant.

"Son nom est Taelias. Comme toi et Saranen, nous étions amies. Nous avons grandi ensemble à Amphipolis. Sa famille a emménagé à la frontière du village quand elle avait environ huit ans. Elle était un peu plus jeune que moi . Lyceus et moi l'avons rencontrée un jour et dès lors, nous sommes devenus inséparables tous les trois. Elle et moi sommes devenues inséparables. Même si je considérais Lyceus comme mon meilleur ami, elle l'est devenue aussi. "
 "Comment était-elle?"

 "Insouciante, facile à vivre, sociable. Elle se faisait des amis en un clin d'œil. Je veux dire, regarde-moi Gabrielle. Je n'ai jamais eu d'amis avec qui j'ai grandi. Les autres filles  me trouvaient toujours bizarre, pas à ma place. . Mais Taelias, je ne sais pas. Elle m'a acceptée. A part Lyceus, c'était la seule. C'est sans doute pourquoi elle et moi nous entendions si bien." Xena s'arrêta tout en continuant de se souvenir.

Gabrielle attendait patiemment. Elle vit le regard lointain de Xena. Elle ne voulait rien dire qui pouvait éloigner ses pensées. Puis, après quelques instants, Xena reprit.

 "Elle avait ce sourire authentique, cette lumière. Elle faisait toujours des blagues ou de tirer un certain type de blague. Elle charriait même un peu  Lyceus. Il était si crédule. Je crois qu'elle avait le béguin pour lui. Elle me faisait toujours sourire ou rire. C'était vraiment une blagueuse. "
Gabrielle souriait en voyant Xena sourire à ses souvenirs. Puis elle vit son froncement de sourcil.

"Et quelque chose est arrivé. Une chose sur laquelle elle n'avait aucun contrôle. Le sourire et la lumière se sont lentement estompés. Elle ne restait pas en retrait ou quoi mais elle venait de perdre son insouciance. Elle était devenue coléreuse et s'emportait facilement. Parfois elle parvenait à se contrôler mais le reste du temps elle ne voulait pas. Elle savait qu'elle changeait. Elle m'a même dit qu'elle ne pouvait pas s'arrêter et que si je ne voulais pas rester près d'elle, elle comprendrait. Mais je lui ai dit que je serais toujours sa meilleure amie, quoi qu'il arrive. Pour le prouver, nous avons fait un serment de sang. "

 "Un serment de sang?"

Xena hocha la tête.  "Tu vois cette cicatrice?" Xena ouvrit sa main droite, une cicatrice à peine visible sur le bord de la paume. Gabrielle acquiesça en la voyant. "Je me suis coupé la main, puis ai coupé la sienne de la même manière. Nous avons joint nos mains et avons juré de toujours nous protéger, d'être loyales, de faire attention l'une à l'autre et de rester les meilleures amies et sœurs de sang jusqu'à la fin des temps. Un peu bête, hein? "  demanda Xena en regardant Gabrielle.

 "Non, Xena. Je pense que c'est une bonne chose que tu aies eu quelqu'un comme ça. Mais j'ai toujours cru qu'il n'y avait que toi et Lyceus. Tu n'as jamais parlé de Taelias. Pourquoi? Que s'est-il passé entre vous? Pourquoi n'est-elle pas restée avec toi? "

"Elle est restée avec moi, un certain temps. Après que l'armée de Cortese est venue et que Lyceus a été tué, elle était là quand j'ai rassemblé les hommes de mon village et ai formé une armée. Je voulais qu'elle soit mon bras droit mais elle a refusé. Elle a dit qu'il serait plus difficile de contrôler les hommes sous le commandement de deux femmes. Alors, elle m'a proposé de rester dans l'ombre. Comme ça, elle pouvait surveiller mes arrières. Surveiller le comportement des hommes quand je n'étais pas là. Je dois admettre que cela a fonctionné. Elle est restée avec moi pendant quatre ans jusqu'à l'arrivée d'Alti. "

"Alti?"
"Oui. Tu te souviens de l'histoire avec Borias?"
"Oui. Le père de Solon."

"Alti était chamane. Elle faisait de la magie noire. Borias et Taelias ne s'aimaient pas, et ne se faisaient pas confiance. Mais quand Alti est arrivée, ils ont mis de côté leurs différences. Ils ont compris qu'Alti était dangereuse. Taelias surtout n'aimait pas Alti et me répétait qu'il fallait que je me débarrasse d'elle. Mais je ne pouvais pas. Alti m'offrait ce que je voulais, ce dont j'avais besoin à l'époque. Le pouvoir. Même Borias a essayé de me dire de quitter Alti, mais je ne pouvais tout simplement pas. Un jour, Taelias et moi avons eu un grand débat sur Alti. Je lui ai demandé de faire ses bagages et de partir. Ce qu'elle a fait. Elle ne s'est pas retournée et n'est jamais revenue. Je ne l'ai plus vue ni entendu parler d'elle, et cela fait environ neuf ou dix ans. Et à présent elle est chef de guerre. "

Gabrielle tenait toujours la main de Xena quand elle avait regardé la cicatrice. Elle avait écouté attentivement l'histoire de Xena sur Taelias. Quand elle se rendit compte que Xena avait fini, elle leva la tête et vit des larmes dans les yeux de son amante.

 "Nous pouvons peut-être l'aider Xena. Tu as changé. Nous pouvons peut-être l'aider à changer aussi."
"J'ai changé grâce à toi Gabrielle." Dit Xena d'un ton neutre.
 "Non, Xena. Tu as changé parce que tu le voulais. J'étais juste le bonus." Gabrielle sourit. "Tu peux l'aider à changer Xena. Tu es toujours sa meilleure amie."

Xena regardait Gabrielle, étonnée par sa compagne. Gabrielle pensait que tout le monde pouvait changer avec de l'aide. Elle était toujours si optimiste. Xena, au contraire, ne l'était pas.

"Je ne sais pas Gabrielle. La guerrière est connue pour être impitoyable, sans pitié. Elle ne voudra surement pas de mon aide."
"C'est de cette guerrière dont tu parles. Pas de ton amie Taelias. Nous allons l'aider Xena."
 "Tu crois?"
"J'en suis sûre."
 Xena se baissa et embrassa Gabrielle avec passion. Elle reçut la réponse qu'elle attendait comme Gabrielle écartait les lèvres pour laisser la langue de Xena l'explorer.  Après quelques instants, les deux femmes se séparèrent.
 "Nous devrions y aller. Je ne veux pas perdre la piste de Draconus."
"D'accord". Gabrielle regarda Xena ramener Argo. Elle était assise là, pensive : Je vais t'aider à ramener ton amie, Xena. Nous le ferons toutes les deux. Elle se leva et rejoignit Xena et Argo alors que Xena montait à cheval.
 "Oh, Xena attends."

Xena s'arrêta et se tourna vers Gabrielle qui fouillait l'une des sacoches avant de lui tendre une petite boîte.
 "Je sais que ce n'est peut être pas le bon moment, mais ... euh ... ouvre-le."
Xena eut l'air interrogateur, puis ouvrit la boîte. Le couvercle soulevé, elle sortit le bracelet. Un sourire se glissa lentement sur son visage alors qu'elle admirait le bijou.

"Gabrielle. C'est magnifique, mais pourquoi?"
"Xena, tu as tant fait pour rendre notre anniversaire spécial. Je sais que la robe t'aurait suffi mais je voulais ... autre chose."
 Xena regarda profondément dans les yeux émeraudes. "Tu reprends mes propres mots contre moi, hein?
"Non, je reprends tes mots pour exprimer mes propres sentiments. Tu l'aimes? Tu vois, il y a le dessin de ton chakram dessus."
"C'est absolument charmant, tout comme toi, mon amour." Xena enleva ses bracelets de force pour essayer le bijou. "C'est fou, il me va parfaitement." Elle eut un large sourire, puis tira Gabrielle vers elle pour l'embrasser passionnément.

 "Alors tu l'aimes?" Demanda Gabrielle en se détachant.
"Oui, mon amour. Je l'adore. Je t'adore." Elle l'embrassa sur le front.
"Tu crois que ça ira sous tes bracelets de force?"
 "Hmm. Je ne sais pas." Xena remit son brassard de guerre. Mais pour s'assurer qu'il ne gênerait pas dans les combats, elle dégaina son épée. Après quelques essais elle fut convaincue de pouvoir le garder.
 "Eh bien, il ne semble pas me gêner si j'ai besoin de me battre. Pour le moment, je vais le laisser en dessous mais quand nous serons chez les Amazones, je le remettrai dessus. Tu es d'accord ? "
 "Bien sûr." Gabrielle se blottit dans ses bras, les siens autour de sa taille. "Tant que je sais que tu l'aimes..."
 "oui." Xena l'embrassa encore. "Femme, sais-tu ce que tu me fais?"
 "Oui." Répondit Gabrielle en plissant le nez.

Xena ne pouvait s'empêcher de rire chaque fois que Gabrielle faisait ça. "Allez viens. Il faut y aller."  Elle sauta sur Argo. Elle s'arrêta quand une dernière pensée s'insinua dans sa tête. "Je suis désolée Taelias. Je n'aurais jamais dû laisser cela se produire. J'espère que tu pourras redevenir... mon amie." Elle aida Gabrielle à monter. "En route Argo."

 CHAPITRE 10

Taelias observait ses hommes se battre contre les villageois du haut de son cheval. Elle avait reçu un message de Lyneus comme quoi le garçon était ici. Elle balayait continuellement le village dess yeux à la recherche d'un signe de Draconus, en vain pour le moment. Toutefois, ce qui l'amusait, c'était de voir que les hommes du village avaient une bien meilleure défense que les précédents.

 "Ces paysans sont très bons. Je devrais peut-être les recruter dans mon armée. S'ils ne meurent pas avant." A cette dernière pensée, elle rit à voix haute.

Elle descendit de son cheval et réalisa que les villageois avaient vraiment une excellente défense. Ses propres hommes commençaient à fatiguer et se défendaient plus qu'ils n'attaquaient. Elle dégaina son épée et se tint prête.
Comme elle avançait, un des villageois s'approcha d'elle, une pelle levée au-dessus de la tête. Taelias avançait toujours vers lui, faisant tournoyer son épée. "Tu es fou, hein?" Elle lui décocha un coup de pied en pleine tête, l'envoyant rouler par-terre. Elle poursuivait son chemin quand elle entendit un autre homme sur sa gauche. Sans s'arrêter ni se retourner, elle lui balança son poing au visage. L'homme tomba dans les pommes. Taelias s'arrêta un moment pour le regarder. "Imbécile!" Elle observa le village et repéra sa cible.
Gareth s'approchait d'elle. "Nous ne pouvons pas le localiser, Lady."

Sans quitter des yeux Draconus, elle déclara, "Moi oui." Elle hocha la tête vers Draconus. Gareth suivit son regard et aperçut le garçon.
 Il attrapa le soldat le plus près de lui.
"Prends plus d'hommes et amène-le!" Le soldat rassembla quatre hommes et courut vers Draconus. Quand celui-ci vit les hommes venir vers lui, il se glissa entre les bâtiments courut dans la direction opposée mais deux hommes lui barrèrent le chemin. Sept guerriers entouraient maintenant Draconus et se rapprochaient de lui.

Un rictus passa sur le visage de Taelias. Bientôt elle récupèrerait son médaillon et la tête de Draconus serait sur un plateau. Elle regarda derrière elle, heureuse de constater que ses hommes avaient enfin réussi à contrôler les paysans du village où ils étaient maintenant regroupés. Elle se retourna et s'apprêta à s'approcher du garçon mais s'arrêta brusquement, entendant un cri de guerre. Elle regarda derrière ses guerriers et vit la jument beige galoper vers le village, accompagnée de  deux cavaliers.
"Non ce n'est pas possible !"
Xena sauta d'Argo avant même que le cheval ne soit arrêté, et se jeta au centre du cercle où se trouvait Draconus, épée à la main. Tous les guerriers se regardèrent, sans savoir quoi faire.

"Eh les garçons ! Je peux participer?" Déclara Xena en souriant et en faisant tournoyer son épée.
Derrière Taelias, Gareth cria, "ATTRAPPEZ-LA ! Tuez-les, elle et le garçon!!"
 Avec un rire méchant, Xena para aussitôt l'attaque. Quatre des guerriers entrèrent dans le combat, sachant qu'ils ne gagneraient pas contre la princesse guerrière.

Xena donna des coups de pied, frappa, para et repoussa les guerriers avant de les abattre un par un. Taelias se leva et regarda Xena combattre ses hommes, le visage inexpressif. Son attention fut détournée par une femme aux cheveux d'or, qui, armée d'un bâton, venait de faire tomber trois autres guerriers. "Xena a une nouvelle amie. Elle est bonne."
Alors que Gabrielle se battait, elle cria à Draconus : "PARS D'ICI! COURS!" Draconus regarda Taelias et s'enfuit du village.

"Noooon!" cria Taelias en voyant Draconus s'échapper. "GARETH! ATTRAPE-LE! RAMENE-LE!"  Gareth dépêcha rapidement deux guerriers qui se précipitèrent à ses trousses. Elle les regarda courir après Draconus avant de ramener son attention sur Xena. Un de ses hommes hurlait à  mort, l'épée de Xena plongée dans sa poitrine. Xena leva les yeux vers elle. Tout en la fixant, elle posa son pied sur le dernier guerrier qu'elle venait d'abattre et le poussa pour retirer son épée.

Les deux femmes se toisaient, le visage inexpressif. Taelias rengaina lentement son épée et marcha vers Xena.
Xena fit de même. Les deux femmes s'arrêtèrent à une longueur de bras l'une de l'autre.
 "Pourquoi es-tu ici, Xena ?"
"J'ai entendu dire que tu faisais une fête alors je suis venue."
 "Ah, mais Xena, tu n'as pas été invitée."
 "Mais tu me connais Taelias. Tu sais combien j'aime ... m'incruster dans les fêtes." Xena sourit et releva un sourcil.
Gareth observait la scène. Il aperçut Gabrielle derrière la princesse guerrière. Il fit signe à deux guerriers qui se tenaient à côté de lui et les poussa lentement devant de lui pour se cacher derrière eux.
"Oui, Xena. Je te connais. Du moins je te connaissais. Mais c'est une fête à laquelle tu n'es pas conviée."

 Taelias la fixait toujours. Elle aperçut Gareth du coin de l'œil, comme il se déplaçait lentement derrière Gabrielle.

Il se plaça discrètement derrière elle et la frappa dans le dos; Gabrielle hurla en tombant par-terre. Avant qu'elle n'ait le temps de détacher son chakram, Xena se retourna et vit Gareth tenir un poignard contre la gorge de Gabrielle, droit sur la veine principale. Taelias en profita pour sortir son poignard et donner un violent coup de pied dans le dos de Xena, la faisant tomber à genoux. Taelias se trouva en un instant derrière elle, le poignard sur son cou.
"Ah, ah, ah, Xena ! Si tu bouges, elle meurt. Ou toi." Taelias se baissa lentement et confisqua son chakram.  Elle le donna à l'un de ses hommes, puis tira l'épée de son fourreau qu'elle tendit également au guerrier. Elle fit signe à un autre de ses hommes d'amener une corde. Elle attacha rapidement les mains de Xena derrière son dos, en s'assurant que le nœud était bien serré car elle savait que Xena pouvait facilement s'extirper de tout lien. Quand elle eut fini, elle regarda Gareth.

"Attache-la Gareth et amène là ici."
Pendant que Taelias était occupée à attacher Xena, elle aperçut Gareth qui appuyait le poignard sur la gorge de Gabrielle. "Aucun moyen de m'approcher d'elle. Autant attendre de voir où Taelias veut en venir. " Lorsque Gareth eut fini, il la releva et la poussa vers le groupe.

Gabrielle trébucha, ce qui fit bouger Xena. Taelias était encore debout derrière elle et remarqua le léger mouvement quand son amie fut poussée en avant. Alors que Gareth et Gabrielle se rapprochaient, l'un des guerriers  retourna Xena pour qu'elle soit face à Taelias. Gabrielle se retrouva à côté d'elle.
"Xena, tu interfères sur quelque chose qui ne te concerne pas." dit Taelias à voix basse alors qu'elle se tenait juste en face d'elle.

"Tuer un jeune innocent me concerne Taelias." Lui répondit-elle, comme elle fixait les yeux bruns.
"Ce garçon a quelque chose qui m'appartient. Et si le tuer me permet de le récupérer, alors qu'il en soit ainsi." Assura Taelias, les dents serrées.
Xena regarda au fond des yeux de Taelias. Elle connaissait sa colère mais là c'était différent. C'était carrément de la haine. Une haine que même elle ne comprenait pas.
"Taelias, tu n'as jamais tué personne de tes mains. Surtout un innocent."
"C'était l'ancienne Taelias, Xena. Celle que tu as connue il y a des années. Celle-ci est meilleure et nouvelle. Tu ne l'aimes pas?" demanda Taelias avec un petit sourire.

Adoucissant son regard, Xena répondit: "Non. Je veux l'ancienne Taelias. Je veux ma meilleure amie. S'il te plaît Taelias, laisse-moi t'aider."
Taelias vit la sincérité dans les yeux de Xena. Elle détourna le regard et se souvint de son passé et de leur amitié.

Gabrielle observait l'échange des deux femmes. Quand elle entendit prononcer la dernière phrase de Xena, elle regarda le visage de Taelias et l'espace d'une seconde, crut y voir un ramollissement et de la reconnaissance.
Xena ne manqua pas l'expression de Taelias. La dureté et la haine la quittèrent un instant. Elle espérait avoir réussi, même quelques secondes.
 Taelias regarda Xena puis Gabrielle. Quand elle retourna son attention sur la première, elle se redressa: "D'accord Xena. Je vais te laisser m'aider." Elle fit signe à Gareth qui se tenait derrière Xena et Gabrielle. D'un rapide coup sur leur nuque du manche de son poignard, les deux femmes tombèrent au sol, évanouies. Gareth releva son poignard et se tint debout près du corps inconscient de Xena. Il le souleva, prêt à enfoncer la lame dans son dos.
Taelias baissa les yeux sur l'impuissante Xena. Un instant, son cœur se rapprocha de son ex-amie.

Quand elle réalisa ce que Gareth allait faire, elle dit simplement : "NON !". Gareth la scruta d'un air perplexe, le poignard toujours en l'air.
 "Non, Gareth. J'ai besoin d'elle." Gareth baissa son bras et rangea son poignard, l'air toujours aussi perplexe.

"Mets-les sur les chevaux. On les ramène au camp. Et que quelqu'un trouve ces imbéciles qui ont suivi Draconus pour leur dire de revenir au camp."  Taelias repartait à cheval mais Gareth la rattrapa pour lui demander : "Et pour les villageois?" Taelias s'arrêta. "Attache-les et mets-les quelque part. Brûle le village, mais pas là où ils sont."
"Mais Lady ..."
"Fais ce que je te dis, Gareth."
Il resta abasourdi. Il voulait donner son avis sur les villageois et sur Xena. Au lieu de cela, il déclara simplement: "Oui, Lady." et se retourna obéir aux ordres.
Taelias ne bougeait pas."Je veux retrouver ma meilleure amie. S'il te plaît Taelias, laisse-moi t'aider." Elle repensait à ce que Xena lui avait dit et ferma brièvement les yeux "Tu vas m'aider Xena. Plus que tu ne le crois. "

CHAPITRE 11

Xena se réveillait lentement, mais n'ouvrit pas les yeux. Elle pensa à ce qui s'était passé.  "Le village, Taelias, les mains attachées, assommée. Gabrielle. Où est Gabrielle?' Elle resta silencieuse assez longtemps afin d'évaluer la situation. "Mes mains ne sont pas attachées. Je suis allongée, sur quelque chose de doux. Respire. Il y a des gens à côté. "

"Je sais que tu es réveillée Xena. Tu peux ouvrir les yeux."

La voix de Taelias était différente. Moins dure. Saccadée, presque en souffrance. Elle ouvrit lentement les yeux et se vit allongée sur une espèce de paillasse recouverte de couvertures. Elle scruta la tente et aperçut Taelias assise sur la paillasse, la tête dans sa main, le coude sur le genou, les yeux fermés. Elle vit derrière elle un de ses hommes avec un arc bandé, pointé sur quelque chose. Elle suivit la direction de la flèche et vit Gabrielle, ligotée, mains sur la tête, debout, qui la regardait. La flèche visait son cœur. Xena bondit aussitôt pour attraper son chakram.

Sitôt qu'elle entendit Xena bouger, et sans même la regarder, Taelias ramassa la chakram posé à côté d'elle sur le lit. Elle le leva pour le montrer à Xena.
 "C'est ça que tu cherches?" Ne recevant aucune réponse, elle leva les yeux.
 Impassible, Xena la regardait. Son visage semblait avoir vieilli. Elle avait des cernes sous les yeux et ceux-ci semblaient avoir pleuré. Elle avait aussi l'air plus faible. Ce n'était certainement pas la même Taelias que celle rencontrée plus tôt.

Taelias reposa le chakram sur le lit. Elle se tourna vers Xena: "Je suis désolée que Gareth t'ait frappée si fort. Tu es restée évanouie un moment."
 "Ca veut dire quoi "un moment"?"
"À peu près trois heures." Taelias reposa sa tête dans sa main et ferma les yeux. Xena jeta un oeil à Gabrielle, qui haussa les épaules.
"Taelias. Qu'est-ce que tu veux de moi?"

 Elle releva la tête et posa sa main sous son menton. "De quoi ai-je besoin? J'ai besoin de mourir Xena. Comment te dire ça. Je dois arrêter le chaos, la destruction. Je suis fatiguée Xena. Fatiguée de me battre contre le côté obscur. Fatiguée du sang qu'il laisse derrière lui. Fatiguée de la mort. Je dois partir. Comment te dire?  Je voudrais pouvoir te l'expliquer. "

Taelias était plongée si profondément dans ses pensées qu'elle n'entendit pas Xena approcher. Toutefois, lorsque la guerrière se trouva derrière elle, elle sortit de sa rêverie et leva aussitôt les yeux. Elle venait de remarquer sa présence.
Xena attendait patiemment que Taelias réponde à sa question. Elle observait le panel d'émotions qui traversaient son visage et, inquiète, se rapprocha. Elle s'arrêta dans son élan, les yeux de Taelias levés vers elle.

"Je veux que tu trouves Draconus, qu'il me rende le médaillon." déclara-t-elle dans un murmure, la voix fatiguée.
"Et si je refuse?"
Xena essayait de gagner du temps pour s'approcher de Gabrielle et les faire sortir de là. Mais en même temps, elle lisait l'épuisement sur le visage de Taelias et voulait l'aider.
Taelias avait entendu la question mais ne répondit pas tout de suite.
 Elle finit par regarder Gabrielle et lui dit tristement mais avec conviction, "Je connais ton amie Xena. Si tu refuses, Gabrielle meurt." Taelias ne regardait pas Xena en disant cela. Son cœur se brisa quand réalisa qu'elle blessait encore sa meilleure amie.

Xena avait entendu les paroles que venait de prononcer Taelias, tout comme le ton qu'elle avait employé, qui manquait de conviction. "Quelque chose cloche mais qu'est-ce que c'est?"
"Tu as trois heures Xena. Ramène le garçon ..." Taelias s'arrêta en repensant à ce que Xena avait dit plus tôt. "Taelias, tu n'as jamais vraiment tué personne de sang froid. Surtout pas un un innocent."

"... ramène le médaillon." Elle n'avait toujours pas levé les yeux vers Xena ; elle ne voulait pas voir le mal qu'elle lui faisait.
Xena n'avait qu'une envie  devant tant de souffrance : retrouver Taelias et l'embrasser,. Au lieu de cela elle se retourna et se dirigea vers la sortie. Elle s'arrêta quand Taelias l'appela.
"Xena. Je te connais. Du moins je te connaissais. Ne crois pas pouvoir libérer Gabrielle. Mes hommes essaieront aussitôt de vous tuer, toi et elle." Taelias ferma les yeux à cette remarque.

 Xena regarda Gabrielle, puis revint à Taelias. Quand le guerrier visa de nouveau Gabrielle, Xena leva les mains pour montrer qu'elle ne tenterait rien. Elle se tint finalement devant Taelias et s'agenouilla.
Celle-ci ouvrit lentement les yeux et la regarda. Xena y lut la souffrance, la fatigue et la faiblesse.

"Je vais ramener mon amie." dit-elle d'un ton neutre.
"Je sais que tu vas récupérer Gabrielle. Je n'en attends pas moins de toi."
 "Je ne parle pas de Gabrielle." Et elle se leva pour sortir. Elle s'arrêta pour se tourner vers Gabrielle, "Ne t’inquiète pas. Je serai bientôt de retour." Elle lui fit un petit sourire et sortit.

Taelias regardait l'entrée de la tente que Xena venait de franchir. Au bout d'un moment, elle dit au soldat qu'il pouvait les laisser. Taelias regarda Gabrielle avant de s'allonger sur la paillasse. Gabrielle poussa un gros soupir et attendit.

CHAPITRE 12

Xena partit au galop vers le village où elle avait vu Draconus pour la dernière fois."Que vais-je faire si je ne le trouve pas? Tuera-t-elle vraiment Gabrielle? Non. Quelque chose cloche. Taelias ressemble à moi avant. Des années avant. Excepté le fait qu'elle a l'air d'avoir vieilli d'un coup. Qu'est-ce qui se passe?
 Elle remarqua soudain qu'elle avait atteint le village en un temps record. Elle fit trotter Argo en se rapprochant. Elle sentait les séquelles d'un village détruit après une tempête. Elle ne voulait pas être vue et fit le tour du village pour rejoindre l'endroit où elle et Gabrielle étaient entrées.
Puis elle descendit d'Argo.

 "Reste ici ma fille."
Elle s'approcha lentement et se pencha pour voir si elle trouvait des traces de Draconus. Elle les suivit un moment et s'arrêta brusquement. Elle observait toujours le sol. Les traces semblaient avoir disparu. Elle regarda aux alentours au cas où elle aurait raté quelque chose. Mais c'était pareil. Les traces s'éloignaient avant de disparaître subitement. "C'est comme s'il s'était volatilisé. Très bien.  Je me demande qui est impliqué là-dedans. "
 Elle regarda autour d'elle. Aucune colline ou montagne, juste un terrain plat. "Alors, où es-tu allé?" Elle courut vers Argo et sauta sur la selle. Elle le fit trotter jusqu'aux dernières traces et regarda de nouveau par- terre.
"Eh bien. Je suppose que je dois aller tout droit. Peut-être que j'aurai de la chance."  Puis elle lança Argo au galop.

Taelias se réveilla brusquement. Très vite, elle s'assit sur le bord du lit et regarda Gabrielle.
 "Combien de temps?"
 "Quoi?"
"Combien de temps ai-je dormi?"
Taelias avait l'air encore plus fatigué qu'avant.
"À peu près deux heures."
Taelias ferma les yeux et se frotta la nuque.  "Ce ne sera pas long maintenant."
"Pardon?"
 "Rien, Gabrielle. Je parlais toute seule." Gabrielle lui fit un léger signe de tête et grimaça de douleur car ses épaules et ses bras lui faisaient mal.
Taelias entendit la grimace et vit la douleur sur le visage de Gabrielle.  "Oh Dieux. J'ai laissé cette fille attachée trop longtemps. " Elle descendit de la paillasse et se dirigea lentement vers l'entrée de la tente. Elle se redressa, et fit rouler sa tête sur les épaules.

"GARETH. VIENS ICI!"
 Gareth entra dans la tente. "Oui, Lady ?"
Fixant Gareth droit dans les yeux, elle déclara d'une voix impérieuse, "Gareth. Je ne veux être dérangée en aucun cas, à moins que Xena ne soit revenue."
Gareth regarda son chef puis Gabrielle. Il vit qu'elle était attachée à une perche.
 "Mais Lady, et si ...»
 "Et si rien, Gareth. Jusqu'au retour de Xena, ne me dérange sous aucun prétexte. Est-ce clair?" Taelias essaya de lui faire son regard le plus glacial possible.
De toute évidence, cela fonctionna car Gareth baissa rapidement la tête.
 "Oui, Lady."
"Bien. Sors." Gareth s'exécuta. Dès qu'il fut dehors, Taelias tomba à genoux, à bout de force.

Gabrielle avait vu Taelias quand elle s'était levée du lit. Elle avait remarqué qu'elle avait perdu toute son énergie. Quand elle était allée devant l'entrée de la tente, elle avait compris que Taelias évoquait ces dernières forces afin de donner son ordre à Gareth. Elle voulut s'avancer quand elle vit Taelias tomber à genoux mais fut arrêtée par les cordes autour de de ses poignets.
 "Taelias? Dois-je appeler Gareth?" demanda Gabrielle d'une voix anxieuse.
Taelias leva la main pour l'empêcher de demande de l'aide. Finalement, elle se remit debout. Elle alla vers Gabrielle et détacha son poignard de l'arrière de son pantalon en cuir.

Quand Gabrielle vit le poignard, elle recula un peu. Taelias remarqua son mouvement.
 "Détends-toi. Je ne vais pas te faire mal. C'est juste que tu es restée dans cette position trop longtemps. Tes épaules doivent te faire mal."
Elle trancha la corde qui libéra les bras de Gabrielle, puis celles qui maintenaient les poignets.

Gabrielle enleva les cordes et massa ses épaules et ses poignets endoloris. Lorsque Taelias eut fini, elle retourna sur le lit en trébuchant. Elle tomba sur le lit, couchée sur le dos.

Gabrielle la regarda, puis observa la tente. Taelias savait ce que Gabrielle pouvait faire. Les yeux fermés, elle dit faiblement "Gabrielle, n'espère pas t'enfuir. Mes hommes te tueraient aussitôt, sans réfléchir. Ta meilleure chance est de rester ici jusqu'au retour de Xena."
Gabrielle regarda encore autour d'elle. Finalement, elle avança vers le lit et s'assit sur le bord.

 "Quelle différence cela fait? Tu as dit à Xena que si elle ne revenait pas, tu me tuerais de toute façon."
Taelias ouvrit les yeux et regarda la petite blonde. "Je n'allais pas et ne vais pas te tuer. J'ai dit ça uniquement pour que Xena ait une raison d'aller chercher Draconus. J'avais besoin qu'elle parte. Je ne voulais pas qu'elle me voit comme ça . "

 Gabrielle la regarda fixement. Elle semblait trop faible et vulnérable. "Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi?"
Taelias ferma les yeux et dit doucement: "Non, mais merci."
"Taelias, qu'est ce qui t'arrive? Depuis cinq ou six heures tu sembles de plus en plus faible?
 "C'est très simple, Gabrielle." Elle ouvrit ses yeux bruns. "Je vais mourir."

 CHAPITRE 13

Xena arrêta Argo au milieu du chemin. Elle n'avait aucune idée d'où aller ou quoi faire. Elle descendit et leva les yeux vers le ciel, le soleil commençait sa descente.
"Il n'y a pas de temps à perdre. Je vais le trouver."
 "Oh, je ne dirais pas cela à ta place."
Xena se retourna et vit la déesse Hecate se matérialiser devant elle. "Hecate. Que fais-tu ici?"

"Je suis venue t'aider, Xena." déclara-t-elle d'une voix sincère.
"Écoute Hecate. Je sais que tu es ma mère. Mais tu as promis de ne pas interférer dans ma vie. Alors s'il te plaît, pars." Xena remonta sur Argo.
 "Mais je ne suis pas ici pour te nuire Xena. Je suis là pour aider Taelias."
Xena s'arrêta et se tourna. Elle plissa les yeux et demanda : "Pourquoi?"
"Parce que Taelias se meurt et qu'elle a besoin de notre aide."
 Xena souleva les sourcils et écarquilla les yeux.
 "Elle se meurt?" Hecate hocha la tête avec un air très sérieux. "Comment?"
 "On n'a pas beaucoup de temps pour les explications mais sache simplement que le médaillon est la clé."

 "C'est pourquoi je suis là. Je dois retrouver le garçon et récupérer le médaillon. Sinon... elle va tuer Gabrielle."
 "Non, elle ne le fera pas."
 "Quoi?"
"Elle ne tuera pas Gabrielle. C'est un plan Xena. Un plan formé par elle pour se laisser mourir. Elle sait que le médaillon peut la sauver mais elle ne le veut pas." Hecate observait la confusion de Xena. "Xena, on n'a pas beaucoup de temps. J'ai le garçon et le médaillon. Je t'expliquerai ce que je peux, mais nous devons nous dépêcher, et j'ai besoin de ton aide. Taelias a besoin de ton aide. Es-tu prête ?"

 Xena leva les yeux vers Hécate, se redressa et fit un petit signe de tête affirmatif. Hecate lui toucha l'épaule et les deux femmes se dématérialisèrent.

CHAPITRE 14

Taelias s'affaiblissait de plus en plus.
 "Taelias. Y a -t-il quelque chose que je peux faire? As-tu un guérisseur? Peut-être que je pourrais le faire appeler?" Gabrielle allait se lever mais une main l'attrapa par le bras.
"Non, Gabrielle, arrête. Il n'y a rien à faire."  chuchota Taelias.
"Comment? Pourquoi ?" Elle ne trouvait pas les mots et ne savait pas comment poser la question.

Taelias regardait le visage inquiet de Gabrielle et eut un léger sourire.
 "Eh bien. Je suppose que je devrais essayer de t'expliquer. Le médaillon a un sort. Il a causé ... et aussi bizarre que ce soit ... il a scindé mon âme en deux, littéralement."

Gabrielle fixait Taelias, perplexe. "Coupé en deux?"
 "Oui. Toute personne a deux personnalités, deux âmes distinctes. Une bonne et une mauvaise. Mais les deux sont toujours liées. L'une va toujours l'emporter sur l'autre, mais l'autre est toujours là, cachée. Dans mon cas, et parce que le médaillon a jeté un sort , il a fendu mon âme. Séparées, mais toujours connectées. Le médaillon intensifie ou renforce mon côté sombre et affaiblit le bon côté. "

Taelias s'arrêta car elle sentait ses forces la quitter. Elle ferma les yeux un instant. Quand elle les rouvrit, Gabrielle avait pris sa main et lui souriait. Taelias lui rendit son sourire.

Puis elle continua. "Le problème est que si je porte le médaillon trop longtemps, mon bon côté continuera de s'affaiblir et finira par mourir, donc je dois l'enlever pour qu'il puisse reprendre des forces. Si je ne le porte plus, alors mon côté sombre s'affaiblit et finit par disparaître. On ne peut pas vivre l'un sans l'autre. Si l'un meurt ... "
"Alors, l'autre meurt aussi." Termina Gabrielle.
Taelias hocha la tête. "Je suis damnée si je le fais et damnée si je ne le fais pas. C'est pourquoi il n'y a rien que tu puisses faire."
 "Taelias, si le médaillon est la clé alors Xena le ramènera bientôt. Tu pourras le remettre et ..."

"Et vivre? Non, Gabrielle. Je ne veux pas cela. En aucune façon, je ne lui permettrai de reprendre le contrôle. Je ne le laisserai pas m'envoyer sur la voie de la mort et de la destruction. Tuer des innocents, des femmes et des enfants, ça doit cesser. Et ma mort est le seul moyen de l'arrêter. " Taelias ferma les yeux et une larme coula sur sa joue.
Gabrielle sentit ses propres larmes monter en écoutant le sacrifice de Taelias. Elle secoua sa main toujours dans la sienne.

 "Taelias, s'il te plaît. Laisse-moi faire quelque chose pour toi."
 Il devenait de plus en plus difficile pour Taelias de garder les yeux ouverts. Elle réfléchit un instant puis répondit à Gabrielle : "Il y a trois choses que je voudrais que tu fasses, Gabrielle."
"D'accord. Quelles sont-elles?"
Taelias ouvrit les yeux autant qu'elle put. D'un murmure, elle dit : "Me pardonner? Je suis tellement désolée pour la façon dont il ... j'ai agi. Je comprendrais si tu ne..."
 "Je te pardonne, Taelias." Déclara Gabrielle d'une voix contrôlée. Elle voyait la lumière du visage de Taelias s'éteindre et ne voulait pas qu'elle meurt sans lui pardonner.

 "Merci. Je comprends pourquoi Xena t'aime. Tu es très gentille et compatissante. Garde ça en toi."
Des larmes coulaient maintenant sur le visage de Gabrielle, ne pouvant plus les retenir.
 "Tu es aussi gentille et compatissante, Taelias."
 "Non. Même avant le sort, j'étais impitoyable et insensible. Je me fichais de tout et de tous."
"As-tu tué des femmes et des enfants ou ceux qui ne pouvaient pas se défendre?"

"Non"
 "Alors tu ne t'en fichais pas." Déclara Gabrielle avec force. Elle vit Taelias refermer les yeux. "Quelle est la deuxième chose, Taelias?"
"Quand Xena reviendra et si elle l'a, ne la laisse pas me le mettre. Je ne peux pas le laisser tuer encore, Gabrielle. Ca doit s'arrêter. Promets-moi. S'il te plait."
Gabrielle se détourna de Taelias pour réfléchir. Taelias ouvrit les yeux. "S'il te plaît, Gabrielle. Promets-moi que tu ne laisseras pas Xena me remettre ce médaillon."
Gabrielle la regarda de nouveau et vit la tension sur son visage.  "Je promets."
Taelias ferma les yeux incapable de les garder ouverts plus longtemps.  "La troisième?"
"Oui."
"Dis à Xena ... que si c'était à refaire... quand nous nous sommes séparées ... j'aurais aimé tout changer. Dis-lui ... que je suis désolée. Et que je l'aime. Dis-lui ... dis-lui ... qu'elle est toujours ma meilleure amie et ma sœur. "
Gabrielle s'était penchée plus près pour entendre la dernière requête de Taelias.
"Je lui dirai."
 "Merci Gabrielle. "
"Taelias? Taelias." Gabrielle posa ses doigts sur son cou pour sentir son pouls. Il était faible, très faible. "Taelias. S'il te plaît, ne meurs pas. Oh, Xena où es-tu? Elle a besoin de toi."
"Je suis là, Gabrielle."
La jeune femme leva les yeux et vit deux silhouettes se matérialiser devant elle.

 CONCLUSION

En deux enjambées, Xena se trouva à côté du lit et s'y assit. Elle regarda son amie inerte et prit son pouls. Il était très faible.
 "Xena, elle est en train de mourir."
 "Je sais, Gabrielle."
"Xena. Mets-toi derrière elle et pose-les sur elle." déclara Hecate.
 Xena souleva Taelias, sa tête retomba sur son épaule. Elle prit deux médaillons de son sac attaché à sa taille et les attacha autour du cou de Taelias.
"Xena non !" Dit Gabrielle  en l'arrêtant dans son mouvement.  "Elle m'a fait promettre que tu ne le lui remettrai pas."
"Gabrielle, je comprends que tu veuilles tenir ta promesse, mais je dois le faire." Elle reprit son geste mais Gabrielle posa durement sa main sur son bras.
 "Fais-moi confiance."
 Gabrielle fixa Xena, puis Taelias.
 "Je suis désolée de briser ma promesse Taelias, mais je fais confiance à Xena." Elle se retourna vers sa compagne et la laissa faire. Xena sourit en disant: "Merci."
 Elle mit enfin les deux médaillons autour du cou de Taelias.
"Deux médaillons?" Demanda Gabrielle apparemment étonnée.
 "Je te le promets. Je t'expliquerai tout plus tard." Gabrielle hocha la tête.
 "Et son armée?" s'inquiéta Gabrielle.
"Ce n'est pas un problème." Répondit Hecate en  s'approchant du lit. Elle se mit à genoux et posa une main sur les médaillons et l'autre sur le front de Taelias.

Gabrielle se leva rapidement pour se rendre devant la tente. Elle l'ouvrit, s'attendant à voir des gardes. Elle ne vit rien. Aucun garde. Aucune armée. Pas de tentes, de feux de camp, ni de chevaux. Pas même Gareth. Tout avait disparu.  "Ce n'est pas un problème." Elle se retourna en entendant un gémissement et revint près du lit pour s'y rasseoir.
Taelias gémissait légèrement en commençant à se contracter. Gabrielle regarda Hécate qui avait toujours sa main sur les médaillons et une main sur le front de Taelias, les yeux fermés.

 "Xena,tiens-la et parle-lui." dit doucement Hecate.
Xena entoura Taelias de ses bras qui gémissait de plus en plus fort alors que les contractions  se transformaient maintenant en convulsions.
Xena chuchotait à son oreille. "Je suis là Taelias. Tout va bien se passer. Je suis là. Je ne te laisserai pas partir."

"Enlève-le ! Enlève-le moi." S'exclama Taelias. Ses convulsions augmentaient et Xena dut la maintenir plus fort.
"Gabrielle, tu as promis."
Gabrielle regarda Xena ne sachant que dire ni que faire.  "Je sais que j'ai promis. Mais tu dois faire confiance à Xena."
"XENA! ENLEVE-LE! S'IL TE PLAÎT!" hurla Taelias.
 "Non. Taelias s'il te plaît. Fais-moi confiance." dit Xena doucement à son oreille. Tout à coup, les convulsions s'arrêtèrent et Taelias se tut de nouveau.
"Xena" Xena secoua la tête et regarda Hécate, qui n'avait pas bougé, concentrée.

Après quelques instants, Hecate dit sans bouger ni ouvrir les yeux : "Gabrielle, prends ses jambes et tiens-les bien."
 "Quoi?"
"Fais-le. Vite." Gabrielle alla au bout du lit et appuya sur les chevilles de Taelias.
"Xena, tiens-la bien." Xena serra Taelias plus fort. Elles attendirent.
Taelias bondit si vite que Xena faillit la lâcher. Taelias se mit aussitôt à se débattre contre l'emprise de Xena. Elle repoussait les bras qui la tenaient. "LAISSE-MOI PARTIR !" hurla-t-elle.
 "Non, je ne te laisserai pas, Taelias."
Elle se débattait à la fois contre Xena et Gabrielle et les deux femmes usaient de toutes leurs forces pour la maintenir. "LAISSE-MOI PARTIR XENA !"
"NON !".

La bataille dura un moment alors que les trois femmes se débattaient les unes contre les autres. Taelias se débattait contre les deux femmes qui la tenaient. Xena et Gabrielle luttaient pour l'empêcher de bouger. Quand Gabrielle et Xena se mirent à faiblir, elle cessa soudainement de se débattre et retomba lentement contre Xena. Durant tout ce temps, Hécate n'avait pas bougé, concentrée. Quand elle vit que Taelias venait de s'évanouir, elle ouvrit les yeux, retira ses mains et se leva lentement.

"Vous pouvez la lâcher maintenant."
Gabrielle lâcha les chevilles et se redressa.  Xena se souleva pour se dépêtrer de Taelias. Elle la rallongea lentement sur le lit.
Gabrielle regarda où les médaillons auraient dû se trouver."Qu'est-il arrivé aux médaillons?"
 "Ils sont en elle. Les deux parties luttent pour avoir le contrôle." répondit Hecate.
 "Que fait-on maintenant?" demanda Gabrielle.
 "On attend." répondit Xena. Elle s'approcha de Gabrielle qui leva les yeux pour les plonger dans les siens.
 "Comment t'es-tu libérée?"
 "Elle m'a détachée. Xena, tu peux me dire ce qui se passe?"

Xena guida Gabrielle sur le banc et la fit asseoir. Elle prit place à côté d'elle et la serra dans ses bras. Gabrielle posa sa tête sur son épaule. Xena vit Hecate s'installer sur le lit avec une bassine d'eau. Elle humidifiait un chiffon qu'elle appliqua sur le visage de Taelias pour retirer la sueur.

 "Hécate est apparue et m'a dit que Taelias allait mourir. Elle m'a transportée dans une grotte où elle avait caché Draconus. Elle lui a jeté un sort pour qu'il dorme et j'ai pu récupérer le médaillon. Hécate m'a alors donné un deuxième médaillon et m'a expliqué qu'il fallait que je mette les deux sur Taelias. Le médaillon que portait Draconus avait jeté un sort sur elle. "

 "Je sais. Taelias m'a expliqué que le sort lui avait scindé l'âme en deux et que son côté sombre prenait le dessus."
"Et elle t'a expliqué que si l'un meurt ..."
"L'autre meurt aussi. Oui. Mais comment as-tu pu retirer le médaillon de Draconus. Tu m'as dit que ton ami Valin avait essayé de l'enlever et qu'il avait reçu un choc. Alors, comment as-tu fait?"
"Le bracelet que tu m'as donné m'a protégée."
 "Le bracelet? Comment?"

 "C'est moi, Gabrielle." Hécate écoutait la conversation quand elle intervint.  "Je savais que Xena n'accepterait pas le bracelet s'il venait de moi. Je me suis donc transformée et t'ai donné le bracelet, sachant que tu allais le lui offrir."
"Tu veux dire que tu es la jeune femme qui m'a donné le bracelet?"
Hécate se retourna et sourit à Gabrielle. "La seule et unique. Je savais ce qui arrivait à Taelias mais j'avais besoin de l'aide de Xena."

"Donc, le bracelet t'a protégée assez longtemps pour récupérer le médaillon?
"Hmmm. Une fois récupéré, Hecate m'a donné le second médaillon. Elle a ensuite transporté Draconus chez lui puis m' a amenée ici."
 "Comment a-t-elle eu le premier médaillon? Et qui lui a jeté un sort?"
 "Selon Hécate, une de ses amies lui a donné ce médaillon il y a longtemps. Une sorcière chamane appelée Adriana qui a rejoint son armée il y a peu. Adriana est tombée amoureuse de Taelias mais elle ne lui a jamais rendu son affection. A un moment donné, elle et ... Ares sont devenus amants. "
"Ares? Oh Dieux. Ne me dis pas qu'il est impliqué là-dedans." protesta Gabrielle.

"D'une certaine façon, oui. Il observait Taelias depuis longtemps, depuis qu'elle m'avait quittée. Une fois qu'elle a crée son armée, il s'est dit qu'elle avait du potentiel. Alors, il s'est présenté à elle et l'a entraînée. Quand j'ai renoncé à lui, il s'est concentré sur elle. Il a cru pouvoir l'aider à me vaincre, espérant que ça me ferait revenir. Alors, il s'est servi du sexe pour l'avoir. Adriana n'a pas aimé qu'Ares et Taelias soient amants. Un jour, elle a fait quelque chose qui a énervé Taelias et elle l'a viré de son armée. Adriana a juré de se venger et Ares et a jeté un sort sur le médaillon. Le sort était pour les deux. Non seulement il a divisé l'âme de Taelias mais il a aussi commencé à enlever à Ares de sa divinité. En d'autres termes, Ares se meurt aussi."
"Xena, ça n'a pas de sens. Je veux dire, même si Ares perd sa Divinité, il devient juste mortel. Alors, comment pourrait-il être en train de mourir aussi?"
Hecate répondit à la question. "Non seulement le médaillon a endigué le pouvoir d'Ares mais à présent mortel il perd également ses forces. Par conséquent, il se meurt."

Gabrielle laissa cette information faire son chemin avant de poser la question suivante. "Alors, comment peut-on aider Taelias?"
Hécate se leva du lit et s'assit sur le banc où se trouvaient Xena et Gabrielle.
 "C'est à elle, Gabrielle. Si son bon côté est capable de reprendre le contrôle alors les deux médaillons réapparaîtront. Sinon..." Hecate s'arrêta, ne voulant pas poursuivre, et se tourna vers la silhouette étendue sur le lit.
Xena avait son expression stoïque. "Nous ne laisserons rien lui arriver Xena. Elle voulait que je te dise quelque chose."
Xena se tourna vers elle. "Quoi?"

Gabrielle prit son visage entre ses mains. "Elle voulait que tu saches que si elle avait pu, quand vous vous êtes séparées, elle aurait tout changer. Elle voulait que tu saches qu'elle est désolée. Qu'elle t'aime. Et qu'elle te voit toujours comme sa meilleure amie et sa sœur. "
Des larmes apparurent dans les yeux de Xena et menaçaient de couler. Gabrielle posa la tête de son amie sur son épaule pour qu'elle puisse pleurer tranquillement.  "Elle t'aime toujours Xena et tu es toujours sa meilleure amie."

Une heure plus tard, Gabrielle et Xena se couchèrent sur des couvertures et s'endormirent. Hécate était allongée sur un banc, tout à fait éveillée mais épuisée. Un cri perçant s'échappa de Taelias. Xena, Gabrielle et Hécate se levèrent aussitôt. Taelias était assise, les yeux fermés.

 Xena s'assit derrière elle et la prit contre elle. Gabrielle et Hécate étaient assises sur les bords opposés du lit. Taelias eut de  nouveau des convulsions tout en criant. Une illumination noire apparut sur sa poitrine et le médaillon tomba dans la main d'Hécate. Lorsque le médaillon apparut, Taelias retomba dans les bras de Xena, gémissante, la respiration laborieuse.

Xena caressait lentement ses bras. "Taelias. Je suis là. Tu peux le faire. Lutte. S'il te plaît. Bats-toi." Dit elle désespérément. Les trois femmes se regardèrent et attendirent. Après quelques instants, Taelias laissa jaillir un autre cri et sauta en avant dans une nouvelle convulsion. Une lumière apparut et le second médaillon tomba dans la main d'Hécate.

"Xena. Avec tes poings, appuie sur son ventre quatre fois. Gabrielle, trouve un seau ou quelque chose ou elle pourra vomir" Ordonna Hecate.
Gabrielle sauta du lit à la recherche d'un seau. Elle en trouva un et revint vers le lit. Xena ferma sa main sur l'autre pour former un poing. Elle appuya sur le ventre de Taelias une fois. Taelias expulsa de la poussière noire.  Elle appuya une deuxième fois et la poussière noire sortit encore de sa bouche. Une troisième fois et la fin de la poussière fut expulsée de son système. Avant que Xena n'appuyât une dernière fois, Hecate demanda à Gabrielle de se tenir prête. Taelias cracha dans le seau un liquide noir.

Après un moment, Taelias expulsa enfin le sort et retomba dans les bras de Xena. Hécate avait les médaillons dans la main. Quand Taelias eut fini, les médaillons se désintégrèrent et disparurent. Hécate avait trouvé un chiffon humide et essuya le front et le visage de Taelias. Elle tendit ensuite le linge à Gabrielle et lui demanda de continuer. Hécate se leva, prête à partir.
Xena la regarda. "C'est fini?"
"Oui, Xena. Le sort a été brisé. Elle va bien. Elle sera fatiguée et vas avoir envie de dormir, mais quand elle aura retrouvé ses forces, elle ira bien."
 "Je te remercie, Hécate."
"Non, Xena. C'est moi qui te remercie." Elle était sur le point de disparaitre lorsque Gabrielle l'appela.

"Attends, Hécate. Et pour Ares?"
 "Eh bien. Je suis touchée par ton inquiétude, barde." déclara Ares en apparaissant dans la tente à côté d'Hecate.
 "On dirait que tu as récupéré ta Divinité." dit Gabrielle. Elle reporta son attention sur Taelias comme elle remouillait le chiffon et continuait d'essuyer son visage.
 "Ouais. Xena?"
Sans lever les yeux, elle dit: "Quoi Ares?"
 "Merci." et il disparut.
Hecate regarda encore Taelias.  Xena leva les yeux vers elle et lui fit un petit sourire qu'Hecate lui retourna. Puis elle disparut.
 Taelias ouvrit lentement les yeux et regarda Gabrielle.
 "Gabrielle?"
"Coucou. Xena est là aussi."
"Salut, soeurette."
 "Qu'est-il arrivé?" demanda faiblement Taelias.
 "Je te raconterai tout plus tard. Dors. Tu as besoin de reprendre des forces."
 Taelias referma les yeux, mais avant de s'endormir, elle demanda "Vous allez rester?"
 "Je ne vais nulle part, Taelias. Gabrielle et moi restons ici."
 "Bien" répondit Taelias avant de tomber dans un profond sommeil.
 Xena et Gabrielle se regardèrent en souriant.  "On dirait que tu as retrouvé ta meilleure amie."
 "Nos meilleures amies sont revenues."

FIN


 
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